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I. — HYLOZ01SME PRIMITIF. — LA MATIÈRE CONFONDUE AVEC L'ESPRIT

On ne distingue ni matière inanimée, ni matière vivante, ni principe spirituel. La matière est soil un «dénient unique qui produit par ses propres forces Les différentes formes animées Thalès} Anoximène, Anaximandre , soit un ensemble d'éléments également animés (Empédocle, Lettcippc, Heraclite y peut-être Anaxagore).

Cette conception traduit les idées religieuses et les mythes populaires, en s'effbrçant de leur donner une apparence rationnelle et de faire appel à l'expérience La physique des philosophes ioniens.

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est un essai d<* science universelle dans lequel l'homme ne s'esf pas encore dégagé nettemenl de la nature. La matière est une force confuse et vague qui engendre aussi bien les vivants que les corps inorganiques, car elle esta mi-chemin des deux. Elle une forme authropomorphique, comme une activité presque humaine, et la vie, aussi bien que l'esprit ne lui sont pas opposi

II. — LA MATIÈRE TEND A ÊTRE CONÇUE COMME PASSIVE ET INERTE ET A S'OPPOSER A L'ESPRIT, MAIS RESTE QUAND MÊME ACTIVE DANS UNE CERTAINE MESURE.

Avec les Eléates [Zenon, Parménide), on commence à analyseï avec plus de netteté la notion d'être, d'objet. ïls remarquent

que certaines choses semblent n'avoir pas d'existence durable et propre : telles sont les propriétés des êtres multiples que nous révèlent nos sens. N'est-il pas contradictoire d'attribuer l'existence à ce qui passe constamment d'un aspect à l'autre, et, par suite, n'est jamais susceptible d'une délinition exacte, à ce qui, au moment où on veut le saisir, est déjà devenu autre chose? Seul paraît pouvoir exister, au vrai sens du mot, ce qui est un et toujours identique à soi. De cela seul on peut dire qu'il est. Ce qui change, au contraire, ce qui revêt des aspects multiples, n'est jamais, mais devient indéfiniment autre chose. De là les noms de multiple, de devenir, d'autre, et même de non-être, que Ton donne à cette notion. Elle s'oppose à celle de Y unité, de Y être, du même; et les fameux arguments de Zenon d'Elée n'ont peut-être pas voulu prouver autre chose que ceci : Ce qui change, ce qui est multiple ne peut pas véritablement et intelligiblement, être, parce qu'on ne peut pas les définir et les poser sans contradiction.

Cette opposition du devenir à Y être, est intéressante pour l'histoire de l'idée de matière, d abord parce qu'elle est la première analyse que l'on essaie de faire de l'objet de la connaissance, et la première distinction nette que l'on y trace ; ensuite parce que la notion de devenir, de multiple, de non-être se lie intimement à la notion de matière, se confond même avec elle, tandis que la notion d'être, d'unité, de principe actif tend à se confondre avec celle d'esprit.

Anaxagore (it peut-être le premier la distinction de la matière chaotique et dans une certaine mesure passive et inerte, et d'une force organisatrice et active, l'esprit (le voue) qu'il devait entendre encore en un sens assez matériel. En tout cas la distinction est très nette avec la philosophie socratique, surtout avec Platon. Toute

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