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L'homme. La : longtemps abandonné lout le travail d
à La femme. La bourgeoisie moderne remplace l'homme par la femme dans les ateliers, des qu'elle y a un intérêi à Manchester, les hommes s'occupaient du ménage, !<■- femmes gagnant l'existence commune dans les filatures). Intellectuellement parlant, toutes les fois qu'une éducation semblable fut donnée à la femme, elle i montrée l'égale de l'homme, aussi bien dans les lettres et les arts qu'en mathématiques et dans les spéculations les plus abstrai La plupart du temps, dans la bourgeoisie moyenne, c'est la fera qui dirige le commerce, tandis que le mari sert d'homme de peine — et souvent l'instruction de la femme a été moins soignée. Tous ces faits montrent surabondamment que la thèse antiféministe n'a d'autres arguments que l'égoïsme masculin, le préjugé, le traditionalisme réactionnaire, une sympathie déguisée pour la contrainte autoritaire sous toutes ses formes.
Si la femme et l'homme doivent avoir les mêmes droits et les mêmes facilités de les exercer, il est juste de reconnaître que, dans l'association qu'ils forment par le mariage, ils sont naturellement amenés à différencier leurs fonctions. La femme, pendant d'assez longues durées, réclamées par le but social de la famille, ne peut se livrer à des travaux fatigants, soit manuels, soit intellectuels. Il faut, dans l'intérêt de l'espèce, qu'elle reste au foyer et qu'elle soit entourée de soins assidus : autant de raisons pour que la famille ne doive pas compter sur le revenu du travail de la femme pour subsister. Ensuite, les hygiénistes sont à peu près unanimes à reconnaître que la mère est mieux qualifiée que tout autre pour s'occuper de l'enfant, dans son premier âge. La mortalité des enfants éloignés de la mère, ou confiés à des nourrices mercenaires, des remplaçantes , est beaucoup plus grande que celle des enfants élevés par la mère dans de bonnes conditions hygiéniques. Le nourrissage étranger est d'ailleurs une cause de misère sociale dans la famille de la nourrice. On voit par là qu'égalité des droits et liberté complète pour les personnes, c'est-à-dire développement harmonieux des aptitudes de chacun, entraînent une différence très nette au point de vue du rôle des deux époux. La mère doit surtout s'occuper de tout ce qui concerne l'enfant et le ménage; le père, des moyens économiques destinés à faire vivre la famille ; mais l'égalité des droits et de l'instruction est compatible avec ces deux fonctions différentes, et même nécessaire pour les accomplir également bien. Il faut d'ailleurs, dans la vie commune, qu'il puissey avoir secours possible en toutes circonstances entre la femme et le mari ; et il reste bien entendu qu'en dehors des fonctions familiales, il n'y
a aucune différence à faire entiv l'homme el La femme au p >in(
de vue professionnel et politique.
C. Droits des enfants. — Il résulte des principes que nous a\ posés, que les enfants commis à La tutelle de leurs père el mère, pend an I toul le temps qu'ils ne peuvent se diriger par leurs propres moyens, doivent être affranchis de toute tutelle légale mais non du respect qu'ils doivent toujours à leurs parents . dès qu'ils ont / de raison pour être seuls arbitres de leur destinée majoi
Il n'y a de discussion a propos de leurs droits qu'en tant qu'ils sont soumis encore à la tutelle familiale. La conception patriarcale de la famille donnait au père tous les droits sur e ants (mort, vente, etc.). Le progrès a cou a affranchir peu à peu l'enfant, à le considérer comme une fin, et non comme un moyen; comme une personne libre et autonome ^ et non comme une eh Mais, eette liberté et celle autonomie ue p uvant être complètes qu'à l'époque de son émancipation définitive ou majorité, il importe de savoir si, jusque-là, et hors des cas de droit commun, l'enfant doit être laissé par la société a la libre disposition de sa famille, comme voudrait l'ériger en axiome la conception autoritaire delà famille.
L'Autorité dans la famille. — Seule, la famille peut, avec assez de dévouement et assez de suite, donner aux enfants l'assistance sans laquelle ils ne pourraient se développer ni physiquement, ni moralement, ni intellectuellement. L'autorité du père et. delà mère sur les enfants est donc fondée suc des raisons physiologiques el sociales qui ne permettent pas de la diminuer au-dessous d'une certaine limite, car elle ne peut être remplacée dans un très grand nombre de circonstances par aucune autre. Tout au moins s'il fallait la remplacer (comme pour le^ orphelins,, on devrait précisément la rendre aussi semblable que possible à l'autorité familial -, et il faut avouer que cette autorité substituée ne vaudra jamais La première. Car il y a des affinités physiques el morale-, des liens du sang, un ur instinctif que rien ne peul remplacer, el qui donnent à l'autorité familiale le meilleur d< .-'-n ac ion.
Ensuite, la société est bien trop vaste pour qu'un enfant y puisse faire sérieusement son apprentissage de membre actif et utile de celte société. Quand la société est obligée d'élever des enfants, elle est forcée de les confier à un milieu plus restreint qu'elle copie sur la famille. Et lorsque, par malheur. l< a en ants s'élèvent seuls au sein de la société, ils sont d'ordinaire très mal élevés. Aussi la famille présente-t-el le comme une petite société où l'enfant appi
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qu'il ne peut pas vivre sans se soucier des autres, qu'il est obligé à une certaine discipline et à un certain labeur, à une certaine entr'aide aussi, s'il veut profiter des avantages de la vie sociale. Cette petite société ne peut remplir son rôle d'éducatrice que si, comme la grande, elle est soumise à une autorité. Ainsi, soit que l'on considère; l'intérêt de l'enfant, soit que Ton considère l'intérêt social, l'autorité familiale est nécessaire.
Mais l'autorité dans la famille est surtout une tutelle ; elle a. pour unique raison d'être, l'affection de celui qui l'exerce pour ceux sur qui elle est exercée. Aussi est-ce uniquement l'affection mutuelle qui doit être son ressort. 11 faut en outre que cette autorité soit hautement morale, et qu'elle s'étende avec la même sollicitude sur tous les enfants, en s'elï'orçant de s'adapter a leurs caractères, à leurs besoins pour développer dans chacun d'eux toutes les virtualités qu'il présente. Les préférences injustifiées vont directement à l'encontre du rôle éducatif de la famille, et les faits sont là pour montrer que les parents sont souvent bien mal inspirés dans leurs préférences. Leur autorité par suite doit être limitée et contrôlée là où ses abus causeraient de sérieux préjudices : en matière de succession et d'éducation.
a) L'Héritage. — L'héritage parait surtout critiquable lorsqu'il permet à l'héritier de vivre oisif. Mais si celui-ci ne s'en sert que pour accroître la puissance de son travail, l'héritage, avec certaines restrictions, peut être défendu comme un stimulant d'activité précieux pour l'accroissement de la richesse publique, bien qu'il aille toujours contre ce principe moral : la justification de la propriété est le travail du propriétaire. — Maintenant l'héritage s'imposant actuellement à titre de fait, est-il moral que, pour son partage, les parents puissent créer des inégalités entre leurs enfants selon leur bon plaisir? La loi, autrefois, consacrait le droit d'aînesse, c'est-àdire le privilège pour l'aîné de recueillir la succession tout entière, afin de conserver intégralement le patrimoine. Aujourd'hui elle autorise l'inégalité, dans une certaine mesure, entre les enfants légitimes; l'ordonne pour les enfants naturels en concurrence avec ceux-ci; etenfin prive de tous droits les enfants adultérins. Cette législation qui (comme tout ce qui concerne ces questions), tire ses raisons de nécessités de faits (d'ordre social surtout) et des très grosses difficultés pratiques que rencontrent les solutions contraires, ne fait-elle pas retomber sur des innocents des fautes dont les parents, et le plus souvent une conception sociale mauvaise du mariage etde lafamille, sont responsables ?
l.\ FAMILLE ; LE DROIT DOMESTIQUE
b) L'Education. — Il est une question plus grave encore : car un patrimoine n'est dû à personne, tandis que L'éducation, c'est-à-dire la, possibilité donner à chacun de développer toutes ses capacités ni
de rendre /uns les serriees dont il €St Capable, esl duc à huis. 11
s'agil de savoir si l'éducation et l'instruction seronl abandonnées à la seule autorité des parents. C'esl un sophisme courant, dans In conception autoritaire, de considérer Bans restriction comme un droit absolu et Indiscutable de la famille L'éducation de l'enfance du moins quand il s'agil de L'orienter d'une façon <jui agrée aux partisans de celte conception . On appelle ce droit \di liberté du père de famille. Cette liberté, respectable connue toutes les autres sous certaines réserves, ne peut, pas plus que les autres, être laissée sans limites ni contrôle; car toute liberté non réglée, toute liberté illimitée, peut devenir abusive, surtout --i celui qui en t'ait usage u'est ni
suffisamment éclairé', ni suffisamment moral. Les lois sonl donc
intervenues constiininicnt depuis la première législation romaine
qui donnait au pater familias droit de vie et de morl sur ses enfants, pour maintenir celte liberté dans sa juste mesure et la concilier avec la notion que nous nous faisons du respect dû à la personne humaine, à mesure que celle-ci Be développe chez reniant et le jeune homme. « L'histoire de la Législation nous montre que des restrictions nouvelles sont apportées sans cesse a ce qu'on appelle inexactement les droits du père de famille », lorsqu'il ne sont que l'arbitraire et Le caprice (lois qui interdisent les sé^ ices a L'égard des entants; loi de issi sur L'enseignement obligatoire; loi de L889 sur La déchéance de la puissance paternelle, etc.). Les parents, vis-à-vis
des enfants Ont surtoul desdevoirs. En les accomplissant ils accomplissent en même temps que leur devoir personnel un service social et par suite tombent sous le contrôle de la société. Olle-ci, tous le reconnaissent, doit leur interdire les mauvais traitements
physiques; elle leur interdit de déformer, comme cela avait lieu
jadis, dans un but de lucre, le corps de reniant, et d'altérer -on sens moral, en le faisant voler, mendier, etc. Il paraîl logique et utile que la société puisse contrôler L' enseignement donnée l'enfant. La société a ici un droit et un devoir incontestables, eiw c'esl une question qui dépasse l'individu et La famille pour Intéresser ('avenir de L'humanité et de la civilisation, auquel chaque nation se doil de collaborer. La société s'est d'ailleurs toujours efforcée de remplir sa mission éducatrice, dans notre histoire. Son autorité tut eu cela représentée, aux époques d'unité confessionnelle cl de dissémination politique ou de religion d'Etat, par l'Eglise, alors étroitement associée à celui-ci. Aujourd'hui, cette autoritétend ;< peu pic- partout à être exercée par l'État, devenu le représentai par excel-
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lence du groupemenl social vis-à-vis des individus. Elle consiste selon les mœurs du pays, soit à contrôler sans aucun esprit de parti, avec le seul souci «lu respect de l'enfance, sur tous les points, — la qualité et la loyauté de l'enseignement, soit à Vorg'aniser (comme cela existe à peu près en Allemagne . Mais ce dernier système (monopole <le l'enseignement exige des précaution grandes pour garantir la liberté de penser, surtout dans les paya
où l'histoire a laissé des divisions assez. Tories.
Les familles d'ailleurs Viont parfois qu'une compétence insuffisante en ces matières très difficiles, et peuvent sacrifier soit à des prrjugés irréfléchis* soit, ce qui est plus triste, aux exigences de leur vie économique (ouvriers, employés, forcés par le patron de s'adresser à telle ou telle maison d'enseignement), soit à leurs intérêts commerciaux, à la mode, ou encore à certaines rancunes personnelles.
La société est un groupement beaucoup plus large ; elle implique et doit concilier un grand nombre de tendances diverses qui se contrôlent et se compenseront inévitablement les unes les autres. Elle est ouverte à plus d'initiatives et à des initiatives plus éclairées dans les sens et sur les points les plus différents. Llle doit d'ailleurs dans sa mission éducatrice s'inspirer de règles morales qu'on peut abstraitement résumer ainsi : harmoniser les programmes à l'âge et aux aptitudes de l'enfant, exiger des maîtres des garanties de capacité et de moralité, demander qu'on expose honnêtement les faits là où ils sont établis, qu'on respecte et apprenne à respecter, et, selon la maturité d'esprit, à discuter avec impartialité et tolérance les diverses opinions là où ils ne le sont pas, qu'on laisse de côté les points particulièrement controversés ou irritants et tout ce qui dépasse la compréhension moyenne de l'enfant, enfin que soit sauvegardé le ressort de tout progrès intellectuel, la liberté de pensée.
L'Etat, d'ailleurs, bien qu'il représente de moins en moins mal la société dans son ensemble à mesure qu'il se démocratise (comme c'est actuellement sa tendance générale), doit lui-même fournir des garanties sérieuses contre son propre arbitraire. Aussi pourrat-il, dans cette tâche difficile, consulter des associations plus restreintes, et d'une compétence particulière sur certains points spéciaux : syndicats professionnels ouvriers et patronaux pour l'enseignement technique, représentations régionales (départements, communes), enfin les familles elles-mêmes qui ont. nous l'avons vu, une charge éducative bien qu'elles ne doivent pas l'exercer sans contrôle. Certains membres de renseignement public, en France, multiplient d'ailleurs actuellement les efforts pour instituer leur
LA FAMILLE : LE DllOIT DOME81 [QUE
collaboration; l> i «m i entendu, ce ne son! pas seulement quelques familles, mais toutes les familles intéressées <jui auronl à collaborer, dans les limites de leur compétence el des garanties que la société doil à [a loyauté el à la véracité de l'enseignement, comme aux droits légitimes des maîtres soucieux de leurs devoii
Certes, il esi difficile de concilier toutes ces exigences, en évitant les abus soil «le L'autorité sociale, soit «le l'autorité familiale. Aussi est-ce œuvre <le très Longue haleine à tenter, et où il faut attendre de L'éducation morale des chefs de famille plus encore que de la' loi, du bon sens el de la mesure plus que «les systèmes étroits et trop arrêtés, enfin de l'expérience plus que des théories abstraites.
Remarque très importante. — Il serait tout à fait contraire à une bonne méthode scientifique de Laisser ignorer que Les questions étudié* s d chapitre sont matière à discussion. Il y a donc Là forcément des opinions personnelles; nous ne les proposons nous insistons sur ce mot : prop à la réflexion et à la libre critique du lecteur que comme ootre inter t;iti<ni aussi Bincère et Loyale que possible des laits tels que nous croyons Les connaître nous-mêmes.
Enfin il ne s'agit ici que d'esquisser sommairement une orientation générale et théorique. L'application pratique requiert des études de détail, une connaissance do réalités sociales, une prudence, sans les quelles n'a jamais pu se produire une transformation beureuse et durable mœurs, si minime qu'elle soit.