‹ Logique la science de la connaissanceChapitre 1 sur 64 · PRÉFACE · texte numérisé non relu

PRÉFACE

La philosophie se décompose. De petites écoles se forment de plus en plus insignifiantes et désespérantes. M. Cousin avait ouvert une large voie à la spéculation en France, en appelant l'attention du public lettré sur les grands systèmes des successeurs de Locke et de Kant, et imprimé une puissante impulsion aux esprits vers les études historiques et psychologiques. Ce mouvement a cessé; Féclectismese meurt et ne produit plus guère que des œuvres littéraires ou déclamatoires. Tout ce qui se passe sous nos yeux atteste son insuffisance devant les nécessités logiques de la pensée et les nécessités pratiques dé Tépoque. Le matérialisme le plus grossier, sous la généreuse protection des sciences naturelles, fathéisme le plus déhonté, sous prétexte de progrès, le scepticisme le plus prétentieux, sous l'apparence de la critique, occupent la scène. Auguste Comte et son école, MM. Colins, Poulin, Proudhon, Taine, Moleschott, Bûchner et une foule d'autres, quelque diverses que soient leurs tendances, se donnent la main et sont d'accord en un point : c'est l'impuissance radicale de la raison en face du problème de la destinée humaine, c'est l'impossibilité de toute méta-

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