CHAPITRE III
§ 41 . Du raisonnement en général. — On entend par l’acte de raisonner cette fonction de la pensée . par laquelle un jugement est dérivé d’un autre. — Un raisonnement en général est la dérivation d’un jugement d’un autre jugement.
§ 42. Raisonnements immédiats et Raisonnements médiats. — Tous les raisonnements sont ou immédiats ou médiats.
Un raisonnement immédiat ( consequentia immediata ) est la dérivation ( deduclio ) d’un jugement d’un autre jugement sans le secours d’un troisième (judicium intermedium). Le raisonnement médiat a lieu lorsqu’on se sert d’une autre notion encore, outre celle que contient en soi un jugement, pour en dériver une connaissance.
§ 43. Raisonnement de V entendement, Raisonnement de la raison, et Raisonnement du jugement. — Les raisonnements immédiats s’appellent
(1) Voy. Criliq. de la raison pure. 2* édit, cil franc. T. II, p. 11-18.
(A'ole du (rad.J
aussi raisonnements intellectuels [ou de l’entendement] ; tous les raisonnements médiats sont, au contraire, ou des raisonnements rationnels [ou de la raison], ou des raisonnements du jugement. — Nous parlerons d’abord des raisonnements immédiats ou intellectuels.
Sect. I. — Des raisonnements de l'entendement.
§ 44. Nature propre des Raisonnements intellectuels. — Le caractère essentiel de tous les raisonnements immédiats, le principe de leur possibilité, ne consiste que dans le changement de la simple forme des jugements ; tandis que la matière des jugements, le sujet et le prédicat, reste invariablement la même.
Observations. 1° De ce que dans les raisonnements immédiats la forme seule, et non la matière du jugement, est changée, ces raisonnements diffèrent essentiellement de tous les raisonnements médiats, dans lesquels les jugements se distinguent aussi quant à la matière , puisqu’ici doit intervenir une nouvelle notion comme jugement intermédiaire, ou comme notion moyenne (terminus médius) à l’aide de laquelle on déduit un jugement d’un autre. Si, par exemple, je dis : Tous les hommes sont mortels, Caïus est donc mortel, ce n’est pas là un raisonnement immédiat : car ici j’emploie tacitement, pour obtenir la conclusion, ce ju-
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gement moyen : Caïus est un homme, et la matière du jugement est changée par cette nouvelle notion.
2“ Dans les raisonnements immédiats, il faut aussi faire, à la vérité, un jugement intermédiaire ; mais alors ce jugement est purement tautologique, comme par exemple dans ce raisonnement immédiat : Tous les hommes sont mortels, quelques hommes sont hommes ; donc quelques hommes sont mortels. La notion moyenne est une proposition tautologique.
§ 45. Modes des Raisonnements intellectuels. * — Les raisonnements d’entendement [que nous appellerons désormais raisonnements immédiats], se rangent sous toutes les classes des fonctions logiques du jugement, et sont par conséquent déterminés dans leurs modes principaux par les moments de la quantité, de la qualité, de la relation et de la modalité. De là la division suivante de ces raisonnements.
§ 46. I. Raisonnements immédiats par rapport à la quantité des jugements (per judicia suhalternata). — • Dans les raisonnements immédiats per ■ judicia subalternata, les deux jugements diffèrent . quant à la quantité, et le jugement particulier est alors* dérivé du jugement général en vertu du principe : La conclusion du général au particulier est valable (Ab univers ali ad partie ulare valet consequentia).
Observation. Un jugement est dit subalternatum lorsqu’il est compris sous un autre, comme, par
exemple, le jugement particulier sous le jugement
général.
§47. II. Raisonnements immédiats par rapport à la qualité des jugements (per judicia opposita). — Dans les raisonnements immédiats de celte espèce, le changement concerne la qualité des jugements, mais par rapport à Y opposition . — Or, comme cette opposition peut être de trois sortes, il en résulte la division particulière suivante du raisonnement immédiat: 1° par jugements opposés contradictoires ; 2° par jugements contraires, et 3° par jugements subcontraires.
Observation. Les raisonnements immédiats obtenus par jugements équivalents {per judicia œquipollentia ) ne sont pas à proprement parler des raisonnements, car il n’y a lieu à aucune conséquence : ce n’est qu’une pure substitution de mots qui indiquent une seule et même notion ; les jugements restent les mêmes quant à la forme. Exemple : Tous les hommes ne sont pas vertueux, et — Quelques hommes ne sont pas vertueux. — Ces deux jugements disent absolument la même chose.
§ 48. A. Raisonnements immédiats (per judicia contradictorie opposita). — Dans les raisonnements immédiats par jugements opposés contradictoirement, et qui, comme tels, forment la véritable opposition, l’opposition pure et simple, la vérité de l’un
des jugements contradictoires se déduit de la fausseté de l’autre, et réciproquement : — car la véritable opposition, celle qui ne contient ni plus ni moins que ce qui est nécessaire pour l’opposition, a lieu dans ce cas. En vertu du principe de V exclusion d'un tiers, deux jugements contradictoires ne peuvent pas tous deux être vrais en môme temps, mais ils ne peuvent pas non plus être faux tous deux en meme temps. Si donc l’un est vrai, l’aidre est faux, et réciproquement.
S 40. B. Raisonnements immédiats, (per judicia contrarie opposita). — Les jugements contraires ou qui répugnent, sont tels que l’un atlirme universellement et que l’autre nie universellement aussi le môme du môme. Or, comme chacun d’eux dit plus que ce qui est nécessaire pour détruire l’assertion de l'autre, et comine la fausseté peut se rencontrer dans cet excédant, tous deux à la vérité ne peuvent pas être vrais, mais ils peuvent être faux tous deux. — On peut donc, par rapport à cette espèce de jugements, conclure seulement de la vérité de l’un à la fausseté de l'autre, mais pas réciproquement.
§ 50. C. Raisonnements immédiats (per judicia subcontrarie opposita). — Les jugements snbeontraires sont tels que l’un allirme ou nie particulièrement ce qu’un autre nie ou affirme au môme titre.
Comme tousdeux peuvent être vrais en même temps,
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mais qu’ils ne peuvent pas en même temps être faux tous deux, on peut conclure de la fausseté de l’un à la vérité de l’autre, mais pas réciproquement.
Observation. Dans les jugements subcontraires, il n’y a pas lieu à une opposition stricte : car on n’af- , firme pas ou l’on ne nie pas dans l’un touchant les memes objets, ce qui est nié ou allirmé dans l'autre.
Dans cé raisonnement, par cxèmple : Quelques hommes sont savants, donc quelques hommes ne sont pas savants, l’affirmation du premier jugement ne tombe pas sur les mêmes hommes que la négation du second.
§ 51 . III. Raisonnements immédiats quant à la relation des jugements (per judicia conversa, seu per conversionem). — Les raisonnements immédiats par conversion , se rapportent à la relation du jugement, et consistent dans la transposition du sujet et du prédicat dans les deux jugements, en telle sorte que le sujet d’un jugement devienne le prédicat de l’autre jugement, et réciproquement.
§ 52. Conversion simple et conversion par accident. — Dans la conversion, la quantité des jugements change ou ne change pas. — Dans le premier cas, la proposition convertie ( conversum ) est différente de la proposition convertissante ( convertente ) quant à la quantité, et la conversion s’appelle conversion par accident ( conversio per accidens ) ; —
dans le deuxième cas, la conversion s’appelle [simple ou] pure (conversio simpliciter talis ).
§ 53. Règles générales de la conversion. — Les règles des raisonnements immédiats par conversion sont les suivantes:
\° Les jugements universels affirmatifs ne sont convertibles que par accident : — car le prédicat, dans ces jugements, est plus étendu que le sujet, en sorte qu’une partie seulement de ce prédicat est contenue dans le sujet.
, 2° Tous les jugements universels négatifs se con 1 vertissent simplement : — car ici le sujet est tiré de la sphère du prédicat.
3° Toutes les propositions particulières affirmatives se convertissent simplement : — car dans ces jugements, une partie de la sphère du sujet est subsumée au prédicat, et par conséquent une partie de la sphère du prédicat peut se subsumer au sujet.
Observations. 1" Dans les jugements universels affirmatifs, le sujet est considéré comme un contentum dû prédicat, puisqu’il est compris dans sa sphère. Je puis donc conclure seulement de la manière suivante : Tous les hommes sont mortels; par conséquent quelques-uns des êtres compris dans la classe des mortels sont des hommes. — Mais si les jugements universels négatifs se convertissent simplement, c’est parce que deux notions universellement
contradictoires entre elles se contredisent dans une
égale extension.
2° Si plusieurs jugements affirmatifs universels sont aussi convertibles simpliciler, la raison n’en est pas dans leur forme, elle est dans la propriété particulière de leur matière , comme, par exemple, les deux jugements suivants : Tout ce qui est immuable est nécessaire, et Tout ce qui est nécessaire est immuable.
§ 54. IV. Raisonnements immédiats par rapport à la modalité des jugements (per judicia contraposita). — Le raisonnement immédiat par contraposition consiste dans cette transposition des jugements, dans laquelle la seule quantité reste la même, tandis que la qualité change. — Ce mode de conclusion ne regarde que la modalité des jugements, puisqu’un jugement asserloriqùe s’y convertit en un jugement apodictique.
§ 55. Règles générales de la contraposition. — Sous le rapport de la contraposition, tous les jugements universels affirmatifs se contraposent simplement : car si le prédicat comme contenu dans le sujet, par conséquent toute sa sphère, est nié, une partie aussi de cette sphère, c’est-à-dire le sujet, doit être également niée (1).
(1) Par exemple : Tous les hommes sont mortels; donc nul être immortel n'est homme. I.a proposition particulière négative se contra-
Observations. 1” La métathèse des jugements par conversion et celle par contraposition sont donc opposées entre elles en ce sens que la première change seulement la quantité, et la seconde seulement la qualité.
2° Les raisonnements immédiats ne se rapportent qu’aux jugements catégoriques.
Sect. H. — Des raisonnements de la raison.
§ 56. Du Raisonnement rationnelen général. — Un raisonnement de cette espèce est la connaissance de la nécessité d’une proposition [ conclusion ], par la subsomption de sa condition [mineure] à une règle générale donnée [majeure] .
§ 57. Principe général du Raisonnement rationnel. — Le principe général sur lequel repose la validité de toute conclusion peut s’exprimer par la formule suivante : Ce qui est soumis à la condition d’une règle , est soumis à cette règle elle-même (1).
Observation. Le raisonnement rationnel établit d’abord une règle générale et une subsomption à la condition de cette règle. — D’où l’on voit une la conclusion n’est pas contenue a priori dans le singulier,
pose ainsi: Quelques historiens ne sont pas véridiques, — donc quelques personnes non véridiques sont des historiens. (N. du irad .)
(1) Au moyen de cette condition. (N. du Irad.)
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nia { s jjîen dîins le général, et (]u elle est nécessaire sous une certaine condition. — Le fait que tout est soumisau général et peut se déterminer par une règle générale, Constitue le principe de la rationalité ou de la nécessité ( principium ration alitatis seu neces-
sitalis). r
g 58. Eléments essentiels du Raisonnement rationnel. — Tout raisonnement de la raison comprend essentiellement les trois parties suivantes :
V Une règle générale qu’on appelle majeure (propos itio major) ;
2” La proposition qui subsume une connaissance [le sujet de la conclusion ou le petit terme] à la condition [le moyen] de la règle générale, et qu’on appelle mineure (propositio minor ) ;
3° Et enfin la proposition qui affirme ou qui nie de la connaissance subsumée, le prédicat de la règle [l’attribut de la conclusion ou le grand terme], — et qui est la conclusion (condusio).
Les deux premières propositions, prises ensemble, forment les prémisses ou propositions premières.
Observation. Une règle est une assertion soumise à une condition générale. Le rapport de la condition à l’assertion, c’est-à-dire la manière dont celle-ci est soumise à celle-là, est V exposant de la règle.
La connaissance que la condition a lieu (de quelque manière que œ soit), est la subsomption.
Dt) RAISONNEMENT
Ce qui a été subsumé à la condition, joint à Tassertiou de la règle* est le raisonnement.
§ 59. Matière etjorme du Raisonnement rationnel. — Les prémisses constituent la matière du raisonnement; la conclusion, par la partie, contient la conséquence, en constitue la forme.
Observation. 1 ° Dans tout raisonnement rationnel il faut donc observer d’abord la vérité des prémisses, et ensuite la légitimité de la conséquence. — On ne doit jamais commencer, dans la réfutation d’un raisonnement de cette espèce, par rejeter la conclusion ; il faut toujours rejeter d’abord soit les prémisses, soit la conséquence, s’il y a lieu.
2° Dans tout raisonnement rationnel, la conclusion est donnée en même temps que les prémisses et la • conséquence.
§ 60. Division des Raisonnements rationnels (quant à la relation), en catégoriques , hypothétiques et disjonctifs. — Toutes les règles (jugements) contiennent l'unité objective de la conscience de la diversité de la connaissance ; elles renferment donc une condition sous laquelle une connaissance appartient, avec une autre, à une conscience unique. Or on conçoit trois conditions de cette unité : 1 0 comme sujet de l’inhérence des signes ; — 2° ou comme raison de la dépendance d’uneconnaissance par rapport à une autre connaissance ; 3° ou bien enfin comme union des par-
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fies en un (ont (division logique). Il ne peut donc y avoir non plus que trois sortes de règles générales ( propositions majores ) à l’aide desquelles la conséquence d’un jugement est dégagée au moyen d’un autre jugement.
De là la division de tous les raisonnements rationnels en raisonnements catégoriques , hypothétiques et disjonctijs.
Observations. 1° Les raisonnements rationnels ne peuvent être divisés ni quant à la quantité, car toute majeure est une règle, et par conséquent universelle; — ni quant à la qualité , car il est indifférent que la conclusion soit négative ou affirmative ; — ni quant à la modalité , car la conclusion est toujours accompagnée de la conscience de la nécessité, et par conséquent a toujours le caractère d’une proposition apodictique. — Reste donc la relation, comme le seul principe de division possible des raisonnements.
2" Un grand nombre de logiciens n’admettent que les raisonnements catégoriques comme raisonnements ordinaires, et regardent tous les autres comme extraordinaires ; ce qui est sans raison, et même faux : car tous trois sont des produits également légitimes de la raison, mais résultant de procédés rationnels essentiellement différents.
§ 61 . Différence propre entre les Raisonnements ralionn els catégoriques, les hypothétiques et les dis -
jonctijs. - La différence entre ces trois sortes de raisonnements réside dans la majeure. — Dans les rai- • sonnemenls catégoriques , la majeure est catégorique; elle est hypothétique ou problématique dans les raisonnements hypothétiques , et disjonctive dans les raisonnements disjonctifs.
I. § 62. Raisonnements catégoriques. — Il y a dans tout raisonnement catégorique trois notions principales ( termini ) :
1° Le prédicat (dans la conclusion), qu’on appelle grand terme (terminus major), parce qu’il a une sphère plus grande que le sujet, et qui est dans la majeure ;
2° Le sujet (dans la conclusion), qu’on appelle petit terme ( terminus minor ) dans la mineure;
3° Un signe moyen (nota intermedia ) , qu’on appelle moyen terme (terminus médius), parce qu’il sert à subsumer une connaissance à la condition de la règle.
Observation. Cette différence dans les termes n’a lieu que pour les raisonnements rationnels catégoriques, parce qu’ils sont les seuls qui concluent à l’aide d’un terme moyen ; les autres, au contraire, ne concluent que par la subsornption d'une proposition problématique dans la majeure, et assertorique dans la mineure.
§ 63. Principes des Raisonnements rationnels
DU UAISOMNEilENT.
catégoriques. — Le principe sur lequel reposent la possibilité et la validité de tout raisonnement rationnel catégorique est celui-ci : Ce qui convient au si~ gne [ caractère , idée élémentaire ] d’une chose , convient aussi à la chose même ; et ce qui répugne au signe d’une chose , répugne aussi à la chose même (Nota notœ est nota rei ipsius ; repugnans notre répugnât rei ipsi ).
Observation. Du principe ci-dessus établi découle clairement le principe : dictum de omni et nullo ; il peut par conséquent valoir comme principe suprême pour les raisonnements rationnels on général, et pour les raisonnements catégoriques en particulier.
Les notions de genre et d’espèce sont donc des signes généraux de toutes les choses qui sont sou-
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mises à ces notions. De là la règle : Ce qui convient ou répugne au genre ou à l'espèce , convient ou répugne aussi à tous les objets qui sont compris sous ce genre ou sous cette espèce. Cette règle est précisément le dictum de omni et nullo.
§ 64. Règles pour les raisonnements rationnels catégoriques . — De la nature et du principe des raisonnements rationnels catégoriques découlent les règles suivantes de ces sortes de raisonnements :
1° Dans tout raisonnement rationnel catégorique, il ne peut y avoir ni plus ni moins de trois termes
DU KAISONNEMENT.
principaux ( termini ) : car je dois lier ici deux notions (le sujet et le prédicat) à l’aide d’un signe moyen.
2° Les prémisses ne peuvent pas être toutes deux négatives' (e.r puris negatû'is nihil sequitur ) .■ car la subsomption dans la mineure doit être affirmative, comme indiquant qu’une connaissance est soumise à la condition de la règle.
. 3" Les prémisses ne peuvent pas être toutes deux particulières {ex puris particularibus nihil sequitur ) : car alors il n’y aurait pas de règle, c’est-à-dire de proposition universelle d’où l’on piit dériver une connaissance particulière.
4° La conclusion se règle toujours sur celle des prémisses qui est la plus faible ( conclusio sequitur partem debiliorem) ; c’est-à-dire sur la proposition négative et sur la proposition particulière des prémisses. — Donc :
5° Si l’une des prémisses est négative, la conclusion doit être négative ; et
6° Si l’une des prémisses est particulière, la conclusion doit être particulière.
7° Dans tout raisonnement rationnel catégorique, la majeure doit toujours être universelle, — la mineure toujours aflirmalive; — d’où il suit enfin :
8° Que la conclusion doit se régler quant à la qualité sur la majeure , et quant à la quantité sur la mineure.
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Observation. 11 est facile d’apercevoir que la conclusion doit toujours se régler sur la proposition prémisse particulière et négative.
1° Si je fais la mineure particulière seulement, et que je dise : Quelque chose est contenu sous la règle, je ne puis (lire autre chose alors dans la conclusion, 'si ce n’est que le prédicat de la règle convient au 'sujet de la mineure, parce que je n’ai pas subsumé niâre chose à la règle. — D’un autre côté, si j’si une prov position négative pour règle (majeure), je dois alors
conclure négativement; car si la majeure dit: Tel
ou tel prédicat doit être nié de tout ce qui est soumis à la condition de la règle, la conclusion doit aussi nier le prédicat de ce qui avait été subsumé (du sujet) à la condition de la règle.
§ 65. Raisonnements rationnels catégoriques purs, et Raisonnements catégoriques mixtes.— Un raisonnement rationnel catégorique est pur lorsqu’aucuiie conclusion immédiate ne s’y trouve mêlée, et que l’ordre régulier des prémisses est conservé ; dans le cas contraire, on l'appelle impure ou hybride ( ratiocinium impurum vel hybridum).
§ 66. Des Raisonnements mixtes par la conversion des propositions. — Figures. — Au nombre des raisonnements mixtes doivent être comptés ceux qui se forment par la conversion des propositions, et dans lesquels par conséquent la place de ces proposi-
tions n’est pas régulière. Tel est le cas des trois dernières figures du raisonnement rationnel catégorique.