I HÉORIE DE I ' U I [ON. - I.A LIBERTÉ
avantages logiques, psychologiques et moraux, pour établir l'existence de la liberté, puisque, pense-t-il, elle n'est pas impossible.
Houtroux arrive à peu près aux mêmes conclusions en partant de l'analyse directe de l'ensemble des lois scientifiques {la Contingence des lois de la nature. — L'idée de la loi nature/le). « Nous avons analysé, dit-il, les divers types de lois naturelles que nous offrent les sciences, en nous plaçant au point de vue de ces sciences mêmes... Nous nous demandons pour conclure ce que deviennent la liberté et la responsabilité humaines, en face de ces lois qui représentent pour nous la nalure des choses. Le problème est pins pressant aujourd'hui qu'il ne l'était encore au siècle dernier. Quand le domaine de la science proprement dite était peu étendu, on pouvait admettre qu'en dehors de ce domaine, il y avait place pour la liberté. Mais la science gagne chaque jour en étendue et en précision... Ne se peut-il donc pas que. tout, en droit, lui appartienne, et que tout, par conséquent, soit déterminé et nécessité?» Mais quelle est la nature de cette science, exclusive de toute liberté? Elle consiste à supposer que tout est réductible à des relations mathématiques, et que ces relations mathématiques sont rigoureusement nécessaires, d'où le déterminisme inflexible de la nature : «Le déterminisme moderne repose sur les deux assertions suivantes :
« 1° Les mathématiques sont parfaitement intelligibles et sont l'expression d'un déterminisme absolu;
« 2° Les mathématiques s'appliquent exactement à la réalité, au moins en droit et dans le fond des choses.» Or M. Boulroux critique ces deux assertions et les trouve également peu fondées. D'une part, les mathématiques ne sont nécessaires que par rapport à des postulats dont la nécessité est indémontrable, et ainsi leur nécessité n'est, en définitive, <\\\ hypothétique. D'autre part, l'application des mathématiques à la réalité n'est et semble ne pouvoir être qu'approximative. Qu'est-ce, dans ces conditions, que la doctrine du déterminisme? C'est une généralisation etun passage à la limite. Certaines sciences concrètes approchent de la rigueur mathématique : on suppose que toutes sont appelées à la même perfection. La distance qui sépare du but peut ôtre diminuée de plus en plus : on suppose qu'elle peut devenir nulle. Mais cette généralisation est une vue théorique. En fait la distance entre les mathématiques et la réalité n'est pas près d'être comblée.
Et Houtroux ) comme Poinçon^, montre que l'ensemble des lois naturelles ne sont que des formules approximatives qui tracent abstraitement des rapports-limites à la réalité concrète; ces rap-
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ports nous sont pratiquement très utiles, mais sont loin d'une exactitude complète.