‹ Logique [microform]Chapitre 52 sur 88 · II. L · texte numérisé non relu

II. L

PLATON F.T ARISTOTE

„ ralités dites abstraUes ne sobt.ennent que par in- .. duction (i.ù x«l .à ^; à^^W. Mopvcc e.ra. S. ,è«aY.Yr,;vvc^f.---) '. L'i.uluction est e pas- „ sage du part.culierà l'u.nvers.l (d^^^ «e . axo „ ..rv .aS êKa..ov â.l .« xa6ô.o. e>So;) ^ Les ra.son- « nements inductifs sont eux q.u montrent 1 un.- „ versel dans la lumière du particulier (ol Seuv.v- « ^,; xo xaOaou Stà To.^ Sr>ov elva.. to xaft-éVacTOv^* . L ui- « duction donne le principe et luniversel ; le sjl- „ logisme déduit de l'universel (^ t^àv âv, èray^v,

. >ou) 5. Les majeures sont les points de départ du « syllogisme ; L' syllogisme ne les donne pas ; c'est « donc l'induction qui les fournit (elalv âpa àpx.«" ^l , d,v ô <r>nofici.ô;, Î.V oÙK eVi cuUoYi^p;- âi:«Ya,rÀ « âpa)6. L'induction est la voie qui conduit aux « majeures {r, ira -.x, upyà; ôSo;«Stvi Icriv) :. L'induc- .. tionest donc le procédé qui trouve la proposition « primitive où ne conduit aucun intermédiaire (-cÂ; « ::so.Tr.; xal àiiiÉcou ^poTaceu,;)». Toute connaissance

. Il Anal. ., •.8.- « U.i.l.-' Top. ,. 12. - ' Il Anal. ., J. - » Etl.ic.Nie..in.v.,3.-Mlml. -niAnal.i,2:i.-MAMal.ii,23.

PLATON ET ARISTOTE

« n'est pas déductive ; les propositions immédiates « ne s'obtiennent pas par déduction (oû'te itàcav im- « CTïi«.r,v âiroJei5tTix/;v eivat, à^>.à tv)V tûv ccfAéuûiv âvairô- « âetxTov)'. Il est évident que l'induction est néces- « saire pour trouver les propositions premières (8-na >ov ô'ti TÔJiîv xà xpÛTa iizaytay9i yvupti^etv àvayitaïov)*.» L'induction est donc ce qui nous donne les majeures, les propositions primitives , celles où ne mène aucun intermédiaire logique. Car, « lorsqu'il « y a un intermédiaire par lequel une proposition « se peut déduire d'une autre , c'est le syllogisme « qui nous y mène. Mais, lorsqu'il n'y a point d'in- « termédiaire, c'est l'induction (uv pv yàp êc-ri p- « (jov Sià ToOuicou 6 cuXKo'^i<7[xhi, ùv Se ftvi ècTi, 01' èita-

Mais comment un procédé de la raison peut-il trouver des propositions primitives et sans intermédiaire, puisqu'il est démontré que toute connaissance rationnelle vient de quelque donnée antérieure (wôcsa SiSa(r»a>.ia Siavonrix-À êx Trpoiiirapj^oucKi; YÎvETat Yvwoêt»;) 4? Le voici : ceci est comme le résumé de la Logique d'Aristote. C'est le dernier chapitre de ses Analytiques.

' 11 Anal. I, 3. — » II Anal. 11, 19. — M Anal, u, Ï3. — ^11 Anal. I, i.

pi^ATON ET AUISTOTB.

PLATOiN ET AHISTOTE.

... ,nrlé dit Aristote, du syllogisme «Nous avons parR, .U- la science

,.t de lu déduction, et, en même temps,

.... c'est même chose. Quant aux pnn-

•'^^-''^'•^ •' "'V.connV.t-on ? comment s appelle

ripes, comment les connaît

,a connaissance que l'on en prend

« rvidemment on ne peut acquenr aucune

. • r .. ..P connaît .l'abord les prescience déducLve, s. 1 on ne conna. -

. • „. ...vniiels ne mène aucun uitei me miers pnncpes auxquels ,,., est-elle

aiaue. Mais la connaissance de ce p. m ,

, -^P mture nue celle .les déductions? \ a-t .1 (le même naiurtî ijuc

. 1 .. l>H«n science seulement poiii

science eus ui^ha, «.-^oîcvnnrc*

les cléauction. et une autre espèce ae connaissancr T.sv>nnc.pes>(:ette possession des principes

'"'"^ * ^.K^ent-elledudeh^

,.^-') est-elle acquise et mciu

" „ ,.c ir-ihord à notre insu? H serait

bieoest.eUeeunousil.il>oiaa

etra.v- qu'elle fut primitivement en nous ; carnous

,.c *;.ins le savoir, des connaissances aurions en nous, sans le savun,

' • t ..!,,< rhiresciue celles que nous en plus précises et p'"^ ^ lairtsquc ^ i

I,é.lu!sons. ( >u.- s. nous la recevons du dehors, s. nous ne rav..ns pas toujours en nous, comment

..v,aUr' pt .innrendre sans aucune pouvons-nous coiiuaitrt et appicnu.

• ^^ .^.u-ilihlc- ^ C'est impossible, comme connaissance pieaiabu . '^tst i , , r .

nousTavous montré. ^U est donc clair a la tois que nous ne possédons pas d'avance les principes, et que, dVin autre cùlé, ils ne surviennent pas en nous, si .lous n\Mi possédons d'abord quelque

chose. Il en résulte nécessairement que nous les ^ possédons en puissance, mais en puissance implicite et obscure. Tout être animé paraît avoir une puissance analogue, puissance innée de percevoir, qui est la sensibilité. Seulement la sensibilité éveille la raison chez l'homme, tandis que chez les animaux elle ne réveille rien. La sensation éveille d'abord la mémoire, et la mémoire souvent renouvelée fait l'expérience. De l'expérience et de l'universel reposant dans rame naît le principe de chaque science. De sorte que nous n'avons pas d'abord en nous la possession actuelle et déterminée des principes; ils ne nous sont pas venus d'autres principes plus clairs ; ils nous viennent de la sensation. Mais comment? Comme quand les individus dispersés d'une armée en déroute s'arrêtent et se rallient j)arce que l'un s'est arrêté. Qu'une sensation unique s'arrête aussi dans notre esprit^ aussitôt le premier univei^el, qui est déjà dans l'ame, s'étend au genre dont un individu nous a frappés, jusqu'à ce que l'universel déterminé en principes particuliers (iiniversdlid in particulari: Toiivfîs Cwov ew; '(wov), se pose clans notre esprit. Évidemment c'est par l'induction que ces principes seront déterminés en nous ; car c'est aussi par induction que la sensation ellemême nous élève à runiversel.D'aprèscela, qu'est-

PLATOS ET ARISTOTE.

ce que la connaissance explicite des principes? Ce n'ix pas la science. Car la science est d.scurs.ve déductive, et les principes sont antérieurs et son

1 ^lo'.nc T 1 aéduction ne saurait être le encore plus clairs. La ueuutiiu

principe de la déduction. Celte connaissance explicite des principes, il faut la nommer intellect. L^intellect est le principe de la science. L intellect est le principe de. principes de chaque science, et il s'étend à toutes les sciences. »

Ce passage suivi, qui est le résumé de la Logique d'Aristote, nous fait connaître toute sa pensée. Il y a d'abord dans l'âme une puissance des principes (xtvà U.^^^.^)Xinte\\ect en puissance et indéterminé. Cet intellect possible, c est la lumière même de la raison, représentée en nous par la possession ne^ cessaire des axiomes, qui sont des lois idéales et nécessaires fondées sur l'existence de l'Etre nécessaire : en d'autres termes, il y a d'abord en nous une lumière implicite qui nous vient de Dieu. Les axiomes {àl^i^imxoL) sont les lois, les principes communs ( xoiva) de la science, et ne viennent, ni de rexpérience, ni de l'induction. Ils sont absolument innés à l'âme. M faut nécessairement les posséder d'avance pour connaître quoi que ce soit. Quant aux principes particuliers, principes qu on ne déduit pas, mais qu'il n'est pas nécessaire de pos-

PLAÏON ET ARISTOTE.

séder d'avance, et à partir desquels la science dérive par syllogisme, ces principes viennent de l'expérience par l'induction.

/ L'intellect possible (nvà Suvapiiv) devient une intelligence actuelle et déterminée (ïUiç àçoptcpvaO lorsque la sensation vient éveiller cette puissance. Une seule sensation suffit pour réveiller dans l'âme le premier universel (cravro; yao twv àStaçoptov évoç, TîpwTov uLEv £v T'I J^u/T. xaÔoXou). Douc, puîsque l'induction est le passage du particulier au général, il est clair, conclut Aristote, que c'est nécessairement par induction que nous connaissons les principes. C'est par l'induction seulement que la sensation peut mettre en nous l'universel (>cai yàp xal aiGÔvidiç oÛTw (èTTaywyr) to xaGoXou spLiwOiet).

Tout ceci se confirme par d'autres passages d'Aristote. Il distingue partout les principes d'un côté, et de l'autre la science qu'on en déduit par syllogisme. Mais les principes sont de deux genres trèsdifférents (ai yàp àpyal ^tTxai): ceux qui sont les règles de la démonstration, et ceux mêmes au sujet desquels on démontre {il wv xe xal iTÊpl o). Les premiers sont les principes communs, les autres les principes propres à chaque science (al [^àv ouv il wv xoival, ai ^è irepl Ô iStai). Les principes dont on part dans les sciences démonstratives, dit-il ailleurs,

PLATON ET MUSTOTE.

* . • «c i^rnnres de chaque

sont de deux sortes, les P-^P^' ^ S'iv ,^.1 science, et , es principes co..u^XJ^^^^

- s> v...â^ ' La démonstration compren pçwSe/oiva) . ,p nir nuoi on démontre cessairement trois choses: cep rq ^.

(axiomes, le principe P-P--^)' ^^^j!^^"^^^^,, jela

nntre ce dont on démontre, ou 1 enscmUit montre, ce uu .^^^ ^^^^

déduction scientifique (avav« ^P, -^^

'.»l .t.ûv rhv àrôSer,-/. Les prn^c.pes corn ^ ^Epv Ttxai w(ov .r. nécessaire de

m„„s sont des prmc^equd^^^^^^^

posséder d'avance pour ttre capa d'apprendre quoi que ce soit (.v . -y- ,- J ^^ , ,,. „ vî 11 faut les avoir d avance,

« ,.oiit l('s recevoir en écoutant (^Aet Y^p "^^P car on ne peut k s i * ^ r^^cT^i^ 4

, lo r^P nui est dit dans le Menon, que

V 1 ji est le sens de ce qui cm ,.!%/!'

^^s^ence est réminiscence, ,0...^--^^-^^^^

... .V. ^- ^ ^^^-^ -^^^^"^^ • '^ " " .Cu- Pon n'ait jama.s d'avance les connaissances pat eu

lières, mais, au momentmème ou ^^^^^^ père, nous prenons connaissance de 1 md.v.due , comme SI nous le ...connaissions; car d y a des choses que l'on sait immédiatement. (OuSai^o. y«P

, ifi t II Anal 1 - Ml Anal. i>%-' ^«1- m, :$. « Il Anal. 1, 40.— I' ^"^^' *•

— "i Anal, ii,'^**

PLATOiN ET ARISTOTE.

cuaêatvst 7:po£7rtCTacÔat to Y.él exacTOV, oiXk à(/.a tyi siraycoy?, \ai]jJo(V4ti^ T7)V twv xaTa [xepoç eirtGTYip.v wcirsp àvayvcoptCovTa;- âvia yàp e^^^^ '^«^F^^) '• L'axiome est une loi nécessaire, absolue, comme celle-ci: On ne peut affirmer et nier en même temps le même du même (^ey^ ^^ xoivàç oîov to irâv (pavai % àirooavat) ^. Les axiomes embrassent sans exception tout ce qui est, et non pas tel ou tel genre d'être pris à part, à l'exclusion des autres (airact yàp uTrapysi to^ç oùgiv, àXko^ YEvsiTivl ycopiç iSia tcov ciXkiù^) ^. Aussi, d'où dépendent les axiomes? Dépendent-ils de la géométrie ? Non ; de la physique ? Non. Il y a au-dessus de la nature quelque chose de plus haut que la nature. Celui qui s'occupe de l'universel et de la substance première, celui-là est à la source des axiomes (axel (V â'cTtv tou çudixoO tI avwTspw...... tou

xaÔoXou xatToO' irspiTTiV TrpwTTiv oÙGtav ÔscopTiraou xal 'h Tuepi TOUTOV av siv) cy-syiçj .

Ainsi, d'après Aristote, les axiomes constituent les premières données innées qu'il faut posséder d'avance. Leur universalité, leur nécessité vient de ce qu'ils sont fondés sur la nature même de l'universel et de la substance première, c'est-à-dire de

» 1 Anal. II, 21. - * Il Anal, i, 32. — =^ Met. m, 3. — * Met.

PLATDN fcT AKISTOTK-

PLATON ET ARISTOTE

Dieu de Dieu supérieur à toute nature créée et contingente. Celui qui s'occupe des axiomes s'occupedeDieu indirectement. Et, chose admirable! Aristote posant le premier des axiomes, le principe de contradiction, comme fondé dans Tessence de Fétre premier, pose implicitement cette belle vente qu'il développe ailleurs,-nous Favons vu à propos de la Logique du panthéisme, - que celui qui attaque la vérité des axiomes attaque l'idée de Dieu /^ et la détruit, et que, si quelques-uns attaquent la vérité di* l'axiome fondamental dérivé de l'idée de rètre, il suffit de leur démontrer que Dieu existe. Certelil lui fallait du génie pour voir ces choses avant le mx*- siècle, avant la venue de la Logique

du panthéisme !

Quoi qu'il en soit, outre les axiomes qui sont universels, nécessaires, possédés d'avance et innés, qui sont, comme l'intelligence, en puissance, puissance innée (S-ivaa.iv saouTov), et qui résultent en nous delanatinedeDieu,^il y a les principes propres de chaque science (àpxTi e<îTtv... to irpwxov tou yevou; icepl Ô SeizvuTat)^ Cesprincipes-là,on ne les possède pas d'avance, quoiqu'il n'y ait pas d'intermédiaire qui y conduise; on peut les appeler /A éj^^J". Ces

* Il Anal. I, 6.

thèses ou principes propres, majeures des syllogismes, majeures qu'on ne démontre pas déductivement, ni par aucun intermédiaire (àascou ^'àpy^ç GuXT^oytGTLXYic) *, il n'est pas nécessaire de les posséder d'avance : ce qu'il faut posséder d'avance, ce sont les axiomes (yiv ^'àvayy-vi â'yetv tov otiouv [jt.aôrjffo|J!.evov, a^twjjLa) ^. Mais comment les trouve-t-on, ces majeures acquises? Par l'induction, par l'induction appliquée aux données de l'expérience ( H(jt.îv tol TTpwTa èiraytoYYi yvwpiî^eiv âvayxatov. Tàç [xêv oi^joLç tocç repl exacTOv Ê[JL7rgtptaç£CTt7:apaâoijivat) ^,

Voilà donc toute la Logique dans ses grands traits. C'est la Logique de saint Thomas, c'est la Logique complète. En présence de cette simple esquisse, dans laquelle nous croyons être, à peu de chose près, d'accord avec les beaux travaux contemporains sur Aristote 4, qui, selon nous, ne sont

* Il Anal. I, 2. — * Anal.i, 2.— ^ n Anal. ii, 19.

* Nous sommes d'accord, touchant l'induction aristotélicienne, avec M. Barthélémy Saint-Hilaire en ce qui suit : a La théorie de «l'induction est présentée ici d'une manière très-concise; et « cependant Aristote y attache la plus grande importance, puisct qu'il reconnaît que l'induction est, avec le syllogisme, la seule « chose sur laquelle se fonde la certitude. L'induction est le syl- « logisme (le raisonnement) de la proposition immédiate, c'est- « à-dire de celle qui ne peut être le résultat d'une conclusion « ordinaire. C'est quelle est alors une majeure indémontrable. « Toutes les majeures qui ne sont pas la conséquence de prosyllo-

IM vTON ET AIUSTO'H:.

' .,. .v.r les commentaires tle saml Thodépasses que pai Us coin . ^^ M Je

Z on partage le profond etonnementde M. de maî», i o ' A^\\tM(\ • « l.e genre

Maistre à la lecture de ce texte de Rud . g

.. ,.u„ain s'étant fatigué pendaut deux nulle ans

, . ,,„ i,.s..l,ti.nl avec- autant (!.■ cerlitudo que

. les .onrlnsions ■■"-"""«' ' ,,,^je. Dans le svllo-

« «l"-'-' n<.l-..l.";"- 1'^- " ' " •nairw-nsnilclesnMnoM.os . ..smc, on prend 1, > nK,,- - '"■",,^',,,„,u,„..nlo qu'on "^ «' ''■^'■T ";;;::;;;:: IVàlUn.rolounr encon. in ,, a svllo-

« acquiert ( (■> maj« m» » ..,. lin rt lOii irarnverait

. ,ismc orrf/««/,-e, la n-H,.„ 1,.- . .a. •;'''';[',,. „„.

,„..r.nnrosvllo<'isnic, sans jauiai> tiniis, rdo limitts. i. u j.'i-ni.cni)ros\nOnisiii , j .,,|,^ IId.Iik lion pas

„ ae s.v.lo,i.nu., pu,s,p,e sans ^' '^ ; , . „ ,,„„ i,,,,!-

« «im sont la ^''iiH ' mui^.'». ^ ,iinc

I:!n;t,a]uc..ii.-.u..M,.nepouU'?C^.stMU^^ M..tn, n.nin.M. i^avaiss.n, M. Uarth.l.n.v Sa,..t-lUla^K, nu^ r.Vuu.lsicnia^-tal,lu-lout-l.antlaa.ncrenc..vid.^

: ::i;,na;i.1.nn.tP-<ll.Mu..n.Mlausle^

„ „HM.t.. or. rn parlant tir,. ,iur notre auteur m. ut ac dut cU nndurtit.n, eomuieut p.ul-on atlmatrc (pi au lond rç ^o,t un svilogisme?Jc distpn- diuv iaon.lt "^ tlont Tuu trouv. les u^ajeun^s dolit rautrt. tlr.luit K . roiiseqa.n.-.s, .Lmt Tuu rciuoiileiai sans fi„ dan> >areeherth., ai.nl TaiUrf .ni tienne un P^n; ;le dpart àVcsprit, dont Inn ne saurait arriver a ^^ ^'•^"■" ' ^ l'autre dtum. IfspnncqH-s .U. la snr.uv. w dis (pir co dtux procédés sont uuuiifestemenl distinct^. .It crois pouvoir houlcniniu ll^

f^ Anal. il,23.Tid(ltH;iH>nd.' M. Barlhélemy Saint-Hibirc.

PLATON ET ARISTOTE

a chercher la vérité à l'aide du syllogisme, Bacon (( proposa l'induction comme instrument plus effi- (( cace. Son nouvel instrument donna aux pensées a et aux travaux des chercheurs une direction plus

ne diffèrent point par la forme comme le syllogisme ordinaire difftre de l\'ntliymème,mais qu'ils diffèrent par le sens et le fond. Oc sont deux procédés irréductibles, auxquels tous les autres se ramènent, dit Aristote. Ce sont deux procédés inverses, dit encore ^ Aristote (rivà rpo'irGv àvTÎxeiTai), inverses par le point de départ, inv. iscs par le résultat, puisque l'un va du général au particulier, lautre du particulier au général; et non-seulement inverses, mais autres dans le point essentiel. Et quel est le point essentiel? No-^ trc auteur nous le dit : «L'élément essentiel du syllogisme, c'est « \emoijen. » {Pion général, p. LVii.)Or précisément l'induction n'a pas de moyeu. C'est en cela même qu'elle diffère du syllogisme, dans le fait, comme d'après Aristote. L'induction diffère donc du syllogisme i)ar le point essentiel, d'après notre auteur. .Notez Lien que l'induction ne diffère pas du syllogisme, comme l'enthymème qui souft-entend une des prémisses. L'induction ne sous-cntend pas le moyen, puisqu'elle n'en a pas, comme le dit sans cesse Aristote : « Là où il n'y a pas de moyen, c'est l'induc- (( lion qui agit; là où il y a un moyen, c'est le syllogisme. » Par . exemple, quel moyeu y a-t-il entre le fini et l'iniini, entre le ^ monde et Dieu? Là, le syllogisme seul ne peut pas passer. Là l'induction est nécessaire. Les principes, et surtout les premiers principes, se trouvent nécessairement par induction, dit toujours Aristote. Là, dit-il ailleurs, le syllogisme ne peut rien, c'est donc à l'induction d'agir. — Deux choses, je le sais, peuvent, dans les textes d'Aristote, tromper le lecteur sur ce point. C'est qu' Aristote, comme le remarque M. de Maistre, et ce que notre savant v auteur sait mieux que nous, c'est qu' Aristote emploie le mot syllogisme, tantôt dans le sens général de raisonnement où il signifie aussi l'induction, et tantôt dans le sens propre et technique où il est l'opposé de l'induction. C'est en ce sens qu' Aristote dit: « L'induction est le syllogisme de la proposition immédiate,.-.

PI.VTON ET ARISTOTK.

. utile que ne l'avait fait l'instrument aristotéli- « cien, ot l'on peut le considérer comme la seconde . grande ère des progrès de la raison humaine '. .. Il est impossible de se tromper plus radicalement

. .MtPnroposilion immédiate que le syllogisme ne peut donner... « celti i>ropo!.iuuii . .^..„„i,„,c pris dans les deux

Voilà dans le même i.m<-;i;.'c, le mol s> Ilotisme pr ,.

„,i i;..,i \nstMir nul iM.uventdun cas païutiHiti sens. En second lnu, Ai i-i"i' 1 ■" nirtiniliers

♦ :. .'iiiw'liiro ili' tous H M CdS lidlllLUiii i s

de rinduclioo, qui .uosistcdtuutlu t Ut lou. Hu ..M..ral,.-.st-à-ainMlu général au gênerai, de Ums à tous Z^ re cas ruHiuction n'est plus seulement un syllogisme, c c^t nn ' dentiU^ ou phHot une tautolo,i.^ Dans ce cas singulier 1 inimt uitniiu, i impossible, stérile

duction ntst pUn qn une lormt sitiui. ., ,^.,^ ,^^ ^„<, ^a,.. comme la tautologie, possible quand on connaît '^^^^^"^^ ticuUers, imposMhl. quand on ne ks «7«^^l'^^^^^ J^^^î^^ toujours. (> if e>t Wis la liuduction feronde qui e.t l am du ra sonnement humain d tiui donne W^ principes. Quoi *|u il en soit, „ou. avouons .pu- 1 aulorit.' d'un savant qui connaît certainement Anslol. niHUx que mnis, A qui, par travaux nous a aidé nous-mème a le eunnaltre, doit nous mettre en défiance. Il se peut .lunr, a la rigueur, que nous nous trompions sur la pendre dAn>lote au sujet dt. l'induction. S'il faut que 1 erreur soildcnutrr .■ < u du r.Vte de tant de savants hommes, il est probable davau.. qa elle est de notre coté. Néanmoins nous leur soumettons ee qui suit. Ne sv piut-il point que, convaincus d'avance de riibntilr du syllogismr et de l'induction, ils maintiennent cette identité en thèse générale, tout en montrant fort bien dans le détail, d'après Aristote, comment les deux procèdes sont radicalement distincts? Celte distinction, encore une fois, est évidemment d'un autre ordre (lue celle du syllogisme et de l'en- Ihymème. Elle n'e>t pas dans la forme, elle est dans l'essentiel du procédé. Car, [misque Ir terme essentiel du syllogisme est le moyen, il s'ensuit ([ue là où il n y a pas de moyen, il n'y a pas l'essentiel du syllogisme, il n'y a pas de syllogisme. Or l'induc-

» II. Reid's ^mlijsis of Jristoie's Logik,\i. UiO.

PLATON ET ARISTOTK.

sur rimportance et la solidité de la Logique d'Aristote et sur la presque nullité des travaux de Bacon. Bacon n'a fait qu'enfoncer, à grand bruit et de la manière la plus gauche, la porte de la science, par-

lion n'a pas de moyen. C'est sa définition et son caractère propre. Donc elle n'est pas un syllogisme.

Mais il se peut aussi qu il y ait ici, jusqu'à un certain point, dispute de mots. Si l'on m'accorde que le syllogisme et l'induction sont deux procédés inverses, que l'un déduit par voie d'identité une conséquence d'une majeure donnée, par un intermédiaire indispensable, tandis que l'autre, sans intermédiaire, sans déduction possible, pose les majeures immédiates que l'on ne peut tirer d'autres majeures; que l'un descentl du général au particulier, que l'autre monte du particulier au général; que l'un nous jetterait dans une recherche sans fin, et rendrait la science impossible, que l'autre donne un commencement à la recherche et pose les priiR-ipes de la science, si l'on m'accorde tout cela, j'accorde, de mon côté, bien volontiers qu'on peut donner au mot syllogisme, comme le fait Aristote, outre son sens propre et technique, un sens général qui le rend synonyme de raisonnement; que, dès lors, l'induction, qui est l'un des deux procédés essentiels du raisonnement humain,rentrera dans la catégorie du syllogisme,c'està-dire du raisonnement, et qu'elle y rentrera, non pas arbitrairement, mais parce que, comme le syllogisme, elle va d'un point de départ à une conclusion. Seulement, ainsi que le montre Platon, le syllogisme proprement dit ne s'élève pas plus haut que le point de départ, jusqu'au principe non contenu dans le point de départ

Et, puisque nous avons cité M. de Maistre, nous devons signaler une singulière erreur de fait dans ce qu'il dit touchant l'induction baconnienne comparée à celle d'Aristote. M. de Maistre a v pleinement raison contre Bacon, en soutenant qu'Aristote a connu linduction véritable, et que Bacon n'a inventé qu'une machine sans valeur. Mais, chose étrange! en parlant ainsi, M. de Maistre attribue à Bacon l'induction même d'Aristote, et il la condamne

PLATON ET x\RISTOTK.

PLATON ET ARISTOTK.

failement ouverte d«}jà, puisqu'on venait dy voir passer Kepler et son escorte. Aristote, au contraire, a créé la Logique qui subsiste et qui subsistera. Aristote a connu beaucoup mieux que Bacon, ainsi

.la,islîae(.i. Voiri la ,>, uv. ,lu f;ut. M. de Maistre cite une théorie

aerinaurii<.nMn.-lia.-n.vj.tt.,..rr.sparnlrs: . Unejovm. « vicioiisc dr liiHludi..n, nous Imv.nuns pruint-nrr; la lionne, „ „.,n. la <ln„i,ons dans le Sorum Organum. »> M. d.' Mni«tre croit que nit.' tlm.nn de rindiiriion est .■.-II.- dr llaruu, tandis que Bacon la repon-^r: . t M. Av Maistre la rejrtt.' ;i son tour, comme minielUfîilde, en lui lu-cIVrant r.IIr dAristolr, tan.li> (lUC c'est pncisément (rllr d Annote. Il «st tclii'rn.-nt M-ai qu.' c.'tte théorie de nndurtL.n, n'jit.v par lîarou, est.. die d'Aristolr, (|iie nous allons la mettre ni i:t. . ^^^■^■ d.-s pliras.s irAn^tute. V..iri d'ahord comment Bacon nous la pii^eiite : « l»asso[is au ju.?ement, à Tart .< de ju-er, où il s'a-ii de la uauire de> preuves et des démons- « trations. hanse, t artde jn-. r itri <iu'il est vulgairement admis) <( on conclut, on |»ar luductinn, ou par syllof^'isme. Car l'enthy-

„ nieOH rrxeiiij.l.- ne sont (|ue le syllo^'isme ou Tioduction

.( abr« •■-••-. (Hianl an in/.i.n nt .|ni -c fait par induction, il n'y a «( pas hraiiiHupànoi,^ , ,., , . l<r. r,"e>l p;u- on -. id et même acte c( de ropritijur cr Mtt"..n dierrhe <-t ti,,M\V' rt jugé. Car ce u'est \/ « par aucun iiUnnir-iiaii* que -"mim ^ . * jugi'inent, c est mite médiatement, à peu pre> f.ininie daii^ la sensation. Le sens, »c en face de ces ohjels prenur!<, -iii-it, rounne du même acte, «sa pere.ption, et en admet la vente. Il eu est autrement du (( syllogisme, mi l;i pixuive u'i st jias immédiate, mais se donne H par un intermédiaire. Autre «si la découverte du moyen, autre d lejugemcnt >\\v la ( oiiséqoence : ici l'esprit est d'aliord discursif M et ne s'arrête qu'ensuite. Mais ct^tte forme vicieuse de l'induc- « tion, nnu> 1 rn\(.\oiis nettement promener : quant à la bonne, « nons n tivoyoïi^ au Noimm Organum. Nous eu avons dit assez « sur le jugement par induction ('). »

(*) De Augineol. scienrinrtini. IJb. V, cap iv.

que le remarque fort bien M. de Maistre, « rince duction, qui est Tâme du raisonnement humain (f dans tous les objets possibles. »

Aussi, nous souscrivons très-volontiers au juge-

Mettons maintenant en grec, et mot à mot, le latin de Bacon :

Transeamus nunc ad judicium, sive artem judicandi in qua

agitur de natura probationum, sive demonstrationnm. In arte

autem ista judicandi (ut etiam vulgo receptum est) aut per in-

ductionem aut per syllogismum concluditur: ô(xoia)ç ôè xal Trepl

Toù; Xoyou; oî Se ôià exuXXoyiffp-wv xal oî ôi' èixaYtoy»^; (II Anal., I, 1). — Twv ôè ôtà TOU osixvuvat... xè jjièv ÈTiaYCOY^Q ê<tti, tô oè (rvXXoyiffH-^^ (''^''*-

Rhet., I, 2). Nam exempta etenthymemataillommduorum compendia tantum sunt : r^ yàp oià TrapaSetytiàTwv, ô è(TTiv èuaywYyi, -n ôi' £v8u|xri{i.àT(i>v, ÔTtep èffTi ffuXXoYiT[J.6; (II Anal., I, l). — ëori yàp t6 [xèv îrapâÔEiYiAa èuaytoY^i, xh ô' ÈvQujjiyjfjLa (tuXXo Yio"[Ji-6; (Art. Rhet., I, 2). At quatenus ad judicium quod fit per induetionem, nihil est quod nos detinere debeat. Unosiquidem eodumque mentis opère illud quod quœrituretinvenituret judicatur : àjAa t^ èTtaY^Y^ Xa[x6àv£iv ■niv Twv xatà (lê'poç è7:i(TTyi[jiY)v wausp àvaYvwpîÇovraç. "Evia y*P £Ù6ù<;

fcr|XEv (I Anal., n, 21). Neque enim per médium aliquod res transigitur, sed immédiate : wvSèiiy) èaxt [xéorov, ôi' èTcaYtoY-n? (I Anal., II, 23); — Ttîç TTpwTriç xai àfiéffou TipoTàffEwç (II Anal., Il, 23). Eodem

fere modo quo fit in sensu. Quippe sensus, in objectis suis primariis, simul etobjecti speciem arripit, et ejus veritati consentit :

TouTo S'cîX^çÔw 6i' ÈTraYWYÎi; Â S'' aîffÔiQaswi;, — xai y«P ^*^ af^Oriertç oÛTtoT6xae6Xo'j£(X7roiet(llAnal., II, 19). Aliter autem fit syllogisme, cujus probatio immediata non est, sed per médium perficitur

(xpoitov Tivà àvTixeixai i\ èTiaYWYiQ tw (tuXXoyi<t{jlw* wv jxèv yàp eaxi aeaov, ôià TOÙ [A£(jou ô ffuXXoYi<r(Jt6ç) (I Anal., Il, 23).

Nous le voyons^ c'est l'induction aristotélicienne. On peut s'en assurer encore en consultant les textes du Novum Organum, où Bacon décrit l'induction qu'il donne commelégitime et comme toute nouvelle {intentata).

Du reste, M. de Maistre se trompe bien gravement du même coup au sujet de l'induction d'Aristote, dont il croit démontrer

3^ PLATON ET ARISTOTE

ment de M. de Maistre sur Âristote : « H n'existe, « ni chez les anciens ni chez les modernes, aucun a ouvrage de philosophie rationnelle qui suppose « une force de tête égale à celle qu' Aristote a dé- « ployée dans ses écrits sur la métaphysique, et no- <. tamment dans ses Analytiques. Us ne peuvent

la parfaite identité avecle syllogisme. « Qu'importe que je dise: « Tout être simplr rst indestructible de sa nature : or mon ame « est un être simple, donc elle est indestructible; ou bien que je « dise iumiédiatement : Mon iime est simple, donc elle est indes- «trurtible? C'est toujours le syllogisme qui est virtuellement I. dans l'induction, (i.mme il est dans rentliymème. Onpeut diiv « même que ces deux dernières formes, ou ne diffèrent nulle- M ment, ou ne dittVrent que par ce que les dialecticiens appellent « k lien, mais iiullenimt dans leur essence. » Grave erreur. L'enthymèmr' est nii pur >)ilu^isme, ayant positivement trois termes dont l'un est NMi>-eiilendu dans le discours. I/induction, au conti^iire, manque de muveii teiine, car c'est ce qui la caractérise. L'induction est le iiroréd.- (lui s'eleve du particulier au général, dit Aristote. Entre le particulier et le ^/énéral, où »!st le moyen terme? Il y a l'infini entre les deux. Aussi Aristote ne dit nullement que le moyen terme est sous-eiil» ndu dans l'induction, il dit qu'il n'y eu a point. Touj«)urs «'St-il (lu'à travers ce» deux erreurs qui ^ rompensent^ M. de Maistre se trouve avoir raison dans son arfîtniation générale contre Bacon. Bacon rejette l'induction aristotélicienne, c'est-à-dire l'induction telle que l'esprit humain la [uatique, pour lui substituer une machine {n&vum organum) qui jamais lu produira rien.

M. de Maistre dit d'ailleur> expressément que cette forme d'induction, que nous voyons être eelle d'Aristotc, n'est pas l'induction ordinaire de liacon. Cett»' dernière, il l'a vue et jugée avec ce coup d'œii du génie qu'il (lorte si souvent dans l'ensemble^ lors même qu'il se tronip»* sur les détails.

PLATON ET ARISTOTE

« manquer de donner une supériorité décidée à a tout jeune homme qui les aura médités et com- (( pris. »

QUELQUES ANTÉCÉDENTS SUR L'INDUCTION

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