THÉORIES MÉTAPHYSIQUE8 DE LA MATIÈRE
activité, toute existenee réelle vient des Idées qui sont de nature spirituelle. La matièreeu dérive, et n'a qu'une existence empruntée; elle est un reflel confus et par là un principe d'imperfection, passif et inerte par lui-môme.
Toutefois, si le devenir s'oppose à l'être e1 la matière à Hdi ces deux principes ne son! pas considérés comme absolument séparés et opposés. Le principe spirituel reste engagé dans la matière à qui il donne ses différentes formes et ses aspects ; la matière elle-même n'esl pas indépendante de ce principe ; elle le renferme virtuellement ; elle en participe ; et celui-ci est, en dernière analyse, la cause qui la fait exister. De cette conception Aristote nous donne la théorie la plus nette et qui est célèbre par le rôle qu'elle a joué. La matière est virtualité, aspiration, désir. C'est ce qui veul changer ei susceptible de changer. Les formes contenues, d'ailleurs, dans cette matière, lui donnent, par les changements qui s'y produisent, les différentes qualités qu'elle revêt. Ainsi la matière n'est pins identifiée complètement avec son principe de changement, connue dans la philosophie grecque primitive, mais elle reste quand même mêlée très étroitement à lui, elle n'existe que pour lui et par lui. Les choses forment d'ailleurs une hiérarchie dans laquelle l'être inférieur est toujours matière par rapport à l'être supérieur ver- la forme duquel il tend. G'esl ainsi que les substances inorganiques sont les formes qu'a prises la matière amorphe, et sont elles-mêmes matière vis-à-vis des formes organisées que réalise la vie. Mais la matière, hien qu'elle soit par la tendance, encore quelque chose de presque vivant, n'a par elle-même aucune activité. Son activité ne s'éveille que sous l'influence de la forme, fi'est-à-dire du principe qui lui est opposé, et même elle résiste toujours à ce principe dans une certaine mesure.
Les stoïciens adopteront, en la matérialisant d une façon as sière, une conception qui n'esl pas très éloignée de celle WAristote; et les Alexandrins reviendront à une théorie qui se rapproche beaucoup de celle de Platon,
La philosophie grecque n'a donc jamais eu de la matière une conception analogue à notre conception traditionnelle ei vulgi L;i matière n'est pas ce qui s'oppose absolument el irréductib ment à l'esprit, ce qui est purement passif ei inerte. Leur conception, beaucoup plus logique et idéale que réaliste ei su bstantialh fait de la matière le principe du changement, du devenir, quelque chose qui est plus virtuel que réel,
11 est vrai qu'un courant d'idées, étouffé par le grand éclat de la philosophie socratique, et qui n'a guère que deux grands représentants : Démocrite et Épicure, s'est rapproché beaucoup plus de
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la conception moderne, et résulte d'une analyse plus précise de l'expérience : c'est Vatomisme.
Il suppose que tout ce qui existe, le règne du d venir, est comp< dr particules matérielles <jui, elles, sont immuables, éternelles et indivisibles, et remplissent ainsi toutes les conditions pour étreeï
être pensables. Ces particules sont mues par le choc les unes dei autres, sans que leur nature en soit altérée et par leurs combinaisons produisent les multiples apparences de l'expérience. L'atome, qui peut être mû sans être altère', voilà l'élément unique de la matière. Mais c'est aussi l'élément unique de l'Univers et l'esprit n'est qu'un agrégat d'atomes.
Ainsi, dans la philosophie grecque, le dualisme entre l'esprit et la matière n'apparaît jamais d'une façon absolue.