‹ Logique la science de la connaissanceChapitre 12 sur 64 · XX PRÉFACE · texte numérisé non relu

XX PRÉFACE

Duprat et Darimon. D'autres ont parlé avec éloge des conceptions morales et religieuses de Tauteur. Je me propose dans le présent ouvrage d*en reproduire en toute liberté d*esprit et sur un plan nouveau les théories logiques sur l'ensemble des connaissances humaines. Les œuvres logiques de Krause sont assez nombreuses et se sont succédé ])endant un long espace de temps. Ce sont :

Grundms der histomchen Logikj lena, 1803;

Abriss des Systèmes der Logik, Gœttingen, 1825, 1838;

Vorlesungen ûber die Gfvndwahrheiteii der Wmenschap^ Gœtlingen, 1829;

Die Lehre vom Erkennen und von der Erkenntniss, Gœttingen, 1836; œuvre posthume éditée par M. Leonhardi, accompagnée d'une annotation nouvelle et complète pour toutes les formes organiques de la connaissance.

Mais la logique n'est pas une science isolée. Pour exposer la théorie de la connaissance, il faut s'appuyer sur l'analyse (le l'âme qui produit la connaissance et qui sait qu'elle connaît La logique est à la psychologie ce que la physiologie ostà l'anatomie. La psychologie constate par le sens intime les organes ou les facultés de l'esprit, la volonté, le sentiment, la pensée, et décompose de nouveau la pensée en sensibilité, imagination, mémoire, entendement et raison. La logique s'empare de ces données et montre l'action des facultés intellectuelles dans la formation et dans l'organisation de la connaissance. Je préviens donc le lecteur que la logique que je publie aujourd'hui et la psychologie que j'ai publiée en 1862, sous ce titre : La Science de Came dans les limites de l'observation ne forment qu'un seul et même tout. Les rapports étroits qui unissent ces deux sciences et les développements que j'ai donnés au fait primitif de ta conscience, à la nature et à la vie de l'esprit, à ses propriétés et à ses facultés, me dispensent de m'étendre sur les antécédents de !a logique. Celui qui ne tiendrait pas compte

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de mes travaux antérieurs considérerait à juste titre commo téméraires les premières pages de la logique, oii j*expose simplement les résultats obtenus par l'analyse psychologique. L'explication et la justification qu'on est en droit de me demander se trouvent ailleurs.

La logique et la psychologie sont Tune et l'autre une préparation à la métaphysique, envisagée comme science. Il no faut rien de moins que l'étude approfondie du moi et de sa capacité intellectuelle pour ôter à la métaphysique le caractère d'une série d'hypothèses, et pour lui donner la forme et la valeur de la géométrie, qui est elle-même un rameau détache de la philosophie pure. Kant avait bien compris cette nécessité d'une critique de nos moyens de connaître pour aborder avec fruit les problèmes de la métaphysique , mais il s*était gravement mépris sur la portée de la raison. Ce sujet sera traité avec tous les développements qu'il comporte. Nous verrons que la légitimité de nos connaissances ne peut être décidée que par la solution de la question capitale de la pensée, celle de l'existence de Dieu ; point de science sans princip'e, et le principe de tout ce qui est, soit hors de nous, soit en nous, le principe d'existence et de connaissance, c'est l'être de toute réalité que nous appelons Dieu. La logique alors a sa fin dans l'affirmation de Dieu, comme principe de la science, et ce principe, reconnu dans la pleine lumière de la conscience, quand l'esprit est en possession de toutes ses forces, devient ensuite la base sur laquelle s'élève la métaphysique. La notion de Dieu est pour la métaphysique, ce que la notion de l'espace est pour la géométrie. Si la notion de Dieu est certaine, la science de Dieu peut se dérouler par le seul effet du raisonnement, d'une manière aussi régulière, aussi systématique que la science de l'espace. Tout l'effort de la pensée doit porter sur ce point. C'est à quoi tendent la psychologie et la logique. Ces deux sciences, au point de vue de la méthode, appartiennent à l'analyse ;

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