‹ Logique et moraleChapitre 240 sur 352 · AUCUN AVEC L'ESPRIT ACTIF · texte numérisé non relu

AUCUN AVEC L'ESPRIT ACTIF

Le christianisme sépare au contraire très nettement la matière du principe spirituel. La scolastique, en interprétant Aristote\ rompt l'unité que celui-ci avait conservée entre la matière et la forme et en fait deux données opposées. Elle conçoit des mati sans formes et des formes sans matière. Elle prélude ainsi, on dot le reconnaître, aux conceptions modernes qui, tout en critiquant la scolastique, conserveront et rendront même plus précis ce dualisme.

Ce sont les Cartésiens qui, en s'appuyant sur la science de Léonard de Vinci, Galilée, Kepler et Copernic, donnent la théorie la pJus nette, la plus claire et la plus philosophique de ce dualisme. Copernic et Kepler avaient montré que les mouvements des astres, qui avaient été considérés par les Grecs comme des mouvements d'êtres animés cherchant et réalisant la forme la plus parfaite du mouvement, le mouvement circulaire, peuvent, au contraire, s'expliquer comme des mouvements produits par un aveugle mécanisme. Galilée fait voir qu'il en est de même pour les lois de la chute des corps, qu'il n'est pas besoin de supposer des tendances dans la matière et des fins auxquelles elle aspire. Un corps matériel paraît seulement susceptible de rester identiquement tel qu'il est, dans son repos ou son mouvement, tant qu'une force extérieure ne vient pas s'y appliquer. En conséquence, la matière est inerte, passive, et elle s'oppose aux principes spirituels quels

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