INCERTITUDE DES ÉQUIVALENTS ACTUELS
Les délinitionH que je viens de donner laissent planer sid notion de l'équivalent une grande incertitude.
On dit, par exemple, en Chimie : i en poids d'iiydrogj combine avec 8 en poids d'oxygène, ainsi que le montre l'o rience, pour former l'Eau = g.
Donc, conclul-on, i est l'équivalt-nt en poids ilc l'Iiydrogj et 8 est l'équivalent en poids de l'oxygène.
LOI DES iguivALETSTs. 33
n y a Iwaucoup ù dire sur celle manièrp de raisonner.
Je me borne h la critique suivante :
Les proportions de poids suivant lesquelles ies corps se combinent auraient une signiticalion précise, si c'était toujours la inÈuic quantité du corps A qui se combine avec les autres corps, el ainsi de même pour chacun de ces autres corps.
Mais quand on examine les combinaisons de doux corps A cl B, on trouve, se combinant avec une quantité Ji, d'abord une (|uanlité A, puis une quantité t\, puis une quantité 3A, quelquefois d'autres proportions encore. Lequel de ces nombres prendre pour équivalent? Le plus petit, répond l'Annuaii-e dit Burpnn des Longitudes. Mais quelle preuve a-t-oii qu'on ail Irouvé le plus petit?
D'un autre enté, lelle combinaison d'un corps A avec le corps B indique pour le corps A un certain équivalent qui ne '■nnvient plus t'i l'on considère la combinaison du corps A avec le corps C .
U rftil des proportions multiples, dit Wurlz {Introduction à l'étude de lit Wmt, p. an), ne permet pas de maintenir strictement ie principe de l'ùjitlvaience dt» (luantilés des corps qui entrent en combinaison. En eUet, Im qiuiiitîlés 1 S d'azote et i d'hydrogène, «[uivalentes par rapport à ^ d'ougûne. ne le mnt plus entre eHeii, puisque ij d'sKolc s'unissent à 1 d'li;idrogéiie. Un dit alors que In (combinaison d'azote et d'hydrogène, l'Ammoiiiaqne, est formée de i éqnivaleLit d'azote et dp :f équivalents ifdjdrogène.
M, Grimaux signale justement [Théories cl Notiitians chimiques. p. Il) la difficulté qu'on a rencontrée dans l'établissement et la liwlion des équivalents.
SI I» ûli^ments ne s'nnissnicnt qn'en une seule proportion... il suDIrail de Wltrininer les rapports suivant lesquels Ips éléments se cnrablncnt avec un ■olwrps simple, pour avoir les rapixirUs numériques des éléments dans leurs "•"ibinalsons.
1*» cliillVes représentant ces rapports, et établis i)nr l'analyse, seraient les '"itiibres proportionnels que l'on rupporternil à une nnilé do convention. " 8 d'o«7gène, par exemple. l,es nombres proportionnels seraient alors (ixés ''"w fiiçoii absolue; aucune discussion n'aurait lieu entre les chimi$lcs.
Haii les rorps s'unissent eu proportions multiples...
De là de* dillicultés dans la Asalion des nombres proportionnels, de li llottoduclinn de conventions, de théories ou d'hy|)othèses qui ont conduit * l'adoption des nombres proportionnels qu'on a appelés écinivalents, on de Wuï ipip l'on u désignés sous le nom de poids atomiques.
En réalité, puisque les éléments équivalents s'unissent en proportions multiples, on peut à volonté prendre l'une de ces unions pour le proto. Les autres s'en déduiront, et l'on aura toujours une Chimie concordante, mais variant chaque fois avec l'équivalent choisi.
Un tel équivalent ne saurait être une solution. Il faut évidemment quelque chose de plus pour fixer délinitivement l'équivalent.
Ce quelque chose de plus est indiqué dans la définition nouvelle que je vais donner de l'équivalent.