AVERTISSEMENT DU TRADUCTEUR
Peu d’ouvrages sont d’une brièveté aussi substantielle que la Logique de Kant. L’Introduction est ;> elle seule une œuvre de premier ordre. Le corps du traité, sans avoir la même originalité et une portée aussi féconde que l’Introduction, est un résumé complet, généralement fort 'clair, et toujours profond de la logiquescolastique, ou plutôt de la Logique absolument. L’appendice, oii les trois dernières ligures du syllogisme catégorique sont ramenées à la première, comme à la ligure essentielle, unique mémo, puisque les autres n’en sont que des for- * mes moins naturelles, et comme une transformation plus ou moins malheureuse, est un des meilleurs morceaux
qu’on eut écrit depuis Aristote sur la théorie du raisonnement catégorique, et quila complète de la manière la plus heureuse. Si cette théorie est ici présentée avec cette extrême concision qui rappelle les formules des sciences exactes, si elle exige une certaiue contention d’esprit pour être bien saisie, elle devient par là même un sujet
VJ avertissement du traducteur.
d’exercice intellectuel fort utile. Chaque formule est comme un thème que des maîtres habiles peuvent donner «expliquer, à développer, à résurnier, à formuler en d’autres termes àceux de leurs élèvesqui montrent le plus de vigueur, de pénétration, ’et de sévérité scientifique dans l’esprit.
Tout l’ouvrage enfin est comme un texte de méditation eide discussion infiniment propre à fortifier et à féconder
une jeune et généreuse intelligence. Peu d’ouvrages présentent au même degré cette utilité.
Le pubüc français en a sans doute jugé de la sorte, puisque lapremière édition est depuis longtemps épuisée. J’aurais donné plus tôt la seconde si je n’avais eu le projet d’y joindre in extenso tous les fragments où l’auteur traite delà science en général et de la philosophie en particulier, de la méthode et de la certitude. Ces fragments ont plus ou moins trait à la Logique, et j’en avais donné plusieurs, les uns en totalité, les autres sous forme d’analyse dans la première édition. Si je ne reproduis ici que celui qui a le caractère logique le plus marqué, c’est que je me propose de publier très-prochainement tous les autres à part: ils formeront une sorte de complément à la Logique du môme auteur. Le volume eût été grossi démesurément par une addition aussi considérable. Par cette raison, et parce que les fragments dont il s’agit s’adressent plutôt à des maîtres qu’à des élèves, le volume eût perdu dé son caractère essentiellement classique,
AVERTISSEMENT DU TRADUCTEUR. vu *
tout en gagnant d’intérêt à d’autres égards. Je crois donc satisfaire à toutes les exigences en donnant a part et la Logique, et les Fragments qui s’y rapportent moins directement que celui 'que nous reproduisons aujourd’hui.
Dijon, le 25 octobre 18fil.