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V. — THÉORIE MATÉRIALISTE

C'est en réaction contre cette conception que nous rencontrons un autre monisme, purement matérialiste, qui, au lieu de faire de la matière une propriété de l'esprit, fait de l'esprit une propriété de la matière. Tout ce qui se passe dans la pensée peutêtre expliqué comme une fonction organique. Tout ce qui est organique peut être expliqué comme la conséquence de certaines réactions physico-chimiques. Enfin la physique et la chimie réduisent toutes les propriétés <ie la matière à ses propriétés mécaniques, c'est-à-dire à la matière inerte des philosophes de la Renaissance.

Vï. — CONCEPTION DU PARALLÉLISME PHÉNOMÉNISTE

Le phénoménisme, en présence des opinions contradictoires du matérialisme et de l'idéalisme, se borne à considérer que nous connaissons deux modes d'existence, l'existence des faits matériels (externes), l'existence des faits de conscience (internes). Rien ne nous permet de réduire l'un de ces modes à l'autre. Nous ne voyons pas le moyen de passer de l'un à l'autre. Il semble alors plus prudent de nous contenter de tenir les deux bouts de la chaîne. On constatera les existences des phénomènes matériels et psychiques, existences qui se poseront au môme titre et sur le même rang, et l'on se gardera de conclure si ces deux existences sont séparées, ou au contraire sont la manifestation d'une seule et même substance. On notera seulement que, chez les vivants conscients, les phénomènes de

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conscience se poursuivent parallèlement à certains phénomènes matériels qui onl leur siège dans le système nerveux. On hasardera alors, à titre d'hypothèse, qu'il se peut bien que toute existence soit, d'un côté, matérielle, d'un autre côté, spirituelle, qu'il y a là deux séries parallèles de phénomènes traduisant sans doute, chacune en une langue différente, la môme réalité.

VII. INDICATIONS RELATIVES A UNE CONCLUSION PROPOSÉE [RÉALISME POSITIF)

Matérialisme, idéalisme, spiritualisme dualiste, parallélisme sont encore les grandes solutions métaphysiques actuelles du problème <le la matière. La discussion, à leur sujet, restera sans doute toujours ouverte. Aussi le positivisme nous propose-t-il de nous contenter des enseignements de la science, à ce sujet, en nous faisant remarquer que ces enseignements n'ont qu'une valeur relative et humaine : le problème de la nature dernière de la matière ne doit pas être p"->;, parce qu'il ne peut pas être résolu, actuellement du moins.

.\i;iis il semble de plus en plus aujourd'hui que le positivisme n'a p;is le droit d'imposer a priori des limites à la science humaine. La physique ne consent plus guère à ce que le problème de la matière lui soil Interdit. Elle a déjà à son actif certaines expériences (relativesà l'électricité, à la radioactivité, aux dissolutions, etc. ,qui lui permettent d'aborder une théorie de la constitution de la matière (ch. xxxvi, § VI). Pourquoi ne pas lui faire crédit? L'attitude scientifique ne peut-elle ouvr r, comme méthode, une voie vers l'intuition du réel et vers la vérité objective?

Remarque très importante. — Mais, pour l>ien comprendre l'esprit dans lequel nous proposons c >tte idée générale, il im\ ent d<- faire

attention aux deux points suivants :

I La science esi bien plus une organisation des méthodes qu'un ensemble de résultats. Il est en effet de I méthod enti-

fiques «le se tenir constamment prêtes à reviser les n sultats qu'elles <'iit

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