CHAPITRE II
CERTITUDE
La première question qui se pose en Logique, quand on pose les questions oiseuses, est celle-ci : Pouvons-nous être certains de quelque chose ?
Cette question, nous ne la poserons pas ; c'est l'affaire des sophistes. Mais nous dirons ce qu'est la certitude, et quel en est le fondement.
La certitude est un état de l'âme qui en exclut le doute.
Cet état suppose la possession de la vérité. Il ne peut y avoir certitude de ce qui n'est pas vrai. La certitude d'une affirmation mixte, mêlée d'erreur et de vérité, ne porte que sur la vérité renfermée dans l'affirmation. La certitude apparente, qui af»
Igg ' CERTITUDE.
fi™e le faux, n'est qu'on acte de volonté, exécuté malgré l'incertitude de l'esprit, malgré les réticences et les oppositions de la conscience.
L'homme a la certitude de sa propre existence. En présence du monde extérieur, l'homme a la certitude de l'existence et de la réalité de ce monde. Les idées nécessaires, auxquelles l'esprit s'élève, à la vue du monde et de l'âme, nous donnent la certitude de l'existence de Dieu,
Le fait de la certitude n'est point contesté. La véracité de la certitude ne peut l'être que par un jeu de l'esprit. L'homme qui a la certitude de l'existence du monde, a-t-il raison d'en être certain ? Le monde existe-t-il ? Chacun comprend qu'ici commence la sophistique.
La véracité de la certitude est et doit être immédiatement acceptée, comme la vérité des axiomes; l'évidence des axiomes n'est elle-même qu'un cas particulier de la certitude.
JjSi certitude est la preuve dernière de la vérité ; il ne saurait v en avoir d'autre. Comment prouver que la certitude nous donne la vérité, sinon par la
certitude même ?
La démonstration de l'existence individuelle ne se donne point, parce que notre existence est, pour nous, toujours et immédiatement certaine. La dé-
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monstration de l'existence du monde consiste à mettre l'homme en rapport, par ses sens, avec les objels mêmes ; et les démonstrations de l'existence de Dieu consistent à mettre la raison en présence même de la lumière de Dieu, de l'être nécessaire, toujours présent, comme excitateur permanent de la raison créée à son image ; d'où résulte la certitude, qui est le but de la démonstration.
Si aucun homme n'a jamais douté de sa propre existence, on peut du moins concevoir qu'un liomme doute de l'existence du monde, s'il n'a pas l'usage de ses sens. De même si, par le fait, quelques hommes doutent de l'existence de Dieu, lors même que la démonstration en est donnée, c'est qu'ils n'ont pas l'usage entier des facultés de leur esprit. En eux, l'âme n'est développée que partiellement, et la pensée, dans son action, ne porte pas jusqu'à ses limites naturelles.
Que ce soit une altération réelle de la raison, ou un travers habituel dans l'exercice de la raison, ce vice qui consiste à douter, là où les hommes rencontrent naturellement la certitude, est rare dans la pratique. Il est fréquent dans la spéculation. Le doute factice remplit l'histoire de la philosophie.
L'origine de ce vice, dans la spéculation, est celle-ci : l'homme qui pense et déploie toutes ses
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forces dans l'exercice de la raison, la déprave souvent par excès. Ne voyant plus que sa pensée, il place, contrairement à la nature, le point d'appui unique de la raison dans le raisonnement seul, ou dans l'évidence rationnelle. Pour lui, le but n'est plus la certitude, mais la démonstration. Il demande la démonstration, là où il tient la certitude. Un tel esprit est donc faussé ; il est hors de sa loi. C'est en ce sens qu'on eût pu dire : « L'homme qui pense est un animal dépravé. » Ce vice se nomme rationalisme». Quand le rationalisme, qui consiste principalement à vouloir démontrer ce qui est déjà certain, nie en outre la vérité de tout ce qui ne lui est pas démontré comme il veut, il devient scepticisme. Voici comment procède le scepticisme :
La vue du monde ne prouve pas l'existence du monde. Cela posé, vous ne pouvez démontrer l'existence du monde, et devez en douter. L'idée de Dieu, en présence du monde, son ouvrage, ne prouve pas l'existence de Dieu. Cela posé, vous ne pouvez démontrer Dieu et devez en douter. La conscience de votre existence n'en prouve pas la
» Quelques écrivains nrciimMit rn honnr part le mot Rationalisme. C'est à tort, s.loii ihmis. Ce mot restera dans la langue frani.ais.' cnim» le nom d'un alms. Nous avons plus amplemc^nt parlé (lu rationalisme dans la Connaissance de rame.
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réalité. Cela posé, vous ne pouvez démontrer votre propre existence et devez en douter.
Mais pourquoi ne pas dire aussi (quelques sceptiques ont été jusque-là) : L'évidence d'une identité logique ne prouve pas cette identité ; l'évidence d'une démonstration ne prouve pas la vérité de la proposition. Cela posé, vous ne pouvez rien démontrer.
Il est clair que de telles assertions sont des jeux de l'esprit. Klles partent d'une majeure contradictoire et dénuée de sens, savoir : la vue du monde ne prouve pas l'existence du monde. Mais la vue dn monde n'étant autre chose que le monde même, en présence de l'homme et vu par lui, implique nécessairement, ou plutôt manifeste directement son existence : de même que l'évidence actuelle d'un axiome n'étant autre chose que la vue de la vérité, imphque la vérité.
Et cependant le scepticisme est, depuis l'origine, l'entrave et le fléau de la philosophie. Une trop grande partie des efforts de la philosophie jusqu'à présent se tourne à établir, contre le scepticisme, la véracité de nos moyens de connaître, et à chercher le caractère de la vérité. Mais le scepticisme seml)le un inévitable ennemi que la philosophie entraîne avec elle comme son ombre. Cherchons
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donc à montrer quelle est l'erreur du scepticisme, et ce qu^est en lui-même ce vice originel de Tes-
prit humain.
L'erreur du scepticisme consiste à demander la démonstration de ce qui n'est pas démontrable, et à ignorer qu'il y a, dans l'esprit humain, des données aussi indémontrables que certaines.
Prenons une science certaine et infaillible de Taveu de tous, les mathématiques. Il y a en mathématiques une étrange singularité. Il s'y rencontre ce qu'on appelle des quantités irrationnelles, c'est-à-dire des quantités réellement existantes, mais qui ne sauraient être exprimées par aucun nombre, entier ou fractionnaire. Tel est, par exemple, la racine carrée de deux. C'est une quantité qui ne peut être représentée par aucun nombre, entier ou fractionnaire.
Cette quantité existe néanmoins ; j'entends qu'elle a sa grandeur précise. Car, le côté d'un carré étant an, la diagonale de ce même carré est la racine carrée de deux. Voilà cette quantité visible aux yeux, ou, si l'on veut, visible à la raison.
La géométrie nous montre donc clairement la racine carrée de deux ; mais l'arithmétique ne possède aucun nombre pour la représenter. Cette racine est irrationnelle.
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Donc, la géométrie saisit des quantités que l'alithmétique ne peut saisir. La science mathématique obtient par l'un de ses instruments ce que l'autre ne peut atteindre.
De même, disons-nous, dans la Logique générale, l'esprit saisit, par la vue ou l'intuition immédiate, des données que le raisonnement ne peut atteindre.
Mais ce n'est pas ici seulement une comparaison ; c'est un exemple dans l'espèce. En effet, le snombres sont des mots qui expriment les grandeurs ; les formes géométriques sont l'image, ou plutôt la vue même des grandeurs. Il y a donc, dans l'esprit, des données que la vue peut atteindre, mais que sa logique ne saurait exprimer. Elles sont irrationnelles, quoique visibles, et certaines, quoique indémontrables.
C'est là le point qu'ignore le scepticisme ; et dans cette ignorance, il demande la démonstration de ce qui est indémontrable par nature. Il rejette comme n'existant pas, ou comme n'étant pas de son domaine, toutes les données que le raisonnement n'analyse pas d'une manière adéquate.
Et pourtant l'arithmétique repousse- 1- elle les grandeurs irrationnelles comme chimériques ? les repousse-t-elle du moins comme n'étant pas de son
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domaine ? En aucune sorte. Elle les admet ; elle les emploie et les calcule. Elle les calcule, et ces grandeurs eu deliors du nombre, multipliées entre elles, produisent des nombres. Elles ne sont pas des nombres, mais des racines de nombres. Ce sont des données i)our Tari thmé tique, quoique incommensurables à raritbmetique.
Il en est de même en plulosopbie pour les données premières. L'âme les voit par les sens, ou par la raison, quoique la logique ne les explique pas.
Ce sont des données nécessaires à la raison, quoiqu'elles ne soient pas elles-mêmes commensurables à la logique de la raison.
Irrationnelles elles-mêmes, elles sont des bases de propositions ratioruielles. Les rejeter, malgré la nature et le sens commun, soit comme chimériques, soit comme ne pouvant être admises dans le domaine de la raison pure, c'est l'enfance de la plulosopliie. C'est Terreur sophistique d'une science inepte : c'est une manie d'école, un prétexte de tournoi logique; c'est rejeter la raison pour raisonner; c'est cliercher ce qu'on tient, et le perdre pour l'ombre ; c'est se fuir en se cherchant. Et l'on pourrait appliquer à la philosophie ainsi faite le mot d'un philosophe : « La philosocc phie est l'Odyssée de Tespril qui , merveilleuse-
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a ment déçu , se fuit en se cherchant lui-même '. » Telle est l'erreur des sceptiques ; et le tort de la philosophie, c'est de ne point passer outre : c'est de faire une large place à ces questions mal posées, insolubles, contradictoires ; de donner du temps et des forces à un travail stérile et faux, et de ne pas excommunier nettement les sophistes qui cherclient, par mauvaise volonté, à lui faire perdre un temps précieux.
Que de temps n'a-t-on pas perdu, en mathématiques, à chercher le rapport de la circonférence au diamètre, pour arriver à la quadrature du cercle? Vnjourd'hui, il est directement démontré que ce rapport n'est exprimable par aucun nombre. De même, la [)hilosophie doit directement démontrer l'insolubilité des questions insolubles.
Or, cette démonstration a été donnée par les sce|)tiques pour en conclure qu'd fallait rejeter l'autorité de nos moyens de connaître; elle a été donnée par les dogmatiques, pour établir que cette autorité devait être immédiatement acceptée. Acceptons-la des deux cotés, pour en conclure, comme Aristote, que les points de départ sont indémontrables en même temps qu'infaillibles. Ce sont les
» M. de SchellinJ5^
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données mêmes de la vérité, la vue du monde, l'évidence des axiomes, vue, évidence, qui donne la certitude, certitude qui ne peut tromper.
Maintenant veut-on savoir ce qu'est la certitude, quel en est le fondement, et pourquoi elle ne peut tromper? Essayons de le dn-e.
Nous avouons n'avoir pénétré que fort tard la question de la certitude ; et ce qui nous a fait comprendre enfui ce point de Logique, c'est la question théologique correspondante, touchant la certitude de la foi- «^ La foi peut-elle tromper? >. dit saint Thomas d'Aquin {i\um pofest fidei subesse fais um?). m Non, dit-il, il est impossible que la foi trompe. » Dès lors qu'il y a foi, il y a vérité, et adhésion à la vérité seule. Et pourquoi ? Par cela même précisément que la foi est un don de Dieu, une adhésion à Dieu, à Dieu qui la produit lui-même en nous par sa lumière surnaturelle ; à Dieu qui la verse lui-même par sa grâce dans le cœur et l'intelligence. Or, Dieu est la vérité même, et il ne peut tromper. On croit, parce que Dieu parle. Quand il ne parle pas, on ne croit pas. Evidemment, la foi, ainsi dé-
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finie, et cette définition est la seule légitime, la foi ne peut tromper; cela impliquerait contradiction.
Eh bien, justement par la même raison, la vue du monde et la vue de la vérité des principes et axiomes ne peut tromper.
Qu'est-ce, en effet, que l'évidence des principes et la vue de ce monde créé ?
Quant à la vue des vérités nécessaires et axio* matiques, nous l'avons amplement montré dans notre Traité de la coiuiaissance de Dieu, c'est une certaine vue de Dieu. Il n'y a pas un philosophe qui ne sache cela : Platon et Aristote, saint Augustin et saint Thomas d'Aquin, saint Anselme et saint Bonaventure, Descartes, Thomassin, Malebranche, Bossuet et Fénelon, tous l'enseignent. « L'idée de Dieu, dit Descartes, c'est Dieu même « conçu dans l'entendement. — Cette idée n'est « que cela même que nous apercevons par l'enten- « dément, soit lorsqu'il conçoit, soit lorsqu'il juge, «soit lorsqu'il raisonne ^ » Ainsi, selon Descartes, l'idée de Dieu, et tout ce qu'aperçoit l'entendement lorsqu'il pense, cela même est une certaine vue de Dieu, existant dans l'entendement. Et d'ordinaire. Ton ne comprend pas assez Descartes lorsqu'il
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ajoute ces remarquables paroles : « La règle que «c j'ai posée, savoir, que les choses que nous con- « cevons clairement sont toutes vraies, n'est assurée « qu'à cause que Dieu est, et que toiU ce qui est en « nous vient de lui; nos idées ou notions étant des « choses réelles, et qui viennent de Dieu, en tout « ce en quoi elles sont claires et (listincles,ne peuvent « être que vraies '. » Donc, selon Descartes, ce qui fait que k certitude ne trompe point dans Tévidence, c'est qu'elle vient de Dieu même qui la produit actuellement en nous. « C'est en Lui, d'une «certaine manière qui m'est incompréhensible, « c'est en lAii, dit Bossuet, que je vois les vérités « éternelles ; et les voir, c'est me tourner à celui « qui est immuablement toute vérité, et recevoir « ses lumières.... C est unt^ chose étonnante, que « l'homme entende tant de vérités, sans entendre « en même temps que toute vérité vient de Dieu ; « qu'elle est en Dieu, et qu'elle est Dieu même ^ « Tout Malebranche, on le sait, est dans cette seule idée, et sa gloire est de l'avoir développée plus qu'aucun autre philosophe. Le cardinal Gerdii, grand esprit trop peu connu, montre que telle est la doctrine de Thomassin et de saint Augustin, et,
» De la connaissance de Dieu et de soi-même, ch. iv.
sur la fin de sa longue et savante carrière, il résume ainsi qu'il suit la doctrine de Malebranche, qu'il avait défendue toute sa vie, et qu'il déclare inattaquable siu' ce point : « i° Dans la simple percep- H tion, l'entendement est passif suivant l'ancienne c( maxime adoptée par les écoles, d'après Aristote ; (( 2" Cette première opération de fentendement, a qu'on désigne en Logique par le nom de simple a appréhension^ nesl pas sujette ii l'erreur^ ainsi que fc toutes les écoles en conviennent , 3" Cette simple A perception est produite dans l'âme par l'action « de Dieu.... en ce sens que Dieu, qui renferme en u Lui les idées de toutes choses, imprime, par son c( action sur l'esprit, la ressemblance intelligible^ qui « est l'objet immédiat de la perception K »
Ainsi, selon tous ces auteurs et beaucoup d'autres que nous avons cités et citer ons, une idée est une certaine vue de Dieu : là où il y a idée proprement dite, il y a vue de Dieu ; donc, là où est l'idée, là est la vérité ; là où n'est pas la vérité, là n'est pas l'idée. C'est le mot de saint Augustin, que répète et approuve saint Thomas, et tous les philosophes, avant eux comme après : « Quiconque se trompe, ce là où il se trompe, cesse de faire acte d'intel- « ligence. »
' Œuvres de Gerdil, t. IV, p. 5. (Rome, 1806.)
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Telle étant l'origine des idées, on comprend le fondement de la certitude. CVst ce que nous avons gagné à commencer notre Philosophie par le Traité de Dieu. Nous avons démontré, dans la seconde partie de cet ouvrage, que Tintelligence en acte est une certaine vue de Dieu. Nous avons donc déjà résolu implicitement la question de Torigine des idées, et la question delà certitude.
\ oilà pour l'éN idence des idées claires. Mais que dire de la certitude que doiuie la vue du monde des corps? 11 en fout dire précisément la même chose. 11 faut suivre Malehranche jusqu'ici. Si la rue des idées nécessaires est une certaine vue de Dieu, la vue des créatures de Dieu n'implique-t-elle pas aussi quelque vue de Dieu? Est-ce qu'une étoile ,„e aperçois au ciel ne me montre pas Die„ en un sens ? Cette étoile peut-elle être où elle est, sans Dieu, sans Dieu qui la soutient et qui la porte actuellement? Peut-elle briller, si Dieu ne lui ordonne actuellement de luire? Et peut-elle obéir à cet ordre, si Dieu ne concourt pas actuellement à sa
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lumière ? La lumière est un mouvement dont l'astre est cause seconde, mais dont Dieu seul est cause première. « Dieu opère en tout Opérant, » dit saint Thomas d'Aquin. En tout mouvement des esprits ou des corps, Dieu agit comme moteur immobile et premier. Dieu nous éclaire dans le soleil plus que le soleil même. Dieu nous touche dans toute créature, plus que la créature elle-même. « Toutes les fois, dit Bossuet, que nous nous « servons de notre corps, soit pour parler ou « pour respirer, ou pour nous mouvoir en quelque « façon que ce soit, nous devrions toujours sentir « Dieu présent. » — « C'est en Dieu, dit saint « Paul, que nous vivons, que nous sommes, et que i( nous nous mouvons ; » parole fondamentale, fleuve de science, dont les eaux se répandront de plus en plus sur toutes les régions de la pensée ; parole fondamentale qui détruira le panthéisme, en lui ôtant les immenses vérités dont il abuse, et qui dans tous les temps lui ont fait une école, malgré sa monstruosité ^ ; parole fondamentale pour la physique, comme pour la science de Pâme. Oui, toute créature visible et intelligible est en Dieu, vit et se meut en Dieu. Donc, quand nous la voyons et
' Spinosa dit : « Omnia in Deo esse et in Deo moveri cum Paiilo affirmo, licet alio modo. »
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