‹ Logique et moraleChapitre 258 sur 352 · III. — LE PANTHEISME · texte numérisé non relu

III. — LE PANTHEISME

A. Sa Définition. — Les difficultés inextricables de l'accord

de deux substances hétérogènes sont levées par le matéria~ lisme ou idéalisme. Ici point n'est besoin de chercher un principe supérieur à la substance que Ion admet comme fondamentale: pensée ou matière. Cette substance doit contenir en elle-même sa raison d'être, puisqu'il n'existe qu'elle. Elle est le principe premier de toutes choses. Elle est à elle-même sa cause; elle est Vinfini, le parfait et Yabsolu, tout ce qui a jamais pu et pourra jamais exister, car il ne peutrieny avoir d'autre qu'elle. Ici le réel coïncide avec le possible, Dieu avec le monde. Il est immanent au monde, n'étant qu'un autre nom donné à ce monde. C'est le panthéisme , qui absorbe tout en Dieu, ou Dieu dans tout. Dieu n'est que la nature et ses lois. Cette conception est beaucoup moins anthropomorphique, partant beaucoup plus philosophique et rationnelle que la précédente ; elle est aussi beaucoup plus profonde.

Z?.Sa distinction d'avec l'athéisme. — A première vue, et comme elle est peu accessible au vulgaire, elle paraît se confondre avec Y athéisme. Au fond, elle en est très différente, car l'athéisme peut supposer qu'il n'y a aucune espèce d'organisation dans l'univers, que touty est livré au hasard et au caprice.

Le panthéisme suppose au contraire que l'univers a une unité. Celte unité vient d'une loi universelle, et cette loi universelle existe parce que toutes les choses ont une substance identique, un même et unique principe. L'univers, quand on le considère du point de vue de cette unité d'où se déduit toute la vérité qu'il nous offre, voilà le dieu du panthéisme.

1° Panthéisme matérialiste. — Si l'on suppose cette substance universelle, et la loi qui la dirige sans analogie avec ce que nous appelons conscience ou pensée, mais développement fatal d'une force aveugle et mécanique, nous avons le panthéisme matérialiste ou

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