‹ Logique la science de la connaissanceChapitre 14 sur 64 · I. NOTION DE LA LOGIQUE · texte numérisé non relu

I. NOTION DE LA LOGIQUE

Toute science est un ensemble de connaissances, revêtues du caractère de la vérité et de la certitude, exposées avec méthode et présentées sous une forme systématique. L'étude de la nature et les mathématiques, Fhistoire et la philosophie, ne méritent le titre de science qu'à ce prix. Des affirmations isolées, sans relation entre elles, sont des apophthegmes ou des aphorismes, comme les sentences des Sages de la Grèce; des jugements portés avec précipitation, des indications probables, des opinions individuelles sont dés préjugés, dés paralogismes ou des connaissances vulgaires. Il faut autre chose que Terreur et l'hypothèse, il faut plus que des maximes sans suite, fussent-elles justes, pour constituer la science; il faut la vérité et la certitude, il faut la méthode et le système. La science, quel que soit son objet, est un tout organique, un corps de doctrines dont les membres sont régulièrement liés entre eux, dont les parties s*expliquent les unes par les autres, où tout se soutient, s'enchatne, se rapporte à tout, comme dans un corps vivant.

La science est Vorganisme de la connaissance ou la connaissance organisée.

Il y a donc des conditions générales pour toutes les sciences. La physique et la métaphysique, la chimie et la morale, la zoologie et l'algèbre, diffèrent entre elles par leur objet; mais toutes les sciences, quelque diverses qu'elles puissent être, offrent Tétat de nos connaissances; toutes développent les connaissances acquises par les efforts des générations successives et s'attachent à les rendre vraies et certaines, à les exposer avec méthode par induction ou par déduction, à les réunir en un tout bien coordonné, où les parties se groupent avec ordre, où les théories s'éclairent mutuellement. Toutes les sciences, en un mot, ont des propriétés communes, qui sont réunies dans l'idée même ou dans la définition de la science.

Les propriétés communes de toutes les sciences particulières sont l'objet d'une science nouvelle, qui n'est ni moins étendue, ni moins importante qu'aucune autre branche du savoir humain. Celte science est la Logique. Elle est dans le système intellectuel du monde, ce qu'est la physique dans l'ensemble des sciences qui s'occupent de la nature, ce qu'est le droit pour les sciences sociales. La physique étudie les propriétés générales des corps; le droit, les conditions, générales de la vie des êtres raisonnables ; la logique, les attributions générales de la science. Mais la logique a un plus haut caractère d'universalité qu'aucune autre branche de connaissances, puisqu'elle fixe les qualités communes de toutes les sciences, sans en excepter la physique, ni le droit naturel. Elle est née après les autres sciences dans la marche progressive de la société, lorsque l'esprit, après beaucoup d'efforts infructueux, déjà livré au doute, a senti le besoin de se replier sur lui-même et de se demander sérieusement si la science est possible, et sous quelles conditions on peut l'acquérir. Ce moment de la pensée qui parvient à la conscience d'elle-même et pose la question de sa propre légitimité, pour se rendre compte de l'étendue de ses moyens et du succès de son activité ultérieure, correspond en Grèce au mouvement de la philosophie socratique, illus-

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