CAUSE KT EFFET
sa Yéiitable détermination (1), au progrès infini des causes et des effets ($ précédent) est yenu se substi-
(0 Détermination qu'elle atteint dans la notion, « La récipro-* cité d'action, dit Hegel {Grande Encyclop., § clvi), est le rapport de causalité posé dans son complet développement, et c^est à ce rapport qu'a recours la réflexion, lorsqu'on considérant les choses du point de vue de la causalité, elle n'est pas satisfaite avec le progrès inflni des causes et des effets. Ainsi, par exemple, dans ]a considération des causes historiques, on se demande d'abord si c'est dans le caractère et les mœurs d'un peuple qu'il faut voir la eause de ses institutions et de ses lois, ou bien si lëd pr^emiers ne sont qu'un effet de ces dernières; et puis on va plus loin, et Ton embrasse le caractère et les mœurs, d'une part, et les institutions et les lois, de l'autre , sous le point de vue de la réciprocité d'action; de telle façon que la cause, sous le même rapport sons lequel elle est cause , est aussi effet , et l'effet^ sous le même rapport sous lequel il est effet, est aussi cause. C'est là ce qui a lieu aussi dans la considération de la nature, et surtout de l'être vivant dont les fonctions et les organes sont liés entre eux par le rapport de causalité réciproque. La réciprocité d'action est ce qui fait la vérité (die ndchsU Wahrheit i la vérité la pins proche) de la cause et de l'effet, et elle touche à la limite de la notion. Mais c'est précisément à cause de cela qu'on n'est p^s satisfait de Tapplication de ce rapport, lorsqu'oa veut connaître la notion des choses. Si, en considérant un contenu donné, on s'arrête à le considérer sous le point de vue de la réciprocité d'action, on n'aura là, en réalité, qu'un rapport» où il n'y a pas de notion (begrifflos). On n'aura devant soi qu'un fait incomplet, et la médiation demeurera toujours insuffisante. Et, en y regardant de plus près, on verra que l'insuffisance qu'on rencontre dans la réciprocité d'action consiste en ce qu'au lieu d'être Téquivalent de la notion, ce rapport doit être lui-même entendu et compris suivant la notion (be^ griffen), ce qui s'accomplit en ne laissant pas aux deux côtés du rapport leur forme immédiate ; mais» ainsi qu'on l'a démontré
180 LA SCIENCE DE l'eSSENCE.
tuer le véritable progrès^ parce que ce développement de causes et d'effets a^ pour ainsi dire^ dévié de la ligne droite, et tourne maintenant autour de luimême. Ce qui amène cette déviation du développement infini des causes et des effets, et leur retour sur eux-mêmes, c'est ici, comme ailleurs, cette réflexion simple, que dans cette série infinie de termes, il n*y a qu'un seul et même terme; c'est-à-dire, qu'il se produit une cause, puis une autre cause, et enfin leur rapport. Le développement de ce rapport, c'està-dire, la réciprocité (traction, est le retour alterné des différences. Ce qui constitue ces différences, ce ne sont pas des causes différentes, mais des moments dont chacun, pris séparément, est identique en ce sens, que la cause n'est cause que dans l'effet, et l'effet n'est effet que dans la cause. Cette indivisitûlité de la cause et de l'effet fait, qu'en posant l'un des deux moments on pose en même temps l'autre.
dans les paragraphes précédents, en les reconnaissant comme moments d*un troisième terme, d*mi terme plus élevé, lequel terme est la notion. Considérons-nous, par exemple, les mœurs du peuple spartiate comme l'effet de sa législation, et réciproquement celle-ci comme Teffel des premières, nous pourrons avoir par là une vue exacte de la vie de ce peuple, mais ce sera en même temps une vue qui ne satisfera pas complètement Tesprit, parce qu'en effet nous ne saisissons par elle ni la notion de la législation, ni celle des mœurs du peuple spartiate, ce qui ne s'accomplit qu'autant qu'on reconnaît que ces deux côtés du rapport, ainsi que tous les autres éléments qui constituent la vie et l'histoire du peuple spartiate , sont fondés sur cette no^ tion. »
RÉCIPROCITÉ d'action. 181
c) LA Réciprocité d'action.
s CLV.
Les déterminations qui, dans ce rapport, sont considérées comme différentes, sont, au fond, les mêmes en soi. L'un des deux termes est cause, existence première , active , passive , etc. , aussi bien que l'autre. Tous les deux se présupposent et agissent l'un sur l'autre, tous les deux se précèdent et sont le résultat de leur action réciproque, et la cause qu'on considère comme la première est, par suite de son état immédiat, passive; elle est posée, elle est un effet. Il n*y a donc pas réellement deux causes différentes, mais il n'y a qu'une seule et même cause qui se nie comme substance dans son effet, et qui ne devient cause réelle et indépendante qu'en produisant l'effet.
S a.vi.
Mais cette unité des deux termes n'existe pas seulement en soi, elle existe aussi pour soi^ parce que ce mouvement alterné des termes n'est que l'acte propre de la cause (1), acte qui fait son être. Cette suppres sion de la différence n'est pas une suppression virtuelle, ou le fait de notre réflexion (2), mais la réci-
(1) Dos eigene Setzen. Littéralement « le poser propre. »
(2) Nur an skh, oder unsere Refleanon. Comme dans le paragraphe précéd., où l'identité des deux termes est posée en soi, ou pour nous, ou comme réflexion qui les compare et les unit, mais qui n'est pas leur unité propre et objective.
Î8â LA. SCIENCE DE l'eSSENCE.
procité cVaction consiste précisément à supprimer la détermination que l'on pose, à la transformer en la détermination opposée, et annuler par là l'existence immédiate et distincte des deux moments. Dans Tétat primitif de la cause se trouve posé un effet, c est-àdire, cet état est supprimé ; l'action d'une cause se change en réaction, etc.