‹ Loi des équivalentsChapitre 55 sur 282 · CHAPITRE IV. — CRlTiyUE DES ÉOlllV\LE^TS V\l\ M. CHIMVint · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — CRlTiyUE DES ÉOlllV\LE^TS V\l\ M. CHIMVint

Les Chimistes ont justement critiqué à la fois la définition îdonnée de l'équivalent et les moyens adoptés pour l'établir.

66 LOI DES ÉQUIVXLEJITS.

Je résumerai ici ce que dit à ce siijel M. (jrimaux (Théories et Notations ctiim'tqnes, p. lo et suivantes):

Berzélius, en iSig, se fondant sur les luis des proportions multiples, donna une série de nombres proportionnels, ido représentant l'oxygène, suivant lesquels les corps se combinent. Il les appela poids des atomes, et WoUaston, en i8i4. les nomma équivalents.

Thénard, en i8S5, donna la définition suivante ;

L'équivalent des corps simples rcprc.wate la quantité de ces corps qui, i combinant à 8 d'oxygène, donne tin prnloi<rdc.

Or, le protosyde. pour Berzélius, est l'oxyde, qui, en se ci binant à

L'acide sulfurique, forme des suirates \ où l'oxygène de ' i est & L'acide azotique, forme des azotates ' ta base est à celui j i est à

L'acide carbonique, forme des cail>onates ' de l'acide, comme ( ■ est i

Pelouze et Fremy à leur tour disent (Traité de Chimie):

On est convenu de prendre pour équivalent d'un corps la quantité de ce corps, qui s'unit à 8 d'oxygène pour former un premier degré d'oxydation.

Or. ce n'est pas la même chose. Le cuivre en est un exemple. Le premier degré d'oxydation est l'oxyde rouge 63,5; le second degré est l'oxyde noir. Si.yÔ, et c'est lui qui forme le proloxyde. 63,5 formant le sous-oxyde. On a choisi 3i,75 pour équivalent.

Le fer offre un cas analogue.

Le protoxyde est 38.

Le aesquioxyde est i8,6.

C'est 28 qu'on a choisi pour équivalent.

En général, c'est le protoxyde qu'on a choisi.

Mais voici une autre dilliculté :

L'aluminium ne forme qu'un oxyde 9,1.

Il satisfait dans le sulfate d'aluminium à la délinition ( toxyde.

Mais, en prenant un tel nombre proportionnel pour l'aluminium, M. Grimaux, on néglige les analogies chimiques les plus évidentes.

le ce

pie.

ond

yde.

qui valent.

m du pi^H

Et comme l'oxyde d'aluminium a des propriétés analogues au aesquioxyde de fer Fe'O'. que les sels de ces deux corps sont

k-iioaaorphes, l'un pouvant remplacer l'autre sans changer la [forme cristalline du sel, ce qui, d'après Mitsclierlîch, est l'indice Id'ane constitution analogue :

les cliimisles n'ont... [las hésité à abandonner leur convention première... Si ta lien de cxinsidérer son oxyde (de l'aluminium) comme conslilué par 9,1 d'alominium et 8 d'oxygène, ils ont admis qu'il renferme deux équivalents dUuminium pour trois équivalents d'oxygène.

D'oij l'équivalent iS.yô.

Les considérations d'isomorphisme, dit M. Griraaui:. ont avec raison décidé tes chimistes dans cette circonstance. Et. cependant, il y a là une dérogation si ïrave iiu principe que le système tout entier est condamné.

Lorsqu'il s'agit d'oxydes non galifîables, on admet que te pro- [Oxyde forme le premier degré d'oxydation.

Malheureusement, dit M. Grimaux. celte règle n'est pas aussi simple qu'elle ■It l'être : en effet, le composé que nous connaissons ai^ourd'hui comme un r degré d'oxydation d'un éldment peut être un second degré d'ovyblioD : si l'on découvre un nouvel o\yde moins riche en oxygène, le poids de uÎTalent devra être modiflé; s'il en est de même de beaucoup de corps, les Bivalents changeront ronslamment.

On a encore défini l'équivalent d'un corps « la quantité ponlie ce corps, qui peut remplacer 8 d'oxygène dans la lisoa n.

Le proloxyde d'azote donne, pour l'azote, i4. Or, 8 d'oxygène se combine à i d'hydrogène pour former de eau, et on ne peut pas dire l'i d'azote se combine à i d'hydrogène pour former un corps. L'ammoniaque donne i4 d'azote se combinant avec 3 d'hydrogène. Pour être d'accord avec cette lîère définition de l'équivalent, il faudrait prendre pour lie 4.7.

De même pour le carbone. D'après la règle du protoxyde, le carbone devrait être 6. D'après la constitution du gaz des marais. le carbone devrait être 3. C'est 6 qu'on a choisi.

L» théorie des équivalents, dit finalement M. Grimaux {Théories et Notalions

rhimiqnei, p. 39). a rendu de grands services: mais il est erroné d'admettre

d'elle est établie sur des bases immuables en dehors de toute hypothèse.

mine l'onl dit ses partisans. Elle a ses contradictions, qui ont frappé depuis

mps les chimistes. Dés i835. Thénard, après avoir piiric de \a détermi-

comt

toi DBS iQriTALÏ^TS.

nation de- Téqui valent de l'iode, fixe d'après les analogies de l'acide iodique el de l'ucidc chlorique, ajoutait ;

< Si ce cas âUit loin d'être le ïcuI, si beaucoup de corps simples noiis oITraient de^ circonstances analogues, ne demeurerait- il pas prouve que les à]idvBlent« rormcs d'une manière trop conforme it la txinvoulion posée plus haiil délnii< raient ou masqueraient toutes len analogies de ccmjiosilion qu'il importe bnl de Taire ressortir P Que si l'on veut, au contraire, modifier les équivalents ou Ira corriger, pour se conformer aui analogies que la comparaison des corps nous fait connaître, on rcloTubera dans rinronvénient que nous cherchions a éviler; ( on sera force de mêler au fait des suppositions plus ou moins vagues. ■

1^ système des équivalents, a dit M. Marigiiac. — c'est toujours M. Grimaui qui parle, — est purement conventionnel, fort arbitraire et ne peut avoir aucune prétention à aucune valeur scientifique, et, plus récemnient, M. Scbulïenberger dLiait du sjslème des équivalents : • Cent un système bâtard. Les règles qui onl présidé au choix de^ équivalents sont arbitraires et multiples; elles ne pouvaient pas conduire a un ensemble bien ordonne; il est donc regrettable de \oir certains savants influents se refuser à les rejeter. >

Toute théorie qui. en établissant les nombres pfoportionneb des corps, semble, par sa nohilion. indiquer plus de relations phpiques et chimiques, devra donc lui être préférée.

TITRE IV. - CONCLUSION

Le caractère saillant de la marche générale suivie jusqu'à ce jour pour déterminer les équivalents des corps est qu'on y clierchc un point de dépari fixe, certain, et qu'on ne 1 trouve pas.

Pour la détermination des équivalents, il exisie des méthodel non une méthode.

Ces mélhodes sont partielles, hypothétiques et parfois contll dictoircs, ce qui a créé jusqu'à ce jour des dilTicultcs qu'd n'a pa.s résolues.

Dès la détermination du premier équivalent, on s'appuie i dt!s formules chimiques considérées comme préalablement i bUes, alors que la méthode, pour être sûre, ne devrait établir | formules chimiques qu'au fur et à mesure de la déterminatl des équivuleuls des corps qui les composent.

On a dounc l'équivalent i en poids à l'hydrogène, le plus léf de tous les corps connus, le plus répandu dans la nature, que l'on trouve dans tous les glolies, dans toutes les profondcUj du ciel. On ne pouvait mieux fiûrc. Il paraît probable que i

corps niiitériol est. d'uiip iiianièrc iihsaluc. Ip plus léger de tous l« corps.

Mais, cet équivalent clabli, on n'a plus eu de base certaine pour asseoir les autres équivalents.

I.a Chimie et la Physique modernes, avec les grands travaux, Im lielles découvertes qui ont eu lieu depuis un demi-siècle, sont fn grande partie fondées sur les rapports des poids, volumes, presMons, densités, aux équivalents chimiques actuels.

n serait donc bien téméraire de se fonder sur le rapprochement que Je fais dans ce Iravatl entre les équivalents actuels et les tqalvulents nouveaux, pour affirmer que ces équivalents actuels (Ont pour la plupart inexacts.

Je puis, du moins, faire remarquer que la détermination de ces àvatenls a été faite en se basanl sur des données qui sont non tliHolues. mais qui se déduisent de certaines lois qui sont plus ou [- moins bien établies, de telle sorte que si ces lois ne sont en réalité qu'approximatives, les données qu'on en déduit le sont aussi, el les équivalents fondés sur ces données peuvent ne pas être rigoureusement exacts.

■aujourd'hui, je viens de le montrer, quand la Science cherche i fixer un équivalent, elle y parvient plus ou moins aisément selon les difficultés expérimentales propres à chaque corps et non par (les méthodes non concordantes, auxquelles nos grands ChilOistes ont suppléé par les ressources de leur esprit. Ils sont parvenus ainsi à ia vérité pour quelques équivalents, Irî's près de la vérité pour la plupart des autres. Mais dans l'état actuel de la Sdence, on peut l'alfirnier. aucune marche sûre d'une application ^nérale ne permet, en Chimie.de fixer déiinilivcment l'équivalent d'un corps.

La Ctiimie ignore encore, disail M. Dumas (Griiiiaiix, ThéorifF ri Xotalioti» chimiquet, p. i5), combien il rmil riiellcniciil de clilovc pour remplacer le soufre d^ns une combinaison binaire; elle ne sait pas combien il faudrait d'oxygène jMiiir remplacer l'axa le.

Je vois dans les contradictions mêmes des méthodes qui ont •.(■rvi ii établir les équivalents la preuve indubitable que. si ces méthodes se rapprochent de la vérité, aucune cependant n'est la méthode vraie. La Nature est faite d'harmonies, non d'anomalies.

70 LOI DES éQDITALSSTS. ^M

La méthode à suivre pour Llélernûiier les équivalenU manqUM d'un point d'uppui. Ce point d'appui n'a pas encore été fourni. La loi réelle qui relie entre eux les équivalents des corps simples n'ii pas encore été trouvée.

Dons toutes les recherches chimiques, a dit Dalton, on a attaché a^ec raisou biMiucoiip d'importance à la di^-terminalion de.- ra|)|)orts suivant lesquels le^ élénionla s'unissent entre eux dans les corps composés; mais, nisllieureust'menl. on s'est arn^tâ là, tandis que la considi^ration de ces rapports e£lt pn cmtduin' ^ des conséquences importantes concernant les poids relatifs des plus |>etites p.ir' ticules ou des atomes des corps.

On est resté au même point depuis Dallon.

Il semble, d'ailleurs, que Duloug el Petit aient prévu que vrais équivalents ne difiSrent des équivalents trouvés jusqu' par la Science que par quelques coefGcients simples, ainsi que fait ressortir la découverte de !a Série, lorsqu'ils ont dit :

Il y a toujours quelque chose d'arbitraire dans la flxution du poid:^ :i}>iki- Qquc des niolikules élémentaires (poids atomiques), mais cette indéterminatïoix ne porte que sur deux ou trois nombres qui ont enlic eux les rapports if^M plus simples. ^H

Il y a donc encore une autre série d'équivalents, inconnue jusqu'à ce jour, qui est la vraie. La découverte de la Série n'est pas en contradiction avec l'état actuel de la Science,

Non sans un succès relatif, dit H. de Saporta (TMorùs et Nnlalionx de In Chimie moderne, p. 91), on a tenté de découvrir et de suirre le fil invisible qui relie entre eux tous les corps simples et dont la connaissunci: peut conduire à des dëcouvertes d'éléments propres à combler bien des lacunes.

Le fil est désormais trouvé.

On comprend a priori, du reste, en se plaçant au point de vue philosophique, que les équivalents réels ne sauraient être les nombres compliqués que la Chimie actuelle donne. Ces équivalents, représentés par des nombres avec décimales, ne sauraient i)tre exacts. La détermination des équivaleuls par le Créateur fait partie des fondements mêmes de la Création. Or. dans les origines, tout est le plus simple possible. Il est donc logique que le Créateur ait fait usage des nombres entiers, plutiH que de recourir à des nombres fractionnaires. L'Auteur des choses doit nécessairement avoir agi avec le maximum de simplicité. Il a par cela

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même, aussi, dans la série des nombres entiers, épuisé 1g& petits oombros avant de recourir aux griuids. Voilà pourquoi l'équivalent du chlore ne saurait être 35,5 ou 355, pourquoi l'équivalent de l'or ne saurait être 98,3 ou 983. et ainsi de suite.

On comprend, au contraire, la puissante signification de la série ininterrompue des nombres premiers, à laquelle correspondent par eux-mêmes, par leurs multiples ou par leurs souamultiples, la presque totalité des équivalents déjà trouvés par la Chimie.

On ne saurait assez admirer lo labeur infatigable cl la science profonde de tant de Cbimistcs illustres qui sont parvenus, à force de génie, avec les moyens incomplets dont, seuls, ils disposaient, à établir tous les équivalents des corps simples avec une précision suffisante pour permettre à l'auteur de ces lignes la facile moisson qu'il offre aujourd'hui à la Science.

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