PAR LA DIVISION LOGIQUE DES NOTIONS
§ 110. Notions de la Division logique. — Toute notion contient sous elle une diversité homogène ou
hétérogène. — La détermination d’une notion pair-apport à tout le possible qui est contenu sous elle, en tant que ce. possible est divers, s’appelle division logique de la notion. — La notion supérieure s’appelle notion divisée (divisum), et les notions inférieures, les membres de la division ( membra divisionis ).
Observations. 1 ° Partager une notion et la diviser , sont donc deux choses bien différentes. Je vois dans la partition (au moyen de l’analyse) de la notion ce qui est contenu en elle ; dans la division je considère tout ce qui est contenu sous elle (1). Ici je partage la sphère delà notion, et non la notion elle-même. Il s’en faut donc beaucoup que la division d’une notion en soit la partition ; de plus, les membres de la division contiennent plus en eux que la notion divisée.
2“ Nous allons des notions inférieures aux notions supérieures, et nous pouvons ensuite redescendre de celles-ci aux inférieures, au moyen de la division.
§111. Règle générale de la division logique.
— Dans toute division d’une notion il faut faire en sorte,
1” Que les membres de la division s’excluent ou soient opposés entre eux ;
(I) Dans la partition d’une idée, on en énumère les idées élémentaires, on en fait connaître la compréhension; dans la division on enumere au contraire les especes (logiques ou réelles) conlenues dans l’idee comme genre. La première opération se rapproche plus de la définition et du jugement analytique que la seconde. (Noie du irad .)
i\i MÉTHODOLOGIE
2° Que, de plus, ils appartiennent à une notion supérieure commune,
3° lût qu’enfm tous ensemble forment la sphère de la notion divisée, ou lui soient équivalents.
Observation. Les membres de la division doivent se distinguer les uns des autres par l’opposition contradictoire, non par une simple opposition ( contrarium).
§ 112. Codassions et Subdivisions . — Différentes divisions d’une notion, faites de points de vue divers, s’appellent codivisions ou divisions collatérales ; et la division des membres de la division s’appelle subdivision.
Observations. 1° La subdivision peut être continuée indéfiniment ; mais elle peut être finie comparativement. La codivision s’étend aussi à l’indéfini, particulièrement dans les notions d’expérience : car, qui peut épuiser toutes les relations des notions ?
2° On peut aussi appeler la codivision , une division d’après la différence des notions d’un même objet (des points de vue), de la môme manière que la subdivision peut s’appeler une division des points de vue mêmes.
§ 113. Dichotomie et Poljrtomie. — Une division à deux membres s’appelle dichotomie; si elle a plus de deux membres, polytomie .
Observations. 1° Toute polytomie est empirique ; la dichotomie est la seule division par principes a
GËNLHALE.
priori, — par conséquent la seule division primitive : car les membres de la division doivent être opposés outre eux; cependant la contre-partie de tout A n’est autre chose que non-A.
2“ La polytomie ne peut être enseignée en logique : elle dépend de la connaissance de l'objet. Mais la dichotomie n’a besoin que du principe de contradiction, sans qu’il soit nécessaire de connaître, quant à la matière, la notion que l’on veut diviser. — La polytomie a besoin de l 'intuition, soit de l’intuition a priori, comme en mathématiques (par exemple dans la division des sections coniques), soit de l’intuition empirique, comme dans la description de la nature. — Cependant la division par le principe de la synthèse a priori ou la trichotomie renferme :
1° Lu notion comme condition,
2° Le conditionné,
3° La dérivation du conditionné par rapport à la condition.
§ H 4. Différentes Divisions de la Méthode.
— • Pour ce qui est de la méthode elle-même dans le travail et le traité de la connaissance scientifique, on en distingue de plusieurs sortes principales que nous pouvons donner ici d'après la division suivante.
§115. a) Méthode scientifique et Méthode populaire. — La méthode scientifique ou scolastique se distingue de la mélliotle populaire, en ce qu’elle
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MÉTHODOLOGIE
part de propositions fondamentales élémentaires; tandis que la méthode populaire part de l’habituel et de l’intéressant. La première tend à la fondamentalité, et écarte par conséquent tout élément hétérogène; la seconde a pour objet la conversation.
Observations. Ces deux méthodes se distinguent donc quant à la manière, et non quant au style seulement ; la popularité dans la méthode est donc autre chose que la popularité dans l’expression.
§ 116. b) Méthode systématique et Méthode fragmentaire. — La méthode systématique est opposée à la méthode fragmentaire ou rhapsodique. Lorsqu’on a pensé suivant une méthode, qu’on a suivi cette méthode dans l’exposition des matières, et que le passage d’une proposition à une autre est clairement indiqué; alors on a traité une connaissance scientifiquement. Si au contraire, ayant pensé méthodiquement, on n’a pas suivi de méthode dans l’exposition de la pensée, cette manière peut s’appeler rhapsodique.
Observation. L’exposition systématique est opposée à l’exposition fragmentaire, comme l’exposition méthodique à la tumultuaire. Celui qui pense méthodiquement peut exposer sa pensée systématiquement ou fragmentairement. — L’exposition extérieurement fragmentaire, mais méthodique au fond, est une ex- y position aphoristique.