‹ Logique et moraleChapitre 8 sur 352 · LO · texte numérisé non relu

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questions de valeur ne peuvent plus être (ranci par la psychologie. Elles son l l'objet d'autres recherches, et ce son! ces rechen dont L'ensemble est appelé, depuis Aristote, la Logique.

La psychologie — et sans doute d'autres branches des scien positives (car la pensée, la connaissance, la science n'obéissenl pas seulement à des lois psychologiques, mais encore à di influences sociales, en tant qu'elles résultent des réactions réciproques des individus les uns sur les autre.-,, que leurs résultats sont avant tout communicables et qu'elle développent dans el souvent par la société), ont donc pour objet de nou.-^ dire comment nous pensons, jugeons, raisonnons, connaissons, et d'établir les lois de la pensée. Mais la logique, elle, se demande comment nous devons faire pour penser, juger ou raisonner convenablement, et connaître exactement ; elle veut établir les règles que nous devons suivre pour penser juste, c'est-à-dire atteindre la vérité.

Elle occupe (avec la morale, l'esthétique, la pédagogie), en face des sciences psychologiques et sociales, la môme place que la médecine ou l'hygiène en face de la physiologie. Celle-ci étudie les lois de la vie, celles-là ce que nous devons faire, les règles à suivre pour maintenir la vie saine, conserver la santé.

B. Définition de la logique. — On peut donc définir la logique V ensemble des recherches qui ont pour objet d'établir les règles de la pensée saine et normale.

A l'analyser, cette définition peut encore être précisée davanlage. La pensée saine et normale est celle qui nous permet d'atteindre la vérité. Elle consiste dans la connaissance vraie. 11 résulte de cette remarque : 1° que la logique peut encore être définie l'ensemble des recherches qui établissent les règles que nous devons suivre pour atteindre la vérité; 2° que les règles de la logique concernent simplement la question de savoir si les démarches de notre pensée nous ont ou non conduit à la vérité, c'est-à-dire si elles sont probantes; on exprime ceci en disant que les règles logiques sont relatives à l'administration de la preuve. La logique est la science ou l'art de la preuve.

Il importe en effet de distinguer dans les démarches de la pensée / 'invention et la preuve. Nous formulons une proposition. La logique ne s'inquiète pas de savoir comment en fait nous sommes arrivés à la formuler. Ceci est une question psychologique ou sociologique. Mais la logique se demande simplement si nous avons le droit de la formuler, si la proposition est susceptible d'être considérée comme vraie ou non, admissible ou non, prouvée ou non.

Ceci posé et admis (tous les logiciens l'accorderaient), il s'agit de

LES DIFFÉRENTES CONCEPTIONS DE LA LOGIQUE

savoir comment <>n peut arriver ;i établir ces règles, a Fonder ce droit, et c'est ici que uous entions sur Je terrain de discassions toujours ouvertes et qui ne paraissent pas près de leur fin.

C. Les différentes conceptions de la logique. — Non- avi vu, Hans l'introduction générale, que la logique était considérée par certains comme une recherche philosophique. Elle s'occupe de rechercher les lois et 1rs règles du raisonnement, par une analyse de l'esprit, et la réflexion de celui-ci sur lui-même.

N«uis ayons vu aussi que des efforts étaient faits actuellement pour constituer la logique indépendammenl de la philosophie : on ne réserverait à la philosophie que les essais de systématisation et de critique générale qui ont pour objet de nous donner une vue d'ensemble de la réalité, et d'apprécier à notre point de vue cotte réalité. Dans celle conception, la philosophie est un point de vue nouveau qui se superpose dans l'étude de chaque question au point de vue scientifique et le complète, en essayanl d'extraire toutes les hypothèses générales auxquelles il permet de s'élever. quand on ne considère plus la question en elle-même, mais qu'on cherche sa place et sa signification dans l'ensemble général de nos connaissances. G'esl un côté de chaque problème qui peut être envisagé à la suite île sa solution scientifique. 11 peut bien y avoir une philosophie de la logique, une critique générale de la per humaine et de ses lois, une critique générale des sciences et de leurs méthodes (philosophie des sciences); mais la logique elle-même doit être une recherche indépendante de tous ces essais philosophiques et les précéder.

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