LA PUISSANCE— DU- PHARAON , LE PHA
RAONAT,
11 est impossible de ne pas voir dans le trôistème enseignement ^initiation aux sciences historiques , et Finitiation proprement dite :* cette introduction à la scienœ des temps anciens y temps supposés toujours de félicité et de perfection , placée ici au nombre troiê est encore calculée sur la signification mystérieuse de ce nombre , dont le nom SLS a été expliqué dans TEssai^ page 67 et suivantes.
La classe , le rang social dont le mot ÈDQL est le signe ou le nom symbolique^, est la classe des scribes sacrés , des interprètes de lu sainte science, de la Mainte doctrine; c'est telle des initiateurs , des savants , les- -quels portaient en général dans les sanctuaires le nom de JAMBRÈS', et hors du temple ceux de Thot, ou Dod (David) , d'Hermès , d'interprètes.
De même , pn ne peut refuser de reconnaître dans l'indication du quatrième enseignement , l'intention de rapprocher les mots RBO et PhRT. La classe à laquelle cet
Voyez l'Essai, pag« 33.
ou LES DIEUX DE MOÏSE. 211
efiseignement est destiné est la plus grande , la plus forte , la plus puissante, et le nom de nombre RBO quatre a cette signification ' .
Cette classe , dont le nom symbolique est PhRT , est donc celle de la grandesse de TEtat , de Tordre militaire et royal , du gouvernement en général , et la science qui lui est particulière est celle de la politique ou l'arc de gouverner.
Moïse ne fait point de commentaire sur cette classe ; comme toutes les puissances suprêmes , il suffit de la nommer ; déterminer la nature de leur puissance c'est lui assigner des limites et par conséquent en affaiblir l'idée. Le mot PhRT désigne le Pharaanat, la royauté»
PhRT prononcé PRaT ou PRoT est le nom du roi égyptien , le second avant Ghéops auquel Hérodote attribue la grande pyramide ; c'est PRoTée. PRoT , PhRoT ou PhRâT est le même nom que PhRoE , PhaRoÉ y ou Pharaon , parce que la lettre E qui termine ce mot devient souvent, lorsqu'elle est ainsi placée , la lettre T.
Le double sens des textes antiques est encore avoué ici par le mot ÈD— QL, et j'appuierais sur cette circonstance , si tout cet ouvrage ne prouvait même audelà de ce mot ■ . ÈDQL a été composé exprès pour prévenir le lecteur attentifsur l'existence de ce double sens ; car, ED désigne le discours, le langage énigmatique , à double sens y le discours exprimant symboliquement , hiéroglyphiquement , et QL veut dire gravé en figures y ciselé, sculpté en creux , soit sur le métal, soit sur le bois, soit sur la pierre, ÈDQL est donc le discours , la
PRÉDICATIOIT , l'instruction CISELÉE , GRAVÉE EN SYMBO- LES, EN HIÉROGLYPHES SUR LES MONUMENTS.
« Voyez les notes explicatives du chap. 1er, vers. 19, p. 57. • Voyez ci-dessus, pag. 118.
2 1 2 iELOÏM y
L'instruction en Egypte, au temps de Moïse, était doUô^ ainsi que l'indiquait le verset 9, partagée en quatre branches, selon la classification des individus considérés sous le rapport de rinteUigence :
1° L'enseignement pour la classe industrielle^ pour celle du laboureur et de l'artisan ;
2^ L'enseignement religieux et les règlements relatif» aux sacrifices ;
3"* L'initiation aux sciences historiques et aux sciences secrètes ;
ti^ L'enseignement relatif à la puissance du roi , au gouvernement , aux grands , aux hommes puissants dans l'état.
On comprend maintenant d'où vient la division des arbres ou stèles du jardin sacré et d'Eden en quatre classes:
1^ Les stèles relatives à la culture de la terre ;
2"* Les stèles relatives à l'enseignement religieux et hygiénique ;
8^ Les stèles relatives à l'enseignement des sciences historiques et des arts ;
4^ Enfin les stèles relatives à la puissance sociale , à la législation et au Pharaonnat.
Moïse , l'initié égyptien , fut instruit selon ce plan même ; car après qu'on lui eut appris à lire , à l'âge de dix ans :
1^ On lui enseigna l'arithmétique et la géométrie , qui alors avaient leur application , comme le mot géofnétrie l'indique, dans la fixation des limites des propriétés agricoles , pour l'ensemencement des terres après l'inondation du Nil ;
2** Ensuite on lui fit connaître la médecine , ou simplement la science hygiénique ;
3** Les sciences philosophiques et sacrées , écrites en
■ifj^^z^.^. ay J//^
L£ CXNOCEFHALE
ou LES DIEUX DE MOÏSE.
biéroglyphes et tenues secrètes pour ceux, qui en étaient indignes ;
U^ Les sciences civiles et militaires^ c'est-àr dire celles de la législation et du commandement;
Pour ces faits^ rapprochez tout ce qu'en disent Philon ^ Grégoire Âbulpharage^ Clément d'Alexandrie, etc., et* voyez le mémoire sur la Musique de l'Antique Egypte , par M, Yilloteau, chap. li. Voyez aussi au quatrième chapitre, verset 1, notes , l'accord qui existe entre l'ordre de ces quatre degrés d'enseignement , et celui des quatre pI^emières générations, Gain , Âbel, Enoch etirad.
Ainsi , ce jardin célèbre , ce paradis terrestre , dont on a fait le prétexte de tant de dissidences religieuses, de tant de recherches sans fruit, de disputes sans fin, de persécutions sans miséricorde; ce jardin n'était qu'un collège sacerdotal , qu'un gymnase éthiopien ou égyptien (l'un et l'autre peut-être, puisque les mots GIÈOUN et COUÇh, sont l'un propre à l'Egypte, l'autre à l'Ethiopie), où les individus qui recherchaient l'initiation introduits nuê^ OROUMIM, c'est-<à-dire sans instruction, maisontelligeniêy aptes à pénétrer les secrets de la science , à découvrir la vérité, ne rougissaient point de leur nudité intellectuelle, de leur ignorance, tant qu'ils n'en apercevaient pas la bassesse , tant qu'ils n'avaient point été admis à une instruction quelconque ; et qui sortaient de ces gymnases revêtus de science et de sagesse.
Alors
FEteritel
JÉOVÉ
le-LUI, TAdoni, le maître
llieu.
AXÉIM
de CEUX-CI, des Dieux^
2iu
JELOm
IQÈ.«
fit porier, fit amener à rechercher Tinstructioa,
AT
Tindividualité
l'IiMMMie»
EADM*'
de l'être adamique ( tout homme individuellement
et sans distinction,)
£t |io«a tuf
UINEEOU
damileJiMNilii BGN
ODN
jpour cultiver
lui LÔBDE
et pour ifard0r
lut. ULÇbMRE
Et il la fit poser, il la fit admettre [cette indivis
lité)
dans le jardin , dans le bois sacré
de la synagorie, de Tass^nblée religieuse (où se fait Tinstniction, et renseignement en général ]
pour Faction d'adorer, de servir, d*honorer d'un culte , de cultiver lui,
et pour celle d'observer, de veiller ce îieu^ de le conserver.
•• LQE., attirer j gagfier,, séduire par un discours adroit et plein d* agrément j rechercherj se procurer t instruction j ta connaissance de la doctrine,
■7 Remarquez ici l'origine du vieux pi-écepte de l'inilialion, AAl TDRGhOU TMTzAOU , si quœsieritis invenietis ; proclamé ainsi par la Pythie, ëvrèseïs ean Zètèsè9, invenies si quoBsieris , et enseigné en ces termes par Jésus , Zèteï , Kai eurèseÏs quœritCj et invenietis : cherchez et vous trouverez^
L'enseignement donné sans distinction, à tous les hommes dans les assemblées religieuses-, BODN , est par le
OURLES DIEUX DE MOÏSE. 215
charme de cet enseignement un moyen d'amener chaque^ homme en particulier au besoin d'ane plus haute instruc- • tion. Les membres du sacré collège , bien loin de refuser * la connaissance de leur science , cherohent à gagner les hommes dignes d'être admis au nombre des élus.
La seconde partie de ce verset laisse apercevoir facile^ ment que le. premier soin de celui qu'on avait amené à désirer, l'instruction était de . veiller à la conservation du jardin sacré , duDromos, et à celle des arbres de science» qui s'y. trouvaient.
Le signe symbolique et hiéroglyphique du gardien était le chien, dont le nom hébreu GLB est formé de GLA fermer y empêcher, garder. Celui.qui voulait remplir ce& fooetionSy dit HorapoUon, devait méditer beaucoup , aboyer, avertir continuellement comme le chien y ne forvorieer personne y ètr» inexorable. Ov, le cynocéphale- (le porteur de la tête symbolique du chien), dit-il encore , désignait/^* lettres^ la terre et le sacrifice, trois significations qui se rapportent à celles du mot OBD , désignant j i"* la culture de t esprit, le travail ou l'étude ; 2** la culture de la terre , et 8° la culture de la religion 5u le culte , les sacrifices.
« Lorsque, le cynocéphale, dit-il également, était amené dans le temple pour y être nourri , le prêtre met-, tait devant lui 4es tablettes , une plume et de l'encre , pour voir s'il était de V espèce qui connaissait les lettres et s'il écrivait- » — « Ils le consacraient à Hermès dont les lettres , engénéral, étaient le partage, ' »-
Rendons à cette phrase le sens naturel qu'elle doit avoir et qu'on en voit jaillir maintenant^ et nous dirons qu'avant, à'être élu , d'être admis dans le nombre de ceux qui avaient droit à l'initiation , il fallait subir un examende-
' Voyez la planche ci-jointe..
JELOIM
vant un des prêtres du sacré collège , afin que l'on pût connaître le degré d^nstruction et la capacité du nouvel appelé; et qu'ensuite on le mettait entre les mains du Tôt,, du Dod, du savant, de l'Hermès, de YHerme^ neus , interprète de la sainte Doctrine, et Finvènteur des TELIM, des chants de louanges ou psaumes. C'est alors qu'on lui prescrivait des devoirs , qu'on lui indiquait ce qu il pouvait dire , publier, diral^uer, et les choses qu'il devait taire et garder dans le fond de son cœur.
Ht
Et
l'Etemel
JÉOVÉ
le LUI, l'Adoni, le maî-
tre
Hieu
ALjSIM
de CEUX-CI # des Dieux
douiM un en-
«eignement
^ITzOU
fit intimer un ordre exprès , fit donner un commandement
ÔL
au sujet,
Aibutt , l'ItoittK
me
EADM
de l'homme adamique, de l'homme en général,
en «Umutt.
LAMR
pour Faction de dire, pour qu'il fut dit.
ne «Ml*
MCL
De toute
arbve
ÔTz«»
substance forte et U-
** De la multitude ,., de t homme vulgaire composant la masse ignorante du peuple. L'homme DAM-os ou PEM-os,/?^«/?/^. (Voyez la note du vers. 1, chap. 6 de la Genèse*
»o De OTz vient OTzM , la substance , l'essence propre croissante et progressive des choses ; celle du raisonnement et qui en fait la force. Son symbole est le bois, (a stèle-, de OTz^ l'élément,
^ ou LES DIEUX DE MOÏSE. 217
gneitse t bois , table , stéle , taUe d'enseignement , de conseil, d'avis^ duJuMUii EGN dujardin, du bois sacré,
iiMMi0e»iit ACL alimentation commune
à tous , livrée , divulguée à tous tu manseriMi. TACL ^ tu feras alimentation ».
tu feras la divulgation , ta donneras connaissance à tous^
substance forte et ligneuse , et de TzME , croître > végéter et éclairer, porter la lumière , éclairer les sens et par conséquent l'entendement. \
'• ACL. ciamapit, divulgapit, in pubticumprotulit, quod et Bdo apud latinos.^^ Ce sens chaldaïque, employé ici pour Tallégorie , répond à QRA , lire a haute voix. ( Voyez Buxtorf. )
Le mot ACL , que Tusage fait traduire ici par manger j s'alimenter dans un sens physique et matériel , désigne aussi V alimentation de tesprit et signifie proclamer^ publier y faire connaître^ rendre commune à tous par la divulgation, divulguer ti ^2lV suite accuser. Cette signification, conservée principalement en chaldaïquCf a disparu par la version vulgaire; mais elle se fait voir lorsque le mot ACL est joint à QRTz , quelquefois aussi sans qull lui soit joint . Il est d'ailleurs impossible de ne pas sentir dans le mot A-CL cette idée de communication, de totalisation , celle de rendre commun à tous, puisque la racine CL qui le domine offre le double sens de nourrir, de donner de la nourriture, de la consommer^ et celle de totalité, de généralité, de communauté des choses^
C'est même de ce mot CL ou CLL que venait le nom d'une espèce de pain appelée CyLLeste en Egypte ^ COLL-ix et COLL-ura en Grec,
2i 8 £LOÏH ,
Une réflexion se présente : c'est que malgré tout cevqu'on a pu dire ^ il paraîtrait que les prêtres égyptiens . ne faisaient point un mystère absolu de la science , et qu'ils ne la donnaient aux initiés que pour qu'elle fût par eux enseignée aux hommes de toutes les nations. Mais il est une science dont les hommes abusent, parce qu'ils sont autant sous Tempire du mal que sous celui du bien 'r* cette science peut être enseignée à ceux qui sont incapa-. blés d'en abuser ; elle ne doit pas être divulguée. — ÈNC . LNÔR ÔL Phi UDRCOU , inities le Jeune itomme •elon la boiielie , et 0» conduite relisieuse^ dit l'auteur des proverbes, c'est-à-dire ne lui faites de ré-^ vélations, ne l'enseignez que selon sa discrétion connue et sa piété. On voit que même dans ce proverbe antique , la science est présentée à l'esprit en faisant allusion à l'alimentation. Le mot £do, Edere, lui-même signifie manger, publier^ divulguer.
Les Egyptiens plaçaient dans le sanctuaire, nommé par les Grecs adytan, les choses les plus saintes et qui ne devaient pas être communiquées au vulgaire. Les Hébreux remplaçaient ces adytes par un voile. — (jEgyp-tii quidem per ea , qu^ apud ipêos vocantur adyta , Hebrœi autem per vélum tignificarent, (^Clem. d'Alex* Sirom. h, pag. 556.) — Dans le lieu saint étaient cachés les écrits véritablement sacrés , et qui ne pouvaient être communiqués qu'aux initiés. On s'expliquait avec le vulgaire d'une manière allégorique et en paraboles ; on lui disait la vérité , mais pour lui le temps n'était pas venu où il devait, ou il pourrait la comprendre. — (^Fobis datum ett noue mytteria, illis non est datum. Ideo in para- ^ boliê loquor eis; quia videntes non vident ^ audientes non audiunt , neque intelligunt.^
Tous les peuples, dit Clément d'Alexandrie, qui onlv
ou LES DIEDX DE MOÏSE.
traité des choses en ont eaché le principe. Les philosophes les pins célèbres de Tantiquité observèrent la même méthode y et parmi* les écrits d'Aristote , Gicéron remarque qu'il y avait une semblable distinction. On nommait ex6terika ceux qu'on pouvait communiquer au public , sans distinction , et esôterika ceux dont les sages et les savants seuls devafent prendre connaissance.
Orijgènes dit aussi qu'il y avait une doctrine extérieure et une doctrine intérieure parmi les philosophes.
Enfin , — Perfeetis quœdampalam faciès, quœdam sapientibus absconse trades, dit JÉOVÉ dans le qua«trième livre d'Esdras.
HAtoderiuplHre UMOTz
Mais du bois , de là ta^
ble écrite , de la stèle ,
de la science
EDÔT *'
de la divination , de la coQuaissance.
du bien
ThOUB
bonne, portant au bien,
et du mal
URÔ
et mauvaise , et portant au mal ,
ne pa»
LA
ne pas
tu manderas
TACL
tu feras alimentation, tu feras là divulgation, tu donneras connaissance à tous
de lui.
MMNOU»*
d'aucune préparation ex-
3t DOT ThOUB URO , la science portant au bien et au mal , est la science du doute* C'est la science de Tzyphon ou Typhon j le génie enseignant le doute, conduisant vers le doute, suivant Ténergie de son nom , composé de TzY , enseigner, diriger, conduire vers, et de PhON , le doute. C'est un des ALEIM ; nous le verrons bientôt sous le nom de NÈCH , leprobateur, le tentateur, celui gui éprouve.
^ Revoyez p«ur le mot MN l'observation au verset 9 ci-dessus»
^LOlRT.
pmree que CI
dans le Jour BIOUM de miiii0er toi ACIiC
de lui
MMNOU
mouroiity mor*
tel MOUT *>
tu moumi»
TMOUT
traite , d'aucune alimeihtation provenant de loi..
Parce que Au jour, à l'époque de faire toi Talimentation y de faire toi la divulgation f de donner connaissance à tous d'aucune partie extraitef.
d'aucune alimentation^ provenant de lui
mis. hors ^ renvoyé (fait MoShé ou Moïse], tu seras un renvoyé (un Mosé, un Musée, un Moïse ), tu changeras de lieu.
'' Chald. pour MOVÇh , palpé , touché , scruté , exploré selon sa mesure j sa capacité; renvoyé , changé de lieu, MOUTH, changé de lieu , MITh , changé , etc. — Ce changement était considéré comme un point d'arrêt, une déchéance \ Pinitié missionnaire mourait pour l'initiation , il ne participait plus à l'arbre de vie, son nom ne pouvait y être inscrit, il était simplement missionnaire, envoyé, apêtre. *
La position dans laquelle Tétre adamique admis à l'initiation se trouve placé , le lieu de la scène , et Tobjet connu de l'allégorie ou de la parabole mosaïque, ne nous permettent plus de voir dans le fameux MOUT TMOUT la menace d'une véritable mort, interprétation démentie d'ailleurs par la suite de la narration. Il est évident (pie l'auteur joue ici sur le mot MOUT, comme Homère joue sur le*mot outU dans l'histoire d'Ulysse et du Cyclope.
MOUT veut le double sens , et l'erreur est venue de ce
ou LES DIEUX DE MOÏSE. 221
Yjue le sens le plus natarel , le plus conforme à la suite du récit, a été rejeté effacé par une habitude de vingt et quelques siècles, et qu'il a été par conséquent impossible de le rétablir, sans s'exposer.
Dans ce mot MOUT, MYT ou MIT, écrit et prononcé aussi MOUTh , MITb et MTh , venu de MT, qui désigne un lieu , une enceinte habitée > l'action de tendre vers ce lieu , d'en quitter un pour passer dans un autre , peragrare terram, on a voulu ne voir que la signification de mourir y et il n'a pas été permis de voir autrement.
On pouvait aisément reconnaître que MOUT est chaldaïque pour MOUSh ou MSh ; et MOUT aurait alors offert le sens de changer de lieu , être retiré , renvoyé d'un lieu y ce qui se serait accordé avec le mot GRÇh du chapitre suivant , verset SA.
La signification de ces mots MOUT TMOUT n'est donc pas pour ce récit mourant tu mourras , mais renvoyé , exilé, fait missionnaire , tu passeras dans un autre lieu. En effet , Adam et Eve ne meurent pas , Adam même après son indiscrétion vit encore neuf cent trente ans , ce qui est une assez longue vieillesse. Mais il passa de l'intérieur à l'extérieur, selon la force du mot GRÇh ; il eut qualité de chef de mission, à^ étranger sur la terre , et de voyageur (^Aq GR, être étranger quelque part et RÇh , avoir permission , pouvoir y autorisation de commander. )
Strobée cité le passage d'un auteur ancien qui avait dépeint le spectacle des mystères, en ces termes :« L'ame éprouve à la mort les mêmes passions qu'elle ressent dans l'initiation \ et les mots même répondent aux mots, comme les choses répondent aux choses \ mourir et être initié ^ s'expriment par des termes à peu près semblables ( Telentan et Teleïsthaï.) »
Le mot terrible de Moïse n'est donc qa'une expression équivoque employée pour faire comprendre les difficultés, les dangers mêmes qui attendent Finitié, s'il veut devancer le temps où doit avoir lieu poiir lui le dernier degré de l'initiation ; s'il se plonge précipitamment dans la science de Typhon ^ science du doute ; en un mot, s'il veut voler la êogeise ' .
Le changement chaldaïque de MOUÇh , MOÇh ou MÇh en MOUT , MOT ou MT, avait été calculé pour couvrir le nom de Moïse qui se serait trouvé dans le texte sous la prononciation pure hébraïque; ce mot aurait trop évidemment rattaché le culte hébraïque au culte secret de l'Egypte. Pour les prêtres égyptiens qui combattirent la mission de Moïse , ce grand homme fut un initié indiscret qui , se voyant exclus du sanctuaire , se mit à la tête de ceux qu'il avait initiés en masse.
Le bois sacré dans lequel se trouve l'être adamique est un bois planté principalement de palmiers , et c'est sur les feuilles ou sur le bois du palmier que les anciens avaient écrit les éléments des sciences ; or, il est assez singulier que dans les mystères 4'Athy s il fût défendu aux initiés de se nourrir du firuit dupahnier.J)BXï& ces mystères, Cybèle était évidemment la déesse toute-puissante et mamelue , la nature , l'Isis terrestre , indiquée par la ShiDÉ ou l'IShiDÉ du texte de Moïse.
Dans la description que MM. Jollois et Devilliers font des sculptures du palais de Memnon à Thèbes , se trouve celle de deux iBgures enveloppées par le feuillage à'un arbre dont les fruits ont la forme même des légendes hiéroglyphiques.. Une des figures est debout devant celle qui est assise. Celle-là trace quelques caractères hiéro-
« Voyez les notes du verset 10.
ou LES DI£tJX DE MOÏSE.
tglyphiques. sur un des fruits , avec un style qu'elle appuie sur un bâton à crans 9 passé dans sa main gauche et sur- Tnonié d'une espèce de /aw/erwtf (symbole apparemment de la lumière qui éclaire Fintelligence), c'est l'attribut du personnage à tête d'Ibis , représentant Thot, ou Mercure égyptien ( inventeur des sciences ). Derrière la figure assise 9 à une certaine distance , il s'en trouve une autre qui n'est point enveloppée par les branches de l'arbre ; elle tient aussi un bâton à crans , et elle est occupée à graver une légende hiéroglyphique que l'on aperçoit sur un des fruits suspendus à l'arbre.
Un semblable tableau sculpté , ou au moins composé très-probablement avant la naissance de Moïse , est la meilleure explication que l'on puisse donner du sens intime attaché aux expressions OTz EDOT , OTz ÉÈIIM ; il n'est plus possible de s'en tenir au sens littéral, à moins qu'un parti pris d'avance, ou que des raisons de position ne ferment nos yeux à la lumière que nous présente ici .Thot , personnage dont Moïse exerça l'emploi, et dont il porta même le nom.
Et
Et
FEteniel
JÉOVÉ
le LUI , l'Âdoni , le maître
Hieu
ÀLÉIM
de CEUX-CI , des Dieux
dit
— lAMR
dit:
ne pas
LA
ne pas , nest pas
lion i9 €9$
ThOUB
bonne, heureuse, por-
tant au bien
être
ÈIOUT
la vie
llionime
EADM
de Têtre adamique, de
rhomme
jeloïm\
seul
LBDOU
JeferfU
AÔÇhE
à lui
LOU
une aide
ÔZR»*
eomme au-
de-
tant de lui*
CNGDOU
selon isolé-loi, s'il est dans Fisdement »
je ferai faire convenal^èment, préparer, selon lui y à sa convenance , en lui
un aide fort et surveillant
comme son indicateur , son instructeur, son révélateur.
34 Ce mol est masculin ; il n'est pas encore ijuestion de la distinction des sexes , et ce n'est pas sous ce rapport que la création d'un aide adamique est considérée en ce moment. Par la même raison, le mot NGD celui qui indique, annonce ^ rét^èle, [/Instruit et déclare, est masculin.
Quelques pères ont tu un sens moral dans le choix du lieu pour là création de la femme : extra paradisum virfactus est, dit saint Ambroise, etmulier intra paradisum ; ut advertas quodnon loci, non generis nobilitate, sed virtute unusquisque gratiam sibi comparât.
Il est impossible de ne pas apercevoir dans le mot OZR , et par conséquent il est indispensable de la faire sentir, la valeur des racines OZ et ZR. — OZ, qui désigne non-seulement la force physique, mais Y énergie, la force de la volonté, la fermeté de caractère , le courage , la violence et la véhéfnence ; ZR qui marque tin mouvement circonférenciel , une sphère^ une sphère irradiant la lumière, le lever du soleil épandant la lumière et chassant les ténèbres qui couvraient la terre ; et qui signifie également observer, surveiller ^ se tenir sur ses gardes , avertir, prévenir.
La composition du mot NGD, qui suit, prouve que dans ce verset si les significations radicales du mot OZR
ou LES DIEUX DE MOÏSE. 225
ne peuvent pas être suffisamment exprimées dans une tra^ duction , elles doivent au moins impressionner la pensée et lui rester présentes.
En effet, le mot NGD a principalement les significations qu'on lui voit dans le mot-à*mot selon le sens intime. On comprend combien elles ont embarrassé la traduction vulgaire , aussi les a-t-on toutes effacées en éloignant ce qui se rattachait en elles à Tidée d'un aide qui surveille , qui porte une investigation prévoyante et lumineuse autour d'elle , telle qu'on la trouve dans OZR ; et en éloignant aussi ce qu'elles avaient de relatif au résultat inévitable de cette investigation , à ce désir de pénétrer, de révéler les choses cachées, nouvelles ou futures ; préparant ainsi la curiosité naturelle à la femme, puis l'indiscrétion, et puis enfin la désobéissance. Ce résultat indiqué d'avance par ces deux mots , sera décrit dans les premiers versets du chapitre suivant.
Il semble donc que selon la pensée des Gymno-Sophistes , des initiateurs égyptiens , l'homme isolé, livré à luimême, tend nécessairement vers le mal, parce que rien ne l'éclairé , rien ne l'instruit en contrariant ses vues , ses préjugés, en lui révélant, lui indiquant ce qui est réellement et ce qui doit être.
La puissance qui a créé l'homme , a , selon eux , placé près de lui , cherché en lui , dans son inclination naturelle , à sa convenance, un aide pour l'éclairer-, un être curieux, prévoyant , occupé de l'avenir, en qui réside en effet tout l'avenir, prévenant , sûr, pour ou contre les choses , lui inspirant des désirs et le gpùt des choses nouvelles. Or, il est aisé de comprendre , en étudiant la suite de cette allégorie , que selon eux la sagesse consiste à combattre les incitations indiscrètes de cet aide, de cette volonté faite pour nous, selon notre nature , à notre con-
V'6Qaiice> mais. agissmt bors d» nous; à user enA» dte BOUre rnson sq»pe)ée libre arbitra.
Ainsi , l'homme placé sur la voie de* la perfèctién , éte iinitiation reçoit d*abord les enseignements qui lui sont nécessaires pour suivre la route du. bien.;. loaU en ayai)t près de lui un esprit de surveillance et dlnvestigaUon « il acquiert la pratique du. rsûsonnement, iluae de la KJ^vi^ saus laquellfs ilni^ peut choisir et mérilep.
Ai0m
l'Eternel
lÉoyÉ
le LU](> V AdoBÎi lemaitfle
Uleu
ALÉIM
de CEUX-CI ,. des. Dieux
forma
— ITzR
fit couper^ modeler^ figurer, sculpter
MN
d Une partie , partie extraite
la ferre
ÉADMÉ
de la terre rouge, âk là
tejcre adamiqjva.
toute
toute
bête
Èir
vie , substance vivante
des eltnmiia
EÇhDÊ ;
de la toute-puissante, de la mamelue , de Tlsis terrestre, de là nature véjgétative.
et
et
toute.
tpube
—AT
substance y individualité
iFolatlle
ÔOUPh
volante
des eleuv*
EChMlM.
des cieux.
R'Anmeiifir
UIBA
Et il fit venii*, il fit faire un amener
*^ Le mot BOUA, peint l'action de venir, de se produire , en pas- B8Bt dans un autre lieu , en s'évanouissant comme le soleil lorsqu'il se couphe.
ou LES DIEUX DE MOÏSE.
vtkmÈàmé
Al vis-à-Tiâ » atuprès
EAMI de Fètre ndMiique
jyyiOfJT 'A. iselôft Tactioa de vdr, en
yision f ea spèctaele.
Comitieitt
MJSt -
C<miment
U donnemit
nom
IQRA
il lira, il nommera,
Ift lui 9 il cela*