‹ ÆloïmChapitre 28 sur 70 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

rHAJPITBE 4.

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En voyant ces deux généalogies si ressemblantes et d^ordre et de noms , qui serait assez hardi ou assez aveugle pour affirmer que ce n'est pas la descendance d'un seul et même personnage ?

Ainsi disparaît, ne nous laissant aucun doute , et nous facilitant les abords de la vérité, cette distinction de descendants de Shet , appelés fiU de Dieu y et de descendants de Caïn on /ils de rhomme. Ces descendances ne sont plus que le même canon chronologique , symboliquement in* venté pour expliquer, comme on l'a vu , les progrès de la société humaine*

Ces noms forgés et leurs nombres étaient enseignés dans les mystères ; l'auteur du cinquième chapitre de la Genèse les a rapportés dans leur

* Ce changement d'ordre n'a pas eu lieu sans cause; nous ne pouvons l'expliquer ici , on trouvera cette explication dans les notes du premier verset du quatrième chapitre.

f 68 ;eloîm ,

simplicité primi^ve^ celui du quatrième les a commentés ' .

Adam et Eve, le jardin d'Eden , ses palmiers ou ses arbres, Farbre de science et Farbre de vie , le serpent qui parle et marche sur des pieds, Caïn , Abel , Lamech , etc. , tout cela perd donc le caractère historique qu'on lui attribuait et vient se ranger naturellement dans le nombre des paraboles orientales inventées dans un but moral et religieux.

Il devait donc être permis de chercher le sens intime de ces récits , c'est ce qui avait lieu dans les premiers siècles du christianisme. C'était la méthode des premiers pères de l'église ; ne pou-* vant ôter les trois premiers diapitres de la Genèse , ils les interprétaient allégoriquement. Faisons ce qui leur fut loisible de faire , et le doute succédant à l'incrédulité ramènera insensiblement les esprits que l'impossibilité ou l'absurdité dû sens littéral et voulu avaient éloignés et tournés vers le panthéisme.

« Le style parabolique, dit Richard Simon , a toujours été fort estimé par les peuples du Levant; comme le remarqué saint Jérôiiïe , il est assez ordinaire aux auteurs du Nouveau-Testament, et l'on croirait aisément qu'ils rapportent de véritables histoires, si l'on n'était pas averti que ce ne sont que des paraboles. Celle de Lazare et du

*■ Les Juifs ont toujours aimé les mots faclices inventés pour aider la mémoire; il suffit d'ouvrir une de leurs anciennes grammaires pour en avoir des exemples.

ou LES DIEUX DE MOÏSE. 169

maaYais riche en est un exemple y les noms des personnes exprimés dans ces discours ne prouvent pas qu'on les doire prendre ponr des histoires ; CAR CES nous sort ordinjurement accommodés AU SUJET ) ET IL T A AUSSI ilEK DBS FICtiOVS DAI7S LES NOMS QUE DANS LES CHOSES. »

Les différences qui existetit entre les faits cosmogoniques du second chapitre de la Genèse et ceux du chapitre premier, considérés l'un et l'autre y selon le sens littéral convenu y méritent d'êlre remarquées et ce sont celles^:!.

i^ Dans le premier récit cosmogonique y ce sont les ALÉIM y les Dieux qui agissent ;

Dans le second, c'est JÉOVÉ ALÉIM, le LUI de eeinx-«l y l'Âdoni , le mattre , le chef suprême des Dieux ; 2® Dans le premi^ récit y la terre avant la création est couverte d'eau ;

Dans le second, elle est sèche et stérile,

parce que le LUI de eeux*el , le maître des

Dieux , n'a pas fait pleuvoir sur elle ; et une

exhalaison et une vapeur nébuleuse ne s'élè-*

vent sur ellepour l'arroser, que comme moyen

préparatoire nécessaire à la création ;

S^ Dans le premier récit , les plantes sont crées

dans un entier développement , ayant en

elles leur semence, et portant leurs fruits;

Dans le second, elles sont produites en

germe et ne peuvent se développer faute de

470 JELOÏM,

pluie, et parce que Thomme n'existe pas pour cultiver la terre. Et, en effet, il est dit ensuite que JÉOVÉ ALÉIM, que fe LUI àe eeux-el , le maître des Dieux , fit sortir les plantes de la terre après la création de rhomme ; 4^ Dans le premier récit , les animaux sont créés avant l'homme ;

Dans le second^ ils ne sont créés qu'après.

5^ Dans le premier récit , les oiseaux sont créés de l'eau \

Dans le second , ils sont créés de la terre ; 6^ Dans le premier récit , l'homme est créé mâle et femelle , par un seul acte , par une seule émission de la volonté ;

Dans le second , l'homme est créé d'abord seul ; après sa création vient celle des animaux, après celle des animaux comme il ne s'y trouve pas d'aide semblable à lui, la

femme est créée; 7<> Dans le premier récit , les ALÉIM, les Dieux

placent immédiatement Fhomme et la femme sur la terre , pour qu'ils la remplissent ;

Dans le second , JÉOVÉ ALÉIM, le JLUI de ceux-el , le maître des Dieux place l'homme, seul encore, sur un terrain borné , clôturé {sepio cinclum)^ appelé jardin de délices , ou de volupté , arrosé par quatie fleuves et ayant une entrée à l'orient; 8o Dans le premier récit , les ALÉIM, les Dieux, permettent de manger de tous les fruits de la

ou LES DIEUX DE MOÏSE. 171

terre, sans condition, sans exception aucune;

Dans le second, JÉOYÉ ALÉIM, le LUI de ceioL-ei , F Adoni , le maître de ces Dieux défend , sous peine de mort, de manger du fruit d^un arbre appelé arbre de la science du bien et du mal ; 9^ Dans le premier récit , la création est divisée en six époques ou six jours ;

Dans le second , il n'est pas question d'époques ; 10^ Dans le premier récit, anticipant sur le second chapitre , la sanctification du septième jour est motivée sur le repos des ALÉIM, des Dieux , après six jours de travail ;

Dans le second , comme il n'a nullement été question de travail et de jours, il n'est pas question non plus de repos et de septième jour consacré par une sanctification ; 11® Enfin , dans le premier récit , il n'est pas question du jardin d'Eden ou de délices ;

Et, dans le second , tous les faits se passent dans ce jardin^ et ont leur cause , leur principe dans ce jardin même.

Comment expliquer des différences si grandes , si tranchées , si le récit est un , si le mémoire est un , si Fauteur pour toute la Genèse est le même ?

Le premier rccit peut être contenu dans cinquante ou soixante lignes; il n'est pas possible

172 JELOÏM)

qoe k prophète ou Scribe sacré qui les a écrites , les ait oubliées au point de se contrarier sur tous les faits qu'elles contienneiU en rédigeant le second récit* Il ftie faut, pas beaucoup de temps pour écrire dnqnante ou soisanleligties, quatre cent soixante-neuf molS) et oe senk aroir bien peu de mémoire que d'oubliée entièrement ce que ces mots constatent en arrivant »u quatre cent soixante dixième.

Ces deux récits ne sont donc pas du même auteur.

« Je doute qu'on puisse attribuer à Moïse ou » aux écrivains publics ^ qui étaient de son temps, » le peu d'ordre qui se trouve en. quelques en- )) droits du Pentâteuque

» Peul-on s'imaginer, dit Richard Simon, » qu'un historien ait écrit l'histoire de la créa- » tion dé Thômme avec le peu d'ordre qui se trouve » dans lèis piremiers chapitres de la Genèse, ou » les mênies choses sont répétées plusieurs fois » sans aucune Itiéthode et comtiie hors d'œuvre ? » et, de plus, après que Thomme et la femme » ont été créés , wa chapitre premier, verset 27 • )) On suppose que la femme n'a pas encore été » faite , et l'on décrit au chapitre suivant la ma- » nière dont elle fut tirée d'une côte d'Adam. » Néanmoins , dans le même chapitre , il lui )) avait été défendu auparavant sous le nom de » son mari , qu'elle accompagnait dans le jardin , » de manger du fruit d'un certain arbre. Il n'y » a pas plus d'ordre dans le reste de la narra-

ou LES DIEUX DE MOÏSE. 173

)) tien des autres choses que dans celle de rhomme ;

» et je ne sais s'il suffît de dire que toutes ces ré*

» pétitions sont des récapitulations ', parce qu'el-

)) les ne sont guère éloignées les unes des autres.

» Pour entendre les livres de Moïse , il faut sou-

» yent joindre plusieurs versets ensemble , et en

» commençant par les derniers remonter jus-

» qu'aux premiers, etc. »

( VoX' hifL crii, du Vieux^Testament , pag, 35^ etiidvantei, )

< Expressions employées par saint Augustin pour le tirer d'embarras dans ces circonstances difficiles.

LA GENÈSE

ALLÉGORIE GOSMOGONIQUE.

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