‹ Logique [microform]Chapitre 55 sur 88 · W'II · texte numérisé non relu

W'II

gUELQUES ANTÉCÉDENTS SUR LINDUCTION.

les auatre règles do Newton, Régula philoso-

. Elle est bien plus difficile et b^en plus ut.le que . l'autre ; car la pbilosophie nature le et la ph.losophie de l'esprit ht.main étant dos sciences de pure induction, la Logique de l'induction est rinstrument de toutes les découvertes qu on y

« peut faire. » ^ ,i i «^

Ces deux raisons, dont parle Royer-Collard, sont les deux procédés de la raison, et constituent les deux Logiques, qu'on peut appeler, l'une Ug^^u. Ae déduction, qui va du même au même, 1 autre Lo^-que din^ention, qui passe vraiment du connu

à l'inconnu.

Plus loin Royer-Collard discute si le fondement de l'induction est un principe nécessaire ; si les deux jugements sur la stabilité et la généralité des lois de la nature sont des jugements nécessaires. Il affirme que ces deux jiigements ne sont pas nécessaires, et que l'on conçoit parfaitement la possibilité des deux propositidns contradictoires a celle-là; c'est ce dont chacun ne conviendra pas. Ces deux jugements sur la stabilité et la généralité

d'Aristote et de Bacoo. Mais s'il se trompe sur ces questions de fait, ^^ il a raison sur l'idée de la véritable induction.

QUELQUES ANTÉCÉDENTS SUR L'INDUCTION. 39

des lois de la nature ne sont, comme nous l'avons remarqué, qu'un seul jugement fort simple, que voici : Il y a des lois. Or se peut-il qu'il n'y ait pas de lois ? La création n'aurait pas de sens, l'œuvre de Dieu serait déraisonnable. De ce que Dieu est sage, il suit qu'il y a des lois dans son œuvre. Ce jugement est donc la conséquence légitime de cette vérité nécessaire : Dieu est sage.

Quoi qu'il en soit, Royer-Collard dit très-bien ailleurs ' que ce procédé est l'évaluation des signes ou l'interprétation du sens de la nature : « C'est Pince duction, dit-il, qui nous met en rapport avec la i( nature, qui crée ce que Bacon appelle « le com- " merce de l'esprit aux choses {commerciiim mentis a et reruni), » Sans elle l'univers ne serait qu'un ff vaste cadavre : l'induction lui donne la vie, et lui « prête, en quelque sorte, la parole, en nous apa prenant que chaque événement est un signe dont « la valeur est constante, et qui nous révèle à la fois « l'événement qui a précédé et celui qui va suivre. « Ce langage de la nature est l'étude des enfants a comme celle des philosophes ; mais les philo- « sophes, dit ingénieusement Reid, en sont les cri- « tiques. La nature ne ment jamais, ajoute-t-il aus-

^ Œuvres de Reid, 2* édit., t. IV, p. 282.

. .U6^.» pour nous, rophàter d-i„,erpré.e^»"

. Uopge, ou pour vouloir n».erpre » e„ «a,n

. •. „oc intpUicible, nous tom-

„ cas où il ne nous est pas inteuit,iu.e,

. bons dans une foule d'erreurs. »

Ainsila nature parle: elle est un s.gne dont,

faut con,prendre le sens. Ce sens, évidemment c est Dieu, sa loi et sa sagesse ; et il y a un procède qm va du signe au sens, de la nature à Dieu ou a la lo.

qui est en Dieu.

Ailleurs, Royer-Collard entre plus profondement encore dans l'essence de ce procédé • . « Le procède « par lequel nous passons de notre propre durée „ à la durée des autres existences, et de la a la « durée universelle et nécessaire, est le même qui « nous fait passer immédiatement de notre causa- „ lité et de notre substance à la substance et à la , causalité extérieures. Ce serait une grave erreur « de le confondre, soit avec la déduction, soit avec „ cette autre induction sur laquelle reposent les « sciences naturelles, et dont Bacon a tracé les lois'. « Je ne déduis point de ma durée la durée exté- « rieure : elle n'y est point contenue ; encore moins

* œuvres de Reid, 2" édit., t. IV, p. 383.

> Selon nous, Royer-Collard se trompe encore faute de connaître la vraie nature de rinduction scientifique, dont Kepler a fait la première grande application.

QUELQUES ANTÉCÉDENTS SUR L INDUCTION. 41

(( la durée universelle, car le tout ne saurait être « renfermé dans la partie ; mais, à Toccasion de ma « durée, je conçois et ne puis pas ne pas concevoir « la durée de toutes choses, la durée infinie et ab- (c solue. J'induis donc, je ne déduis pas ; d un autre « côté, je n'induis pas à la manière du physicien; « rinduction du physicien a pour base la stabilité a des lois de la nature, d'où il suit que ses con- « clusions sont toujours hypothétiques ; les lois de « la nature ne pourraient être rigoureusement conc( statées que par l'universalité des faits ; d'où il suit (c que le physicien, concluant im fait inconnu du « petit nombre des faits connus, n'obtient jamais « qu'une probabilité plus ou moins forte ; au lieu « que l'induction dont nous parlons, s'appuyant « sur un seul fait attesté par la conscience, s'élève a sans incertitude à des conclusions qui ont toute « l'autorité de l'évidence. Cette différence dis- 'c tingue absolument ces deux procédés : e/le est '( assez importante pour regretter que ce dernier « n'ait pas un nom qui lui soit propre : c'est par in- « duction que nous l'appelons induction. »

Le nom que regrettait Royer-Collard, le voici: Ce procédé s'appelle le procédé infinitésimal. Ce nom est le nom scientifique, qui définit la nature du procédé. On peut le nommer aussi procédé

« QUFXQl ES ANTÉCÉDE^TS SUR L'INDUCTION.

dialectù,ue, opposé au procédé syllo^uiique^ Dans rusage, le mot inrluction subsistera probablement, mais en perdant le sens vague et insignifiant qu on lui donne aujourdluii.

Jouffrov signalait aussi cette lacune, et pensait qt^nn pouvait la combler. « Il se peut, disait-il, « que la science n ait pas encore trouvé le secret, « la formule générale de ces jugements prompts, « rapides, sûrs, que pose le sens commun comme « par instinct; mais enfin il les porte; il perçoit « obscurément les motifs de les porter ; il a une m- « telligence sourde de ces motifs ; ils existent donc, ce et, s^ils existent, il est possible de les apercevoir « réellement, de les déterminer'. »

La Ihéori^ du procédé dialectique aperçoit et détermine ces motifs : car ce procédé est l'acte fondamental de la vie raisonnable et morale. Tous les hommes le pratiquent instinctivement : il est le fond de la prière, de la |)oésie ; il est le fond de la science ; par lui seul l'homme connaît la nature ; par lui seul rhomme peut connaître Dieu.

L'existence de ce procédé bien constatée, scientifiquement décrite, donne à la philosophie théorique un point d'appui qui lui manquait, double

» Jouffroy, Nouveaux Mélanges philosophiques, p. 94-96.

QUELQUES ANTÉCÉDENTS SUR L'INDUCTION

la force de la Logique, ôte au scepticisme savant sa principale ressource, et peut contribuer très-puissamment à terminer enfin la lutte absurde de la raison et de la foi.

Mais, si le procédé dialectique, si l'induction telle que nous l'entendons, est l'un des deux procédés essentiels de la raison, il est impossible qu'on n'en retrouve point, dans le langage ordinaire, beaucoup de traces. Tkchons^ rassemblgi:, ces membres épars du grand procédé de la pensée. Or, il nous semble que les mots Perception, Abstraction, Généralisation, Analogie, Induction, ces cinq mots pris ensemble, convenablement rapprochés et adaptés, reproduisent tout le procédé que nous voulons décrire.

La perception, dit l'Académie, c'est l'idée que produit en nous l'impression d'un objet. Percevoir, c'est atteindre hors de moi, par la pensée, l'objet dont l'impression est en moi; c'est aller de la sensation à l'objet ; c'est sortir de soi pour concevoir et affirmer ce qui n'est pas soi ; c'est fran-

14 QUELQUES ANTÉCÉDENTS SUR LiNDUCTION.

chir ce fameux abîme du moi au non-moi, du subjectif à Xohjeilif, comme s'expriment dans leur langage barbare les philosophes de profession : c'est traverser ce terrible passage qui a paru infranchissable à tant de penseurs, notamment à Kant et à Fîchte. Kant a soutenu qu'on ne le franchissait jamais, que rame restait toujours dans le subjectif, el que la raison n'atteignait que ses propres lois. Fichte, plutôt que de s'élancer de l'autre coté de rabîme, a préféré soutenir que tout est moi, et poser la fameuse et niaise formule moi égale moi, qui constitue le système de l'égoïsme transcendantal.

Il y a dans la perception un rapide passage de la sensation à l'idée de l'objet. Dans le rapport de Fâme à l'objet extérieur qui la frappe, il y a deux choses, comme le soutient Malebranche : ou bien, s'il n'y a qu'une chose, comme le prétend Arnaud, il faut dire avec Arnaud lui-même, « que cette a chose, quoique unique, a deux rapports, l'un œ à 1 àme qui est modifiée, et l'autre à l'objet « aperçu. » Distinguons ces deux choses ou ces deux faces de la même chose, par les mots impression et perception, l'imprc^ssion plus relative à \) l'âme, la perception plus relative à l'objet. L'âme passe d'une face à l'autre, de son impression à sa

QUELQUES ANTÉCÉDENTS SUR LMNDUCTION. 45

perception, c'est-à-dire d'elle-même à l'objet. Elle va d'elle-même à ce qui n'est pas elle. Elle passe d'une modification d'elle-même à une vue ou affirmation de l'existence réelle d'un objet extérieur. C'est, on peut le dire, sortir de soi pour atteindre ce qui est hors de soi, sortir de soi pour concevoir le monde visible, distinct de nous et extérieur à nous : mouvement analogue à celui dont parlent les maîtres de la vie intérieure, quand ils disent : « sortir de soi pour entrer dans l'infini de Dieu. » Pour tout rapport vivant à ce qui n'est pas nous, il faut cette espèce de sortie de nous-mêmes. Il faut un élan, il faut tout autre chose que Timmanence syllogistique; il faut l'élan dialectique qui passe du même au différent. Mais cet élan est si rapide et immédiat, si implicite et instinctif, que, selon nous, il ne fait pas partie du procédé dialectique proprement dit, et n'est que son analogue, ou comme son germe au point de départ de la pensée.

Val)sfraction considère les accidents, en mettant à part les objets auxquels sont attachés les accidents ; ou plutôt elle considère les sujets, en ne tenant pas compte des accidents. Ainsi, pour caractériser les genres dans la nature, la science fait abstraction des conditions ou accidents purement individuels.

m QUELQliES ANTÉCÉDENTS SUR L'INDUCTION.

Le caractère humain, l'idée de l'homme, par exemple, est indépendante de certaines qualités extérieures qui peuvent varier, comme la taille, la couleur, la forme individuelle du corps, le caractère particulier de chaque esprit, les différents états de l'âme. Mais d'autres propriétés sont essentielles à l'idée d'homme : par exemple, volonté libre, tsprit intelligent et corps organisé. Le corps humain, à son tour, a des caractères essentiels sans lesquels il n'est plus corps humain. D'un autre côté, il est certain qu'il y a des accidents qui peuvent varier dans le corps, dans l'Ame et dans l'esprit, sans que le caractère humain soit altéré par cette variation. Or l'abstraction enlève ces accidents variables, ces conditions individuelles, pour ne considérer, s'il s'agit de l'iiomme, que les caractères génériques, et les conditions essentielles qui font que l'homme est homme.

Autre exemple. I^es géomètres , pour définir l'ellipse, disent qu'étant données des ellipses particulières, il fout faire abstraction de toutes les conditions individuelles, de la grandeur de la circonférence, du rapport variable des axes, et de Fetcentricité propre; il ne faut garder dans la définition que ce qui est commun à toutes les ellipses, et abstraire tout ce qui est particulier à chaque

QUELQUES ANTÉCÉDENTS SUR L'INDUCTION

ellipse. Deux foyers solidaires toujours également distants de tous les points de la circonférence, voilà le caractère essentiel du genre. Mais que Tellipse soit très-grande, ou très-petite, très-allongée, très-aplatie, ou très-voisine du cercle, ces conditions n'importent pas. Voilà pourquoi l'algèbre, langue tout abstraite, peut n'exprimer que les caractères généraux et laisser les caractères individuels. C'est ce qui a lieu pour toutes les formes géométriques.

L'algèbre, donc, peut représenter toutes les ellipses possibles par une seule proposition trèscourte que voici : r/^^^ -(- /^^-^ = a^^^ Dans cette phrase de la langue algébrique, toutes les conditions individuelles sont en blanc, sont indéterminées et abstraites; il ne reste que l'idée pure et universelle de l'ellipse, quoique la phrase indique aussi l'existence inévitable des caractères

individuels.

Notez-le bien, ce qu'on nomme vulgairement l'abstraction, et aussi la généralisation, renferme quelque chose du procédé dialectique qui passe du fini à l'infini. C'est ce que Malebranche avait déjà remarqué. « Vous ne sauriez vous ôter de l'esprit, dit-il, que vos idées générales ne sont qu'un assemblage confus de quelques idées particulières^

QUELQUES ANTÉCÉDENTS SIR L'INDUCTION

OU du moins que vous avez le pouvoir de les forcer

de cet assemblage. Vous pensez a un cercle d un pied de diamètre, ensuite à un de deux pieds a

un de trois, à un de quatre, et enHn vous ne déterminez point la grandeur du diamètre, et vous pensez à «n cercle en général : l'idée de ce cecp e, direz-vous, n'est donc qu'un assemblage confus de cercles auxquels j'ai pensé. Certainement cette

^^ o<r fiiisse • car Cidée du cercle en geconséquence est tausse , tcu

nénd représente des cercles ir^ims el leur con.en a tous, et vous n\..ez pensé quà un nombre fuu de cercles,, , Mais je vous soutiens que vous ne sauriez vous former des idées générales que parce que vous trouvez dans ridée de l'infini assez de réalité pour donner de la généralité a vos idées. Vous ne pouvez penser à un diamètre indéterminé que parce que vous voyez nnfini dans l'étendue, et que vous pouvez l'augmenter ou la diminuer à l'inhui. Je vous soutiens que vous ne pourriez jamais pe"ser^ à ces formes abstraites de genres et d'espèces, si^ ridée de r infini, qui est inséparable de votre esprit, ne se joignait tout naturellement aux idées particulières que vous apercevez. Vous pourriez penser à tel cercle, mais jamais au cercle... Mais Tesprit joint sans réflexion à ses idées finies l'idée de la généralité qu'il trouve dans l'infini.... Et

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vous ne sauriez tenir de votre fonds cette idée ; elle a trop de réalité, il faut que l'infini vous la fournisse de son abondance. »

On voit dès lors très-clairement le rapport de l'abstraction à la généralisation. L'abstraction est le moyen de la généralisation. On abstrait les -caractères généraux des caractères individuels; on néglige, on efface les derniers pour ne conserver que les autres. Dans l'exemple géométrique que nous venons de citer, on néglige toute grandeur particulière, toute excentricité particulière, pour ne garder que la loi des foyers, la même pour toute ellipse, et qui implique la nature entière de l'ellipse. Par l'abstraction donc, l'algèbre dégage l'universel de l'individuel, c'est-k-dire détermine l'unité qui règne dans l'infinie variété possible des individus. C'est ce qu'on peut appeler la détermination du genre, par abstraction, à partir des

individus.

Il est à propos d'ajouter que les mathématiques vont plus loin dans l'abstraction qu elles opèrent sur les formes géométriques. Étant donnés les individus d'un genre, non-seulement on s'élève à l'unité du genre par l'abstraction de tout caractère individuel, mais on cherche de plus l'unité simple qui règne au milieu de la variété infinie des points 11. t. ^

, -, -^uP soit abstraite, soit mdid'une forme geometnque s .^^^^^^,^^,, i,

^''^"^"^ i Z rirration de tous les points, la loi simple de la gênera ^ ^^ ^^.^^^^ ^^^

loi de passage d un P°|" . ^, ^^ i^ distance

„»tn Ini en faisant abstratuo" trouve cette lo en ^^^ ^^^ ^^^^ ^^„,g„3.

particulière des ponub i ^ ■ • . .nr auoi nous reviendrons. Mais c esl su quoi ^ seulement

or cette dernière opérât^ P^^^^^^^

„„e abstraction «l-JJ^f ^^^^^^^^ propre-

plus et autre chose qu-.^ ^ ment dite: c'est une A/u/"t</o«io

'oi;ir.

Z- , nous venons d'employer des mots qui Mais ICI nous ven philosophique,

. ^^..Au leur force dans le langage p» r -i ont perdu Uurio .^ ^^ ^,^^i^^,

et dont presque personne lesensprécisetrigoureu. ^^^^^ ^^^^

i: induction, dans le sens o . ^^- .„né

Vinversede ladéduction. Ui déduction, étant donne

. 1 , apnre en déduit, par voie d idenle caractère du genre en , ^ ^individu.

iVvi.io Af^ ventes reiaiiveb o. ^ tité, une toule de ver

.. j„«nAp une vente générale, eii<. y i Etant donnée une fe ^^^^^^

toutes les vérités part.cuberes qui y so mées. Mais l'induction n'est pas ^\'^^)^''\ Tt pas d'un centre, comme la déduction, pou paii p**^ " i«„«/4îrprtion qu elle

aboutir nécessairement , et quelque d"'^'^»'" ^

1 «;r.t Hp la circonterence. but

prenne, à quelque point (Il la

QUELQUES ANTÉCÉDENTS SUR L'INDUCTION

1 part d'un ou de plusieurs points de la circonférence pour arriver au centre, qu'elle peut manquer de mille manières si elle ne saisit pas l'exacte direction des rajons. U lui faut démêler dans les individus ce qui est individuel, accidentel, de ce qui est.'énéral, universel. Il lui faut démêler, dans les faits, l'accident, la perturbation, et l'effet croisé d'une foule de lois secondaires, pour arriver à la loi principale que l'on cherche. Elle doit abstraire, et al)straire avec science . Elle compare les individus pour élaguer les différences et conserver les ressemblances. Voilà l'induction baconienne, qui est une sorte de procédé de tâtonnement.

Mais le mot induction a un tout autre sens encore. U désigne le procédé dialectique, ce procédé dont Royer-Collard parle quand il dit « qu'il ne sait comment le nommer, » et ajoute : « Ce n'est « que par induction que nous le nommons indue-

c( tion, »

Prise dans ce sens, l'induction marche sans talonnement et procède à coup sûr. Appuyée sur un seul cas particulier, elle affirme l'universel avec pleine certitude. Un seul point de la circonférence la mène au centre, parce ciu'elle connaît clairement d'avance et le sens du rayon et sa longueur; ou bien parce qu'elle a trois points de la circonfé-

et nue, aés lors, «ne coustruct,o„ reguUen^ rence, et que, ^^^ certainement 1 niduc-

^■-^ "'" r Tu est fondé le calcul infinitésimal, tion sur laquelle est ei-dessous, et qui

dont nous parlerons - P^e- ^ - j,

est l'application même du p.oce

géométrie. ^^^^ ^d^ettant une

i '«n«//)i'7r est une ujjLii , j;ff^

Lflrt«"'(-' . „ j„„Tt choses Qiiie-

• ,o«pmblance entre deux eu

certanie ressemb ^^^^^ ^^.^ ^^ j,^^^,.

-"^^' ^"'^ tni: a force de Vana^ie, il faut

^"^•Crsa" — ^-^^^'^^^^'^"""^^ précisément savo ^^^.^^^^^^ p^^.^nt se res-

d.fféreute et d ord-e ^^ ^^^^^^^ ^^

--^^^^•/^ *"\ Te it Pascal" répété par Leib-

niz, et inspire pai ^^^ monde,

't"::rur -«e L loi d« CW. Pu» il mfirn, créateur, m ^^^ ^^ .

, a le monde des espnts, crée de U.e ^ • » monde des corps, image, a sa mani et puis le ---^«J ^^^ Pieu. Or, s'il est vrai

du monde des -^^ J ,,„, jans certaines

^"^ '^"r rt sLuit que, dans certains limites déterminées, s H ^,^^^^^, ^^

cas aussi, on peut to ^^^ ^^^

„ui est vrai dans l'un est vrai dans l autre q qui esi vid V. o.wpr f/«wW/w nuitandis).

change ce qui est a changer (/««W

QUELQUES ANTÉCÉDENTS SUR LTNDUCTION. 53

Or en général, on méprise profondément l'analogie.' b'analogie, en philosophie, est aujourd'hui u,^ mot sans force. Nous voulons lui rendre sa

force»

On croit donc que l'analogie ne mène qu'à l'illusion ou à de vagues conjectures. Citons un exemple du contraire, exemple où l'analogie conclut toujours à coup sûr, où elle sait précisément ce qu'd faut changer, et précisément ce qu'il faut affirmer, quand on franchit le passage, pour conclure du même au différent. Voici l'exemple : c'est la géométrie entière.

La géométrie est un monde d'analogies. Il n y a pas une figure géométrique qui n'ait au moins deux figures analogues, l'une qui, quoique tres-ditterente, lui répond point par point, ligne par bgne. C'est ce qu'on appelle en géométrie homographie. L'homographie est l'une des deux espèces d'analogies. Quant à l'autre figure analogue à la figure donnée, elle lui répond, non plus ligne par ligne et point par point, mais au contraire point par ligne et ligne par point. C'est ce qu'on appelle corrélation. Or ces deux espèces d'analogies se trouvent si parfaitement exactes et suivies, que toujours, sans aucune exception, dès qu'on tient une propriété de la première figure, on est certain qu en

«^LV^nFNTS SUR L'INDUCTION, j^ QUELQUES ANTLCLDEMS

» «nr homo!:rophie, soit par corretransposant, so.t P^^ ^ /opnété, la propriété lation, on trouve la mtme p F

. ' ont correspondante dans les deux ë précisément toi res, ^^^^^

1 „.,P^ ne sorte que 1 étude de i ui analogues. K ^.^ ,^ ^^„„,„.

figures analogues o ^ J ^^^ ^^^^

géant ce qu U laui r

tème à l'autre ^ométrique, l'analogie,

Ainsi, dans 1 ordre g ^ ^„t yt Voilk

^Pthode certaine, règne partout, comme méthode t l'analogie est

donc un nombre immense de cas ou

certaine. géométrique

Mais n'est-ce ainsi que dan. i or g

iLit^ n'en est-il point de même dans l o dn abstrait, «en 1 ^.^^ ^^^^ j,^,.

réel et concret? S .1 n en ,^,^ient

'->! At roncret, toutes les métaphores se

Xs'noustLpeiait. C'est c. qui n-e^P^^^^^^^^ .We. De plus, s'il est vrai que Dieu a^^^^^^^^^^^^^^^^ à son image, il est certain quil y a « '«'^^ ,,„,. ,, rhomme. Si Dieu a tout crée conforme

. • ■ . .t a'-iorès ses divines idées, il ment à \ui-meme, et d après se

s'ensuit qu'entre les trois mondes d doit y avoir anllogie, comme le comprend immédiatement quiconque a quelque .<iée Pbilosopb^q-

Et vers quelle conclusion s avance de piu

QUELQUES ANTÉCÉDENTS SUR L'INDUCTION

plus la science de la nature, si ce n'est vers la connaissance toujours plus claire de l'harmonie et de l'analogie de tous les êtres? Quelle idée préside aujourd'hui à toutes les découvertes, si ce n'est celle de l'unité de type? Tout ce qui vit se rapporte comme i un seul modèle, que cliaque être particulier développe plus ou moins dans quelqu'un de

ses traits.

Quoi qu'il en soit, il suit de l'analogie nécessaire des trois mondes que, quand la science a décrit, par exemple, le monde visible des corps, pris en lui-même, elle doit aller plus haut, et comparer ce monde au monde invisible des esprits, puis les deux mondes à Dieu ; et la science même , comme le disent tous les vrais philosophes, consiste à comparer, à rapporter toute chose à Dieu, à monter (le toute chose à son modèle en Dieu.

Nous venons donc de reconnaître les membres épars du procédé dialectique, de la véritable induction. Nous voyons que tous ceux qui ont étudié la pensée en ont aperçu l'existence sous quelque point de vue. Le langage ordinaire est plein de mots qui expriment les divers mouvements du procédé de passage de l'esprit vers ce qu'il n'avait pas; l'autre procédé est celui qui développe ce que l'esprit avait. Chacun voit que, dans le premier acte

,. QUELQUES ANTÉCEDhIHl

. resorit .lans la sin^ple appréhension des dcm- ^" r oerception, il y a un passage de l e nées, dans la percept.o , j ^^

*" ^'7:: de perception sont innon.données concrètes ^t l ^^ ^^^^^ ^.^

brables dans le deta.l de

.tnnces et accidents, et que 1 esprit qui constances et a ^ .^„eoui est, c'est-à-dire

->ît,« fVst-à-dire savoir ce qui c^ , connaître, c esi a caractère

„^nnter à l'essence ou du moins au

Tde ch.que chose, ou au caractère geneessentiel de chaque connaître,

rique, doit abstraire avant tout pour

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