MÉTAPHYSIQUE, SCIENCE ET MORALE
morale, à s'en préoccuper. C'est la métaphysique, au contraire, qui devra tenir compte des résultats de la morale et de ses exigences, comme elle tient compte des résultats de la science, de l'art et de leurs exigences.
Seulement celte indépendance, malgré les affirmations théoriques, n'a jamais été réalisée dan- la pratique. Et tant que la morale sera conçue comme ne pouvant s'établir qu'à partir d'une morale théorique, la recherche des principes généraux de cette morale théorique fera nécessairement une part à l'hypothèse métaphysique et ii la dialectique.
Nous avons vu que la question se pose aujourd'hui de construire la morale, en laissant complètement aux spéculations métaphysiques la morale théorique. Mais poser la question n'est pas la résoudre. La plupart des moralistes, tout en professant qu'il tant être aussi positif .pie possible en morale, et faire appel à l'observation des laits et à l'expérience, pensent qu'il sera bien difficile de
passer d'un idéal, d'une évaluation a priori, par conséquent de la réflexion philosophique.
Bien entendu, pour ceux qui considèrent connue légitimes les spéculations métaphysiques, mais veulent rester dans la tradition rationaliste, la métaphysique aura toujours, lorsqu'elle cherchera à connaître les destinées de l'homme, à tenir un très grand compte des résultats positifs de la morale pratique.
III. Conclusion. — Le mouvement le plus général de la pensée actuelle parait avoir la direction suivante :
p II tend à séparer le point de vue scientifique du point de vue métaphysique, en considérant que toute question peut être envisagée à la fois de ces deux points de vue, mais en ne permettant aucun appel au point de vue métaphysique, lorsqu'on se place au point de vue scientifique : la certitude des résultats et leur utilisation sonl à ce prix.
2° Dans les questions métaphysiques elle-mômes, et chez les défenseurs les plus nets des droits de la métaphysique, se dessine, quoique plus récent et moins universel, un mouvement connexe : se rapprocher des faits et de l'expérience, se défier des construci ions dialectiques, idéologiques, de l'imagination créatrice non contrôlée; mouvement arrivera sans doute à donner à la métaphysique les résultats scientifiques comme base nécessaire el comme repères obligés de vérification et de contrôle.
Enfin, poussant à L'extrême ces tendances, quelques-uns, beaucoup plus radicaux, considèrent que la philosophie doit être la continuation directe de la science que dan- la réalité elles
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pénètrenl toujours el que le système entier de nos connaissances el de noire pratique doil s'organiser par une collaboration continue d'efforts vis;ml à garder partout l'attitude scientifique. Celle-ci serait caractérisée par la possibilité du contrôle dans toutes les méthod< qu'elle Implique, par leur objectivité, donc par leur capacité de persuasion universelle. La métaphysique en entendant par ce mol les résultais des méthodes qui n'entrent pas dans cet ensemble organique, en particulier les résultats de la dialectique) ne serait plus alors qu'uneœuvre d'art intéressante, capable de satisfaire certains besoins esthétiques et sentimentaux d'ordre j>I us individuel qu'universel. Elle resterait même utile comme é veilleuse d'idées, à condition que ces idées soient reprises ensuite sous une forme plus précise par des esprits scientifiques décidés à les transposer à l'aide de leurs méthodes sur le terrain de l'expérience positive.
Remarque très importante. — Ce chapitre de conclusion est évidemment une interprétation personnelle des faits. — Nous la croyons justifiée. C'est à ce titre que nous la proposons à la réflexion du lecteur. Mais nous l'avertissons qu'il est extrêmement difficile de démêler des tendances contemporaines, et que d'autres pourraient tout aussi sincèrement voir les idées se classer et se hiérachiser autrement.
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Principles of psycliology de W . James ls'"> . ou The Human mind d< J. Sullj les "UN rages non traduits de Wundl Vôlkerpsychologie, L gpk, l thik, etc. , d'Ebbingh P . 1903 sq. . de Mûnstei b G Psyt h e, 19
de Kûlpe Gundriss der Psychologie, 1893), de Krapelin Psychiatrie), etc. ; de Baldwin Handbook of p& f, 1891 : de Stout Analytic psychol le Titchener !■'.'/■
mental psychology, etc. ; tes traités récents I Ingi 11, de Judd sui les
ouvrages di Sigwart. Whewell, St. Jevons, Bosanquet, Dewi
sur la logique, la méthodologie scientifique et l'histoire di Prantl sur
l'histoire de la logique; de Sidgwick, Green, Paulaen, Bucken, sur la n te. etc.
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indiqués, a anaissants de toutes les indii |u'on v<
communiquer h ce sujet.
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3* Volume du Dictionary of psychology and philosopJty de Baldwin donne une bibliographie très étendue par ordre de matières jusqu'en 1902. Cette bibliographie au étendue pour la psychologie, mais plus restreinte pour le re I continuée chaque
année dans un numéro spécial de la Psychological Revieu La Zeitschrift fur Psychologie public une bibliographie analogue. Le Bulletin de la Société française de philosophie publie un dictionnaire de philosophie encore inachevé, â raison de deux fascicules par an (références utiles). Les Archiv fur philosophie donnent aussi une bibliographie assez complète à la fin de chaque fascicule (6 par an) pour la philosophie dogmatique [Arch. /'. systématische phil.) et6pour l'histoire de la philosophie [Arch. f. geschichte der phil. , Bonne bibliographie historique dans Ueberweg : Grundriss der Geschichte der philosophie. Une bonne bibliographie générale sélective paraît annuellement à Heidelberg sous ce titre: Die Philosophie der gegenwart, depuis 1908 (elle semble devoir être plus complète pour les ouvrages allemands que pour les autres). Parait aussi, depuis 1909, parles soins de la Société française de philosophie, une excellente bibliographie française annuelle, complète pour les ouvrages français. Enfin une bibliographie complète des ouvrages italiens a déjà paru pour la période 1901-1908 sous le titre : Saggio di una bihliografia fîhsofica italiana.