PRÉFACE
A M. Charles LE SEiNNE
Mon cher ami,
Voici quelques années que je vous ai rencontré, vous le fîls d'un ancien et aimé confrère aujourd'hui magistrat. Vous m'avez fourni l'occasion de connaître vos travaux et entre autres votre Code du rAéâtre.en lêle duquel j'ai signé un témoignage que vous méritiez. Voilà comment est née l'amitié entre deux confrères, l'un ancien et l'autre jeune, oui jeune encore pour moi malgré voire talent déjà mûr, car si j'étais votre père vous seriez le cadet de mes enfants.
Et c'est ainsi que je vous ai naturellement proposé de collaborer avec moi à un ouvrage que je me croîs obligé d'entreprendre et pour l'exécution duquel je serai plus sûr de moi si je suis aidé par un jeune esprit qui pense comme moi sur la Presse.
On vient en efifet de terminer une loi sur la Presse afln d'y introduire un peu de cette liberté pour laquelle j'ai écrit l'un de mes ^ premiers ouvrages, Code annoté de lapre$se en 1835, qui a paru en môme temps que les lois hostiles connues sous le nom, devenu pour elles une flétrissure, de Lois de Septembre. >, Je serai heureux, à la distance de près d'un demi-siècle, de faire connaître à nos contemporains, jeunes et vieux, cette loi de 1881 qui devra être un commencement de réparation envers l'esprit humain, auquel de tous temps les pouvoirs gouvernant ont cherché à fermer la communication avec les hommes.
Nous sommes bien d'accord ; nous ne voulons pas faire un livre pour montrer notre science, qui doit nous servir vis-à-vis de nos clients, mais à laquelle le public est certainement indifl'érent.
Nous voulons lui montrer la loi, avec tous les éléments qui ont servi à la construire.
Depuis quelques années il a été déposé plusieurs projets dans le monde officiel. Nous ne nous lancerons pas dans l'étude de ces diverses tentatives, qui nous prendrait trop de place et qui risquerait