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DROITS FONDAMENTAUX

reconnue la première des libertés, celle de vivre, dont nous venons de nous occuper.

La liberté individuelle comprend alors : la liberté physique, qui est celle d'aller et de venir, de vaquer à ses affaires comme bon lui semble et en toute sécurité; la liberté politique, dont le sens esl beaucoup moins précis, selon la forme de gouvernement a laquelle on a affaire. On peut pourtant la définir le droit de jouir de tous les droits politiques qu'admet L'Etat dont on l'ait partie : elle atteinte par toute loi d'exception; enfin la liberté civile ou jouissance de tous les droits civils reconnus par la loi aux autres hommes ilité devant la loi, pas de classe privilégiée).

A. Historique. — On peut répéter des droits qu'implique le respect de la liberté individuelle ce qu'on a dit du respect de la vie. Ils ont tardé à peu près jusqu'à notre époque pour être reconnus théoriquement (esclavage, servage). La suppression de l'esclavage n'a été décidée que sur l'initiative de l'Angleterre, après toutefois un acte solennel de la Révolution française au milieu du \i\ siècle. La liberté politique n'a été reconnue d'une façon précise qu'au xvii' siècle pour l'Angleterre, à la lin du xvm" pour la France et l'Amérique; elle esl encore soumise à certaines restrictions dans la pluparl d^s États européens. La liberté civile date des mêmes époques, L'égalité juridique cl la -oppression des privili ivanl été assurées par ces révolutions politiques.

B. Actuellement encore il serait facile de montrer que la liberté individuelle n'est pas pratiquement aussi bien établie qu'on pourrait le croire, à entendre les affirmations théoriques qu'on en fait

-que partout .

La plupart du temps on assure l'inviolabilité du domicile et un certain nombre de garanties destinées à prévenir les arrestations arbitraires (jadis très fréquentes : lettres de cachet). Ces garanties ne sont pas toujours suffisantes; mais enfin on peut considérer que la violation du domicile ou la séquestration arbitraire sont des exceptions.

ù) Il n'en est malheureusement pas de même de la suppression de l'esclavage, dans les colonies européennes. Les contrats de travail n'\ sont parfois qu'une forme déguisée d'esclavage.

Mais ce qui est plus -rave, c'est qu'un grand nombre d'individus sont, par suite de circonstances inévitables qui viennent de l'organisation sociale, dans l'impossibilité d'user de tous les droits qu'implique la liberté individuelle. Une suffit pas, en effet, d'avoir iriquement la jouissance d'un droit. 11 faut encore avoir la ca-

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pacUé d'en user pratiquement. Or-, les conditions du travail sont telles actuellement qu'un grand nombre d'individus son! snbordonnés étroitement a la volonté et a te fortune '1 autres individus, ou à la merci de circonstances fortuites, par suite «! tditions

précaires de leur existence matérielle. Ils subissent de ce chef une véritable diminution de la liberté individuelle: C'est, par exemple, la nécessité où sont beaucoup d'enfants de se soumettre très jeunes à un travail excessif, nécessité qui empêche certainement des développements intellectuels, dont la société tirerait grand profit. On pourrait multiplier des remarques de ce genre. On verrait que la possibilité d'exercer certains droits est, pour le plus grand nombre, plutôt théorique que pratique. Kilos montreraient toutes qu'il est très difficile pratiquement de concilier le respecl de la liberté individuelle avec les conditions actuelles de l'existence sociale. C'est à l'éducation des individus, à l'association aussi, qui peut donner plus de force aux individus lésés, enlin aux réformes sociales, à remédier à cet état de choses.

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