‹ Logique et moraleChapitre 202 sur 352 · MORALE CIVIQUE II POU I ÏQUE · texte numérisé non relu

MORALE CIVIQUE II POU I ÏQUE

à l'homme (sociétés animales). Si, dans l'organisation de L'État primitif, le lien familial réel et surtout fictif joua un rôle prépondérant, il est insuffisant pour en expliquer l'origine : une population puremenl homogène n'a jamais existé, u Mans les foules sauvages les pins inférieures, le mélange <\c> éléments a lieu non seulement par l'éternelle pérégrination d<>> familles, mais par le rap! habituel des femmes, par les fréquentes désertions de celles-ci... Lorsqu'un camp est levé, ceux qui veulent suivre le font, ceux qui préfèrent aller ailleurs ou rester sont libres de le faire. » Do plus, les guerres incessantes de horde à horde amènent, en général, l'assimilation des vaincus aux vainqueurs. Ainsi, à côté de la famille et du clan, organisation juridique et religieuse, nous rencontrons presque toujours la tribu, transformation delà horde primitive, qui est le germe de l'organisation politique. Intimement liée aux (dans à l'origine, elle s'en délache peu a peu; elle en prime l'importance, les absorbe et évolue d'une façon origimi

« Elle a été formée dans un but militaire; la consolidation des clans-hordes a été souvent le résultat d'un conflit... L'organisation militaire de la tribu vient directement des modes primitifs de conflit et est très apte à développer la bravoure individuelle et le commandement intelligent... Dan» les tribus indiennes,, tout brave peut convoquer des volontaires dans son clan joui- le suivre à la guerre. 11 annonce son projet eu donnant me' danse de guerre. S'il réussit à former une compagnie, <jui comprendra ceux qui ont pris part à la danse, i!> se mettent eu roule sur-le-champ, pendant que l'enthousiasme est à son comble. Si l'expédition «'lait heureuse, -on chef pouvait espérer d'être revêtu de la. di. ni' chef guerrier de son clan. La troupe guerrière était doue une a ciation volontaire avec un but dans un clan...

« Les chefs guerriers des (dans constituaient une auti :iation

très importante : le conseil de la tribu. Dans quelques tribus, le conseil élisait un grand chef. Le conseil n'est pas un corps dirigeant • buis le sens habituel du mot... Son objet est dans les rapp la tribu avec les autres et dans la confection des plans militai) En cela, il est tout-puissant. En lui se développe la tradition militaire. La tribu matronymique a donc une constitution bien organisée, quoique encore incomplètement différenciée de sa composition. » Cette constitution tribale prépare la tribu à devenir la composante d'un agrégat plus large — la peuplade,

« Les tribu- ut, peuvent se subdiviser. En ce cas, des

membres de chaque clan sont as> s chaque nouvelle Iri

Les mêmes clans, 'par suite, se répandent dans toutes les tril Ainsi liées ensemble par les clans, parlant des dialectes d'une même

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langue, conservant la tradition d'un Lignage commun, ces tribus deviennent une peuplade énatique ou matronymique par un nouveau développement de l'esprit social... Menacées par des ennemis communs, de souche différente, ces Iribus peuvent Former une grande association militaire et politique, une confédération...

« Dans le conseil de la confédération (chefs des tribus) et plus généralement dans la confédération, la souveraineté naît, et la vraie tradition politique se dégage. » [Giddings,^!.) La confédération tribale ne larde pas alors à ajouter a ses attributions guerrière - des attributions juridiques, et l'Etat commence à prendre les caractères propres qui le différencient encore aujourd'hui, en dominant le clan. Les hostilités entre clans parents sont une perte de force; or la justice sous sa première forme est plutôt vengeance du clan tout entier que vengeance individuelle ; la confédération trihale a donc intérêt à substituer des solutions juridiques aux solutions violentes, à constituer un droit supérieur au droit du clan : « cette extension coïncidant avec la consolidation militaire et sociale est le commencement de l'action politique, que Ton peut définir comme la combinaison des fonctions juridiques et militaires, de l'administration intérieure et des rapports extérieurs sous une autorité unique », qui constitue la souveraineté, attribut essentiel de l'État (Jd., 259).

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