PRÉLIMINAIRES, DÉFINITIONS DE LA MÉTAPHYSIQUE
La métaphysique se définit comme toute recherche spéculât à la fois par son objel »'l sa méthode .
.t. Son objet. —Si l'on considère que la science esl incapable
satisfaire par elle-même toute notre curiosité, notre besoin <1<*
connaître el de savoir, >i l'on trouve <ju»' ses affirmations ><>nt tou-
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jours et seront toujours relatives ou partielles, il restera un certain nombre de questions à étudier et a résoudre en dehors «I" la science.
Os questions porteront sur ce qui exi le en général, la nature dernière et la destinée de toute existence, sur [a possibilité de contempler, en quelque sorte, La réalité face à face, sans altération m méprise? En quoi consiste la réalité et, pour employer les termes techniques, YÊtre, Yabsolu ou la substance, dire le
fond ultime de tout ce qui existe ou peut exister?
Aussi la métaphysique, qui est le nom donné à cette dernière recherche, est-elle; définie la science de YÊtre ou de Yabsolu.
Bien entendu, ce mot science ne doit pas créer d'équivoque. Il ne s'agit pas là de science au sens propre du mot, c'est-à-dire de recherche de la vérité par la méthode expérimentale et rationnelle. La métaphysique est unespéculation philosophique, la plus hardie de toutes. Si la philosophie se pose sur un terrain où l'expérience scientifique est impossible, de par la nature même des questions qu'elle examine et du point de vue où elle se place, la m physique, s'occupant des conclusions dernières auxquelles la philosophie, d'après sa définition traditionnelle, pourrait prétende trouve par là même le plus loin possible de l'expérience et de la vérification. Ellecomprend, de cet ensemble d'hypothèses qui forment la philosophie, les hypothèses les plus aventureuses, celles qui présentent nécessairement la probabilité minimum.
b. La méthode. — Bien entendu, la méthode, ici, ne pourra ôtre.fl fortiori que la méthode philosophique ordinaire : la réflexion, c'est-à-dire de pures déductions de la pensée logique, cherchant seulement à rester aussi logiques, aussi rationnelles que possible, puisqu'il n'y a plus de vérification satisfaisante. Dans les spéculations précédentes, si Ton s'éloignait du domaine scientifique, à tout le moins on partait directement des résultats obtenus dans ce domaine. En métaphysique, on s'avance encore plus loin dans l'inconnu. La réflexion seule peut donc être employée. Les faits serviront à peine d'exemples ou d'indications sur la vraisemblance de l'hypothèse énoncée.
La métaphysique se meut en dehors des faits, dans le cercle de la pensée pure; et tout ce qu'elle doit exiger, c'est que ce cercle ne dépasse pas celui de la raison logique, et n'admette pas, par l'invasion du sentiment ou de Y autorité, un plus grand nombre de chances d'erreurs. Au moins, avec la raison rigoureusement logique, on reste dans la sphère du possible, sinon du réel, et l'on évite l'extravagance et l'absurdité.