IV. — IDÉALISME. — LA MATIÈUE N'EXISTE PAS IL N'EXISTE QUE DE L'ESPRIT
Newton avait rétabli, en un sens purement mathématique d'ailleurs, la considération des forces, dans sa mécanique e1 sa théorie de la matière. Si les physiciens se gardèrent de faire de ces forces des réalités substantielles, il n'en est pas de même des philosophes. Il parut certain que cet appel à la notion de force était un retour déguisé à un principe actif, vivant. Et ce principe parut pouvoir être rapproché par sa définition et sa conception de i prit. De là à nier la matière comme existence spéciale, il n'y avait qu'un pas, et on fui conduit à réimaginer une conception unitaire de la nature au profil de l'esprit, à retrouver C idéalisme de Platon ^ à%Aristote et des Alexandrins.
A. Nous en avons un premier exemple dans la Monadologiô de Leibniz. Par monade il entend un être individuel qui est essentiellement force, esprit, mais qui peut apparaître comme matière à un certain point de vue. Il est matière tant qu'il subit passivement tontes les actions des autres êtres qui sont en nombre infini; mais il est fondamentalement force et esprit en ce sens qu'il réagil par une spontanéité interne contre toutes les actions extérieures. Cette doctrine, que nous retrouverons dans la théorie de rame, fait de la matière 1 enveloppe extérieure del'esprit. Elle ramène, par l'intermédiaire de la notion de force qu'elle postulecomme principe de mouvement, la matière à l'esprit, aussi l'a-t-on appelée panpsychisme, idéalisme tubstantialiste ou encore spiritualisme absolu. Les théories métaphysiques.de Schelling, de liavaisson de Schopcnhauer, de Renouvier% se rattachent à celle doctrine. La matière n'y esl qu'unaspecl inférieur de l'esprit : elle est toujours au fond finalité, tendance, virtualité, caractères qui ne sont compatibles qu'avec une existence spirituelle.
/>. Dans tout le cours du xvme siècle, se sont développées les théories idéalistes de la matière. Il semble aux idéalistes que < faire une trop grande part aux préjugés tirés de noire perception
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extérieure que de suppose]1 l'existence d'une matière inerte et ; sive. Ce qui est inerte et passif, ce qui n'agit pas, n'a pasd< d'être; toul ce qui est doit agir. Il ne doil donc arque dei
esprits.
Que devientalors la matière? Elle esi uniquement L'ensemble perceptions de l'esprit. La matière, c'esl ce que l'esprit perçoit i représente (Berkeley: Esse est percipi). Plus simp] la mal
c'est la suite de nos sensations, et comme celles-ci sont des fail conscience, c'est-à-dire des faits de l'esprit, Ja matière n'existe que dans notre esprit, et par lui. Les théories de Kant (avec de forteë réserves), de Fichte, deLachelier, des idéalistes contemporains sont le développement de cet idéalisme critique oxxsubjectiviste.