TITRE V. - THÉORIE ATOMIQUE ACTUELLE
CHAPITRE le'. — EN QUOI CONSISTE SON HYPOTHÈSE. Je reprends la citation de la page 445.
Dans la théorie atomique, dit Grimaux (Théories et Notations chimiques, p. 4i)* les nombres proportionnels des corps composés sont appelés poids moléculaires, et les nombres proportionnels des corps simples sont désignés sous le nom de poids atomiques.
C'est en cela, je l'ai dit plus haut, que gît l'erreur de la Théorie Atomique. Les nombres proportionnels ne sont ni des poids moléculaires ni des poids atomiques.
La manière dont les nombres proportionnels sont obtenus ne permet pas, en effet, d'établir une identité rigoureuse entre eux et les poids atomiques ou moléculaires.
Dès lors, que peuvent signifier les résultats de la Théorie Atomique, si son point de départ est inexact?
L*atome chimique est, dit M. Grimaux (p. g3), la plus petite quantité pondérale d*un élément qui entre en réaction.
La molécule, dit-il (p. ^a), représente... la plus petite quantité d'un corps qui puisse exister à Tétat libre, quantité indivisible par les agents physiques, tandis que Vatome représente la plus petite quantité d'un élément qui puisse entrer dans la mol(*cule.
46o TllKOniE NOUVELLE DE LA cniUIE. ^9
Pour bien faire compremhe celte cnii!^liliiliun. l'iiuteiir cilc m exemple :
L'edu e.il com|)OS(<e (riijdrogèue et d'o\ygciie ; la deruiêre particule iuciiu sible aii\ ng«inls physiques, la molécule dr l'eau, renferme donc clcuxsorlmli maliéiT, de l'hydrogène l'I de l'oxjgène. etces purliciitesd'hjdi'og^rn'et rt'oii gène sont plus peliles que la molécule de l'eau : ii ces dernières |)srlicule'. im rdseive aujourd'hui le nom d'atomes.
De son côté, M. lierlbclot s'cxpiîiiie ainsi :
A l'origine, dit-il (Sur récliclle des lempérolures et sur les poids nioUi:ii Inires, Annuaire de Chimir et ilr Phytique, 6" si5rie, IV, iS85, p. 85), les deriiliVparticules pliysiques des gM simples élaîent tdeiitilices nvec leurs atomes ctiiiiii quc9, mais l'expèrieriee n Torcé Iva alomislvs l'i écarter cette identité pour ) t'i^ lituer une hjpolhèse plus compliquée, d'après laquelle la molécule phjBÙiiii' d'un gaz simple H-'rait formée lanlùl de i atome «meiiure. cadiuium). tuiili'ii de a atomes (hydrogène, uïolo, elilorei, UiiWl de 3 Blomes (oniine), laiilût il' i atomes (phosphore, arsenicl, variahililé que la Ihcoric n'avait pas prévue '■! qui s'impose aux partisans de l'hypnlhèse O'Avogadro, quelles que smeni Ir conventions du langage.
Ainsi, l'hypothèse de la Tlitione Atomique ailmel dea alonii"' de natures différentes et en nombres difTérents. (jui dilTi^reiieieiil lea molécules.
M. Grimaux ajoute, d'ailleurs (p. 43):
D'après In détlnilion précédente de lu molécule cl de l'atome, l'atome^ la plus petite quantité de matière que renrcruic In molécule, la détenuint des {loids relatifs des molécules ou poids nioléculnires doit pn^'éder la déled nation des poid;* des atomes.
C'est l'inverse, on l'a vu, que j'ai fait.
(JllAl'intE 11. — vri'AQlES DlHltiÉES CONTRE CETTE THÉORIE^
La théorie atomique, dit M. Griiiiaux {Théories et Xolalions chimiiiun, [ a été rigoureusement combattue, surtout par M. Devillo et par M. lierlheliit
Tour ù lour, les divers savants qui ont attaqué In lliéorle atomique^ rejeté l'hypollièsc d'Avogadi'o, refusé toute valeur à la lui de Dulong ri ^ essayé de mettre la théorie atomique en conlrndiction avec les fftita et d renverser en prenant à partie la doctrine de lo valencf des atomes, dont les g atomiques sont pourtant indépendants.
UbVELI.E DE
CII\P1T»E ll[. — CONCLUSION,
I,es atome» de la Théorie Vlotniquii ai-luelle préseotent ce ii-acière qu'ils ciilreiil dans la molécule à litre d'atomes dîfféreiils de nature.
La Théorie Atomii(ue repose sur l'exiiiteucc d'autant de sortes Ae matière qu'il y a de corps simples.
Elle admet que l'atome composant de chacune de ces sortes de natière ait son poids propre, dilTérent de celui des autres, sans burnîr à cet égard aucune cxplicatiou, aucune raison à l'appui.
1 Théorie Atomique, toute fondée sur les poids des atomes. !«pose ainsi sur un simple fait admis gratuitement a priori et juc rien ne vient ultérieurement démontrer, car, étant donnée Bne lijpotlièse de laquelle on déduit certaines conséquences Uièuriques, on ne pourrait se fonder sur ces conséquences théoriques mt^me pour démontrer la vérité de cette hypothèse.
Ainsi, Ihypollièse atomique repose sur l'existence de nombreuses sortes de matière.
Elle n'explique pas les différences de poids qui caractérisent les atomes composant ces sortes de matière.
lille admet un nombre arbitraire et, d'ailleurs, très restreint i'atomes composant la molécule de chaque corps simple.
Elle admet ([ue certaines molécules aient i atome, d'autres a, 31'autres 3. et ainsi de suite, sans dire pourquoi ces nombres. Dourquoi ces différences de nombres,
Eiilin, comnte le dit M. Berlhelot, l'hypothèse atomique est subordonnée à l'hypothèse d'Avogadro, dont je me suis nllaclié H démontrer l'inexaclilude.
Pour ces divers motifs, je considère que la Théorie Atomique IBst elle-même inexacte, et doit être rejetéc.
J'ai dit que, dans la Théorie Atomique actuelle, les molécules se dilTérencientàla fois par la nature et par le nombre de leiu'S atomes.
Pénétré de ïa grande idée de l'unité de la matière, je considère [Ut' l'atome constitutif do la molécule, contrairemcnl h la Théorie atomique actuelle, est toujours, comme nature, identique i luint^mc. Il n'y a, comme je l'ai dit et développé, qu'un atome
463 THÉOBIE ^OCTELLE DE LA. CHIUIE.
unique de matière. Les molécules ne se différencient les iiiie> des autres que par le nombre et la compression constitutive de> atomes qu'elles renferment.
TITRE Vi. - DOCTRINE DE LA VALENCE DES ATOIES.