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Dans la Lhéorie ondulatoire de Fresnel, la lumière esl considérée comme un mouvement vibratoire périodique transversal de réther
qu'on suppose baigner et imprégner tous les éléments de L'univers et par Là les lois de L'optique sont rattachées aux principes fondamentaux de la mécanique rationnelle grâce a V hypothèse mécaniste [nouveaux exemptes, heureux celte fois, de l'usage des grandi hypothèses).
Mais ou ne s'arrête pas encore là. Maxwell et Hertz rattachent {toujours guidés par T hypothèse mécaniste) l'électricité à un mouvement périodique des milieux diélectriques, et en particulier de ce milieu diélectrique universel qu'est l'éther du vide.
U ne analogie des formules mathématiques construites pour envelopper les lois de l'électrodynamique dans les formules de La Dynamique deLagrange, en forçant à donner à peu près la morne valeur à la vitesse de propagation du courant électrique, et à celle de la lumière, conduit à assimiler la lumière à une perturbation pério^ dique du champ électromagnétique, et lie le carré de l'indice de réfraction (pour une valeur limite) à la constante diélectrique.
Cet exemple nous montre très bien, soit dit en passant, la manière dont l'analogie des formes mathématiques peut nous mettre sur le chemin de la découverte, dans les sciences expérimentales.
Ainsi était-on acheminé vers la nouvelle hypothèse générale qui, identifiant l'électricité et la matière, permet de dépasser l'ancien mécanisme traditionnel et relie dans une synthèse, la plus large de toutes celles qui ont été tentées jusqu'ici, la plupart des lois physiques mécaniques et chimiques. D'autre part la lumière devient par la môme voie une forme de l'énergie, et toutes ses lois entrent dans les cadres fournis par les principes de l'énergie.
On voit ici comment la physique essaie de poser des principes généraux à quoi puissent se rattacher par voie de déduction mathématique toutes les lois particulières, et le rôle que joue pour nombre des plus grands physiciens, dans cette réduction théorique, la construction des grandes hypothèses. Mais il estégalement facile de s'apercevoir combien ces hypothèses ont besoin d'être remaniées au fur et à mesure des progrès de nos sciences. Ce n'est peut-être pas à dire, comme le pensentquelques physiciens contemporains, que ces hypothèses n'ont qu'une existence éphémère et vaine et qu'il faut les proscrire. Si la vérité semble se conquérir lentement par l'élimination de ce qu'il y a de caduc et d'erroné dans l'hypothèse, si Le vrai savant ne confond jamais hypothèse et certitude, on peut dire comme le savant allemand Nernstet la majorité des physiciens : « au lieu que dans les cours des siècles les théories physiques tombent comme des feuilles jaunies, il semble plutôl qu'entre cer-
MÉTHODE EXPÉRIMENTALE DIREC l !
taincs limites une vie éternelle leur soit départie; toute loi nouvelle qui a été acceptée par des contemporains éminents pourra sans doute dans son développement futur, subir certaines limitations, <'ll»' n'en restera pas moins pour tous !<•< temps la synthèse d'une certaine somme do vérités... Ainsi on ne peut pas dire que la théorie électromagnétique de la lumière, L'ancienne optique théorique établie par Fresnel et ses successeurs ail perdu de son importance; au contraire, après comme avant, l'ancienne Lhéorie nous a rendu compte de façon parfaite d'une multitude de phénomènes. <> n'est que dan- certains cas qu'elle ne suffil plus. » Et Nèrnsl conclut : " L'introduction i\r> hypothèses esl absolument nécessaire a une connaissance des phénomènes de la nature assez approfondie pour nous conduire à la découverte de nouvelles lois. Revue scientifique, L910, t. II. p. 514-515. En somme la science vise non seule me ni à donner un formulaire mathématique, mais encore à pénétrer de plus en plus la réalité, et l'hypothèse «i-l l'instrument de celte pénétration.
Conclusion: Esprit d'observation et de finesse. — La méthode expérimentale revient toujours a observer des faits, soit pour chercher une loi, soit pour la vérifier. La pratique nécessite donc et développe les qualités de robservateur. Ce sont : Vhabitude même d'observer (qui affine les sens, apprend à se défier de leurs erreurs, et à se servir des instruments qui leur viennent en aide); — la curiosité (s'arrêter à des détails, à des faits dont le vulgaire ne sait pas s'étonner, ou qu'il ne remarque pas); — Y attention (pour ne rien laissi r échapper); — la patience il faut des années parfois pour découvrir le détail important qui donnera la clef de la solution cherchée); — Y impartialité et le désintéressement (ni préjugés, ni routine, ni recherche du paradoxe et de l'originalité); — {'exactitude (ne rien omettreou ajouter); — [^précision [mesures minutieuses, éviter les confusions ; — [a sagacité et la pénétration (savoir démêler L'important] ; — [^méthode, Vérudifion (connaître tout ce qui concerne l'étude que l'on poursuit, en particulier les travaux d'autrui) ; — V esprit critique Voir p. 74(J . L'esprit d'observation est l'esprit de finesse: il discerne la multiplicité des nuances, et cherche à suivre, avec souplesse, la complexité de la réalité. Aussi, dans l'éducation générale, est-il avec l'imagination (créatrice des hyothèses le complément et le tif de l'esprit géométrique, dont la rigueur risque d'être étroite, •\ trop systématique ou abstrail