‹ Lois de la nomenclature botaniqueChapitre 2 sur 7 · XI, XII, XIII · texte numérisé non relu

XI, XII, XIII

XIV, XV, XVI, sect. 2, l'asc. 1.

Totaux.

Quant aux espèces, le Nomendator de Steudel, l 10 édition, de 1821, avait pour 100 espèces admises, à peu près 55 synonymes 1 2 . La seconde édition, de 1840, fournit la proportion de 100 à 75 3 . Nous n’avons pas de troisième édition qui permette de continuer la comparaison. Les tables du Prodromus, publiées par M. Buek, pour les volumes VII, part. 2, à XIII, qui ont paru, année moyenne, en 1845, donnent une proportion pour 100 espè-

1 Un genre détaché d’un autre est considéré comme nouveau, mais pas celui dont le nom seul est changé. De même pour les espèces. Les genres et les espèces décrits pour la première, fois avaient reçu souvent des noms dans des listes ou des herbiers. On a compris comme nouveautés du Prodromus les genres et espèces décrits à l’occasion de l’ouvrage et publiés quelquefois dans des journaux, un peu avant, pour prendre date.

8 Le calcul a été fait sur la colonne de gauche des pages 10, 20, 30, etc., jusqu’à. 400, comprenant 893 espèces admises et 451 synonymes, qui appartiennent à une très-grande quantité de genres différents pris au hasard.

3 En calculant de la même manière. Les 40 colonnes comprennent 927 espèces admises et 702 synonymes.

ces admises de 102 synonymes \ Cette différence d’avec Steudel, pour une époque très-rapprochée, s’explique par la circonstance que Steudel ne revoyait pas les espèces une à une et citait comme valables celles que d’autres auteurs n’avaient pas détruites, tandis que les rédacteurs du Prodromus ont fait des monographies, ont revu toutes les espèces et en ont rejeté beaucoup au rang des simples synonymes. Les tables détaillées du D v Buek n’ont pas encore paru pour les derniers volumes, mais je ne doute pas que la proportion des synonymes n’y soit très-forte. A mesure que les volumes du Prodromus paraissent, la proportion des synonymes augmente. Ceci peut continuer encore longtemps. La fixation des genres tarira bien une source considérable de synonymes, mais on continuera de publier beaucoup d’espèces légèrement faites, les matériaux continueront de manquer à plusieurs botanistes pour bien travailler, les manières de concevoir l’espèce seront longtemps variées, et il y aura toujours peu d’auteurs qui se donnent la peine d’étudier toutes les formes d’une espèce, toutes les espèces d’un genre, dans les principaux herbiers de l’Europe, ce qui est indispensable pour éviter des erreurs. Les travaux faits par localités, par espèces isolées ou par petits groupes d’espèces, en herborisant dans une province, ou au moyen d’herbiers insuffisants, et les travaux plus généraux, mais d’auteurs médiocres, seront longtemps encore des sources de synonymes quant aux espèces.

Dans tout cela il est évident que la nomenclature joue un rôle très-secondaire. Elle facilite les travaux, en mettant de l’ordre dans les faits et les idées, mais elle n’empêche pas les diversités d’opinions sur la limite des genres et des espèces, surtout elle n’empêche pas les travaux superficiels, égrénés, ceux où l’auteur s’enferme dans un seul pays ou dans un seul herbier, travaux qui accumulent une quantité de genres mal faits et surtout d’espèces mal faites, qui tombent ensuite.

Viendra pourtant une époque où les formes végétales actuelles ayant toutes été décrites, les herbiers en offrant des types certains, les botanistes ayant fait, défait, quelquefois refait, élevé

1 En calculant semblablement sur les pages 10, 20, 30, etc., jusqu’à 400. Elles renferment 816 espèces admises et 831 synonymes.

ou abaissé, et surtout modifié plusieurs centaines de milliers de groupes, depuis les classes jusqu’aux simples variétés d’espèces, le nombre des synonymes étant devenu infiniment plus considérable que celui des groupes admis, la science aura besoin de quelque grande rénovation dans les formes. Cette nomenclature que nous nous efforçons d’améliorer, paraîtra alors comme un vieil échafaudage, formé de pièces renouvelées péniblement, une à une, et entouré de débris constitués par toutes les parties rejetées qui formeront un encombrement plus ou moins gênant. L’édifice de la science aura été construit, mais il ne sera pas assez dégagé de tout ce qui a servi à l’élever. Alors, peut-être, il surgira quelque chose de tout différent de la nomenclature linnéenne, quelque chose qui sera imaginé pour donner définitivement des noms à des groupes définitifs.

Cela est le secret de l’avenir, et d’un avenir encore bien éloigné.

En attendant perfectionnons le système de la nomenclature binominale, introduit par Linné. Tâchons qu’il s’adapte mieux aux changements continuels et nécessaires de la science, et pour cela répandons, le plus possible, les principes de la méthode, attaquons les petits abus, les petites négligences, et mettons-nous d’accord, s’il est possible, sur les points controversés. Nous préparerons ainsi, pour quelques années, une meilleure marche dans les travaux de classification des botanistes.

Genève. 1 er août 1867.

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