TITRE )V. — EXAMEN DE QUELQUES CORPS SIMPLES
CHAI'lTi
■ PRÉLIMINAJRES.
Je vais passer en revue quelques corps simples au point de vue de l'application à eux faite des équivalents nouveaux.
Quand je le pourrai, je rechercherai pour leurs composés binaires :
Le rapport des poids donnés par l'expérience:
Le rapport des poids résultant des équivalents actuels;
Le rapport des poids résultant des équivalents nouveaux.
Je verrai ainsi lesquels des équivalents actuels ou des équivalents nouveaux se rapprochent le plus du rapport donné par l'expérience.
Le plus souvent ce seront les équivalents actuels.
Mais, à ce propos, il y aura à tenir quelque compte de l'influence
:ereée sur l'opérateur par la nécessité, connue d'avance, d'obtenir certains chiffres pour cadrer avec ceux qu'exigent les formules chimiques que l'on recherche, et les séries que l'on cherche % établir ou à compléter.
Lorsqu'on manie quelque temps, en elTet. les résultats fournis
par ta Chimie comme analyses ({uuiititatives, on ne peut i iléfendre de la crainte Que ta coiinuissance préalable des équj valenU adoptés n'ail ou pour résultat de faire, avec la meilleoj Toi du monde, arrondir certains chilïres. ce qui. précisënteut, I cela s'est produit quelquefois, aurait pour elTct de faire disparatti lc8 petites différences qui, en combultani les équivalents actuel attesteraient, au contraire, les équivalents nouveaux, il y a lîk t phénomène humain que la rigoureuse critique ne saurait pasal sous silence et que je dois d'autant plus mentionner qu'il poud fait peut-iHre expliquer la non-concordance absolue des qualitiU expérimentales fournies par les Chimistes avec les rapports rést tant des équivalents nouveaux.
Quoi qu'il eu soit, favorables ou défavorables, je donne Ifl divers résultats que j'ai pu établir, en faisant observer que l'étui de ceux des corps simples que je ne mentionne pas ici peut été abordée de même. J'ai dû forcément me limiter.
Je donnerai une attention particulière» à l'hydrogène, à l'oxj gène, h l'eau et à l'air.
CIIAI'lTItE II. — EAL , I'(1I;R HYDROGÈNE, ' • 0 — OXYGÈ.NE, 8, [
- PréliminaiFes.
L'hydrogène, l'oxygène et leur composé l'eau sont les trc corps les plus importants de la Chimie. Je vais les étudier simultanément.
§ S. - Hydrogène, 1> Q
L'hydrogène est un corps simple qui parait être universel^ ment répandu dans toute la nature. On le trouve en quautitJ prodigieuses dans tous les astres, dans toutes les jjrofondeurs i eieL On le trouve en très grande abondance à la surface globe. Il entre notamment dans la composition de presque t les corps du règne végétal et du règne animal.
Par sa combinaison avec l'oxygène,, i] forme l'eau, qui joi elle-même, dans la Création, un rAIe de premier ordre.
L'hydrogène est le corps le plus léger de tous les corps connu» cl, sans tloutc, vu son abondance, de tous les corps, cette qualité (le légèroté peiTuettant de le considérer comme le corps matériel prépondérant par excellence, celui qui occupe la première place daus ia Nature.
On a trouvé que i litre d'hvdrogène à la température 0" et à 1 pression de o'"76o pèse o^'oSgSS.
Pour ce motif, et dans la pensée très juste de faire usage, pour tes calculs relatifs aux combinaisons des corps, des équivalents Fen poids, on a. uTin de simplifier le plus possible ces calculs, donné à l'hydrogcnc l'équivulent i.
Le chimiste angluis Prout a cru reconnaître et a posé en loi
(jue les équivalents des corps simples sont des multiples entiers
ilf l'équivalent de l'hydrogène. Il ne pcnsail pas trouver si juste.
Le tableau des équivalents des corps simples de la Chimie, donné
^rVAnnaaire du Bureau des Longitudes de 1895. montre, en eflel,
I que sur 73 corps simples, .'io seulement ont des équivalents mul-
\ tiples de celui de rhjdrogènc. J'ai montré que la loi de Hrout est
I rigoureusement exacte.
Il devait en itre ainsi puisque l'atome a, selon mon hypothèse, |Bervi ^ créer tous les corps simples.
i 3. — Oxygène, 3, [Tl- — Eau.
; L OXYGENE EST 'i.
J'utlribue l'équivalent a à l'oxygène. La Chimie attribue à ce Wips l'équivalent 8.
f Je vais présenter une remarque qui me parait très favorable a î Ihèse que 2 est le véritable équivalent de l'oxygène, l'équivaut de l'hydrogène étant pris pour unité.
I On lit dans le Diclionimire de Wurtz {i" supplément, art, Hydro- "Ww, p. riag) :
La dcnsiti? de l'hydrog^nlum ihydrogùne solide), calculiie d'après les pro- MWi'Ws de rlijdrure de patladiiiin. est ('(taie h o.fla: d'opr^ celle de l'hydrure 'potudum, elle est égale à ri.(i3 (Troost et Ifautereuille. Comptes rendu», lUXVin. p. gfiKi.
-!i LOI tiE» ÉQll\ALEXT!i ^H
Le mémo Dictionnaire [i" supplément, arl. Oxygène, p. itsalr rendant comptfi des expérience» de M. Pictet pour la liquéfaction de l'oxygène, dît :
La innrclie du rnationi^tre pendant l'expi^'rience pertnel d'établir avec c«rU> lude que le gaz a pris l'ûtat liquide et de df^lcrmitter avec une certaine oppmtiinaUon la dontité de l'oxygène sous cet état, d'après le poids du ga dé^a^i- |m> lo ctilonire et le volume du tube condenseur. Selon M. Pictet, celte densité l'^i voisine de i, comme le prévoyait M. Dumas il y a plus de soixante ans. U'aprvce savant, en effet, les corps isomorphes ont le mt^nie volume alomiqiie, 1( gioids de l'atome de sourre étant double de celui dt l'aloine d'oxygc^ne. el. h densité du premier corps k l'état solide étant a,i, celle du second doit Un de I environ. Les calculs de M. Piclet ont été critiqués récemment dan» tm Mémoire de !kl. OfTrel, publié dans les Annale» de Chimie et de f'hytîqae' t. XIX, p. 3713; mais, néanmoins, le cbilTre obtenu ne parait pas devoir être n notablement modifié.
La valeur la plus probable de la densité de l'oxygène liquide, dit M. ^' blewski, dans sou Mémoire sur celle quesUon (Annates de CMmif el de /''" f]iu, 0"' série, t. II, iSBIi, p. 3ig), mesurée .'i i3o" C et •'i la [iresiion de li^'i taction, est 0.89...
Le nombre obtenu n'exclut point l'exactitude des opinions de M. Dunia^ ' abaissant la température de l'oxygène liquide, la densité 0,89 tendrait évid< ' ment vers l'unité.
La densité de l'hydrogène solide est donc 0.6a, la densité 1 ToxygÈne liquide est 1 environ.
Ainsi ces deux corps, considérés aux conditions où leur voluii' spécifique est le plus petit, ont des deuâilés qui sont entre ill oomrae 0.6a est à i.
On ne voit pas a priori comment, dès lors, leurs équïvuleni c'est-à-dire leurs poids moléculaires, pourraient être dant: le rii' port de I à 8.
Je ne fais ici qu'effleurer le si^et. Je démontrerai ultérieur ment, par la considération de ces mêmes densités, que Téquii lent de l'oxygène est a.
Je vais fournir, il l'uppui de l'équivalent a, àen raisons d'nni chimique.
n suffit que je puisse citer un seul corps où un équivali d'oxygène supposé égal à a enti'C en combinaison, pour 'i' cette définition de l'équivalent, ta plus petite quantité pondér.. •}ui entre dans une cumbinaisan. soit jusli; et justiTic l'équlraltf pour l'oxygène.
Or. j'aurai déjà donné une grande présomption à la réalité dt- Féquivalenl a de l'oxygène, ai je prouve que cet équivalent ne [«avirait être 8.
^oict cette preuve :
Je parlerai du carbone, je montrerai que 3 de carbone s'unit I d'hydrogène pour former le gaz des marais, écrit dans la Chimie actuelle C*H', ce qui prouve d'une manière absolue que l'équivalent du carbone est 3.
Or, l'oxyde de carbone CO montre que 6 de carbone s'unit à
d'oxygène, c'est-à-dire que 3 de carbone s'unit à à d'oxygène.
Donc 8 n'est pas la plus petite quantité d'oxygène qui entre
Bii combinaison. Donc 8 n'est pas l'équivalent de l'oxygène.
I Si l'on ne consultait que l'exemple que je viens de donner,
|on en conclurait que l'équivalent de l'oxygène est tout au
I plus ft .
Celte démonstration est mathématique.
Voici une preuve nouvelle que l'équivalent de l'oxygène ne peut être supérieur à 4-
Le protoxyde d'azote renferme i4 d'azote et 8 d'oxygène, c'esla-dirc 7 d'azote et 4 d'oxygène.
Ce cas est donc analogue au précédent et la conclusion est la même.
Je démontrerai bientôt que l'air est non un mélange, mais Un composé dont la formule est Az'O = 1 AzO 1, et dans lequel 7 d'azote est combiné avec a d'oxygène.
Voici, enfin, une preuve directe que l'équivalent de l'oxygène est 3.
L'oxyde de calcium contient S d'oxygène et ao de calcium, c'est-à-dire a d'oxygène et 5 de calcium, a est donc la plus petile quantité d'oxygène entrant en combinaison, de même que 5 esl. aussi, l'équivalent du calcium.
Je puis présenter une démonstration analogue avec la baryte. L'équivalent 2 de l'oxygène est donc démontré. Si, quittant le domaine de la Chimie, je m'élève vers les régions de la métaphysique, je viens dire avec certitude: Oui, l'équivalent de l'oxygène est a.
En effet, que devons-nous trouver h l'origine de la formation de» corps ■> Les corps les plus utiles dans la Nature.
A l'origine, avec lY'qiiivalent pris pour unité, l'hydro^ïènp, le corps le plus léger do toute la nature, le corps le plus répaodi dans le monde physique, car on le trouve partout dans le Soli dans toutes les étoiles fixes.
Puis, vient le corps le plus actif de la Nature, celui qui. par riMc qu'il joue dans les comliinaisons de la matière, pai-aît élre la base de l'activité physique dans tout l'Univers, Son importance lui allribuc le deuxième rang dans la création des corps simples.
Ces deux premiers corps, en se combinant ensemble, donnent l'eau, dont l'importance, je n'ai pas besoin de le faire ressortir, est à son tour si grande comme puissance active, si étendue comme universalité.
Je ne saurais concevoir dans la Nature d'éléments plus utiles que ceux que je viens d'énoncer, car s'ils existaient, nous les connaîtrions, nous qui luisons, comme tous les autres globes, partie de la Nature. Or, nous n'en trouvons pas.
1! est bien rationnel d'admettre que les corps les plus utiles soient ceux dont la constitution est le plus simple, surtout quand nous voyons le plus utile de tous, l'hydrogène, présenter la simplicité absolue, ce qui se traduit par avoir pour équivalent, par rapport il tous les autres, l'unité.
ADOI'TION DE I, EQl'IVA
Je remarque immédiatement que, pour faire concorder l'hV] thèse de l'équivalent 8 faite par la Chimie actuelle avec l'hy] thèse nouvelle de l'équivalent a, il snfQt d'écrire, dans le premier cas, O et, dans le second, 1 O'j. En opérant ainsi, rien n'est changé à la Chimie actuelle.
L'équivalent 2 pour l'oxygène peut donc être dès à prési adopté.
La place qu'il occupe dans la Série me paraît imposer cette adoption.
Les considérations que je vais présenter n'ont d'autre objet que d'éclairer In question suivante : L'équivalent de l'oxygène étant a, fuul-il laisser intacte l'indication 0 dans les formules iietueiles des composés oxygénés, ou ranl-il. dans tous
par
l.OI DES ÉQlilVAI.