II. — CONCEPTION SPIRITUAUSTB
A. Dieu personnel et transcendant. — Cet le conception s'introduit uécessai rement dans le spiritualisme , car il nous met en face de deux substances: l'âme el la matière, qui n'ont absolument rien de commun. Or, dans l'organisation humaine, il y a des rapporta incontestables entre le corps el l'esprit: Gomment les deux substances influent-elles Tune sur l'autre? Ce ne peul être que par un principe supérieur </ni les créa Puni' pour l 'autre. E1 ce principe supérieur cl créateur esl Dieu. C'est ainsi que l'entend irenl la si olastique, Descartes création continuée: tous les mouvements de la matière sont à chaque instant créés par Dieu, en correspondance avec les perceptionset volitions des âmes}, Malebranche causi s occasionnelles et vision en Dieu: Dieu nous fait voir en Lui les notions qui expriment la nature matérielle, a l'occasion des changements de cette nature), etc. Dieu est alors une substance à pari du monde, transcendante, individuelle.
B. Détermination de ses attributs. — Par définition, Dieu dépasse infiniment notre raison, puisqu'il explique ce qu'elle regarde comme inexplicable. Il esl ineffable; les théologiens entendent par cette expression qu'il dépasse notre conception et notre lanj Mais on peut, par opposition à noire nature imparfaite el bornée, arriver, d'après le spiritualisme traditionnel, à formuler quelquesuns des attributsde Dieu C'esl d'abord une personne, cm rien n'esl pins parfait que la personnalité, c'est-à-dire la conscience complète
soi et la liberté d'agir d'après cette conscience ; mais la personnalité divine est dégagée de toul ce qui limite en nous notre personnalité. C'est impur esprit, car le corps est une limitation en étendue, durée et puissance. Cel esprit possède, élevées à l'infini, toutes
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les qualités que l'on reconnaît actuellement aux personnes humaines : toute-puissance, omniscience, éternité, sagesse, justu :e, bonté, elc. C'est par suites une providence, car il gouverne, par sa nature même, avec sagesse et amour, un univers créé avec sagesse etamour. Cette idée de la divinitéest nettement anthropomorphique. Aussi bien n'est-elle considérée par ces philosophes eux-mêmes que comme un essai et une approximation.