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VI. — CONCLUSIONS GÉNÉRALES SUR LA NOTION D'INDIVIDUALITÉ MORALE

Si nous comparons l'individu primitif avec l'individu de nos

sociétés modernes, l'évolution est très nette.

L'initiative et la responsabilité personnelles, nulles à l'origine, jouent aujourd'hui un rôle prépondérant. Les lois, le droit social, tout en se compliquant extrêmement, forment des mailles beaucoup plus lâches. Par suite, la réflexion s'est substituée à l'impulsion et à l'automatisme, et les sentiments de responsabilité et d'obligation morales se sont développés.

Cette transformation a été lente, et un changement marqué n'apparaît guère qu'avec nos civilisations occidentales. S'il faut en croire Guizot : le sentiment de la personnalité « était inconnu au monde romain, inconnu à l'Eglise chrétienne, inconnu à presque toutes les civilisations anciennes. Dans les civilisations anciennes, ce n'est pas de sa liberté personnelle que l'homme est préoccupé; il appartient à une association, il est prêt à se sacrifier à une association. Il en était de même dans l'Église chrétienne : il y régnait un sentiment de grand attachement à la corporation chrétienne, de dévouement à ses lois, un vif besoin d'étendre son empire; ou bien le sentiment religieux amenait une réaction de l'homme sur luimême, sur son âme, un travail intérieur pour dompter sa propre liberté, et se soumettre à ce que voulait sa foi. » Seule, la civilisation athénienne semble avoir fait exception et même devancé sur ce point les temps modernes.

La loi de l'évolution peut donc se formuler d'une façon assez précise : substitution graduelle de l'initiative et de la réflexion à la contrainte du groupe et à l'automatisme : l'individu acquiert une notion sans cesse grandissante de sa dignité personnelle et de son autonomie morale% de sa responsabilité et de son devoir.

L'INDIVIDU Mon \l.l PERSONNEL!

Remarque très importante. — Nous rappelons que les laits en la ma tière sont encore assez mal établis, Le chapitre qui précède enferme donc une très grosse part — malheureusement inévitable — d'hypo-

sont celles qui nous ont paru, à nous, les plus vraisemblal d'après les investigations contemporaines; mais il importe d-- ne pas oublier toutes les incertitudes et parfois les erreurs que peut comporter actuellement une élude de ce genre.

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