LE POINT A DECIDER
Si j'ai réussi à vous prouver qu'il nous est impossible d'enrôler ces étrangers de force et de les envoyer aux tranchées pour combattre leurs compatriotes, qu'en résulte-t-il ? Quelle est la question vitale de l'élection prochaine? Il s'agit de décider, par cette élection, de la part que le Canada prendra dans cette guerre, de la nécessité d'envoyer des renforts à nos soldats d'outremer qui occupent la première ligne de
combat canadienne. La question est de continuer les efforts que le Canada a déjà faits. Si ces citoyens étrangers ne peuvent être enrôlés de force, à cause de leur origine, de leur souvenirs de jeunesse, de leurs liens de parenté et de leurs sympathies naturelles pour leurs compatriotes qui sont nos ennemis, alors, précisément pour les mêmes raisons, ils ne doivent pas être appelés à voter sur les questions qui devront être décidées à l'élection prochaine. Ces étrangers ne veulent pas aller combattre; bien plus, j'ai raison de croire, d'après des renseignements absolument dignes de foi, qu'ils nous seront très reconnaissants de les avoir exemptés du service militaire et de les avoir défranchisés pour la prochaine lutte électorale. Pour la même raison qu'ils ne veulent pas être envoyés au front, pour combattre contre leurs compatriotes, ils ne veulent pas que nous les forcions à l'alternative désagéable de voter et de juger des questions, dans lesquelles, d'un côté sont en jeu leur fidélité à pays d'adoption et à ses aspirations nationales, et, d'un autre côté, la force des liens de sympathie et d'amitié envers ceux de leurs compatriotes qui combattent contre nous. Ces considérations s'appliquent aussi aux Russes d'origine allemande; leur origine, leur parenté et leurs sympathies sont les mêmes, quoique, strictement parlant, ils soient citoyens d'une nation alliée.