BUFFON
Les femelles sont pourvues d'ovaires qui comnouniquent avec le cloaque; celui-ci est une poche ou vestibule qui se trouve à l'extrémité du canal intestinal et qui reçoit les orifices des voies génératrices, urinaires et de défécation. — Nous avons vu qu'il existe un cloaque chez les Reptiles et la plupart des Poissons; les Mammifères monotrémesle présentent également.
L'acte gonésique chez les Oiseaux est très-court, mais souvent renouvelé. Les œufs sont revêtus au moment de la ponte d'une ,coque calcaire. La mère en opère l'incubation en les couvant, et les' petits en éclosent au bout de 2 à 4 semaines.
Les Oiseaux sont généralement ardents en amour. Dans beaucoup d'espèces, comme les Pigeons, les Perroquets, etc., la jouissance est précédée de baisers et de tendres caresses.
Mammifères, — Dans cette classe, qui est la plus élevée de la série, les organes de génération sont aussi les plus perfectionnés. L'appareil est composé des mêmes parties que celui de l'espèce hu-
\i maine : il y a, par conséquent, toujours accouplci ment proprement dit dans Pacte de la fécondation.
Mais la copulation s'exerce chez ces animaux de différentes façons :
Chacun sait comment s'accouplent la plupart des Quadrupèdes L*E16phant, malgré l'assertion de Buffon, n'agit pas différemment : seulement, vu la position de la vulve, la femelle ploie les jambes de devant pour rendre les approches du mate plus faciles.
Les Singes se placent sur le dos, à peu près comme cela a lieu dans l'espèce humaine.
La Baleine se renverse aussi sur le dos et se trouve embrassée par le mâle.
Les Hérissons, les Porcs-épics s'embrassent ventre contre ventre, se tenant droits à cause des piquants qui recouvrent leur dos.
Les Castors^ à cause de leur queue qui met obstacle à toute autre attitude, se tiennent aussi tout droits.
Chez les Chiens^ les Loups^ les Renards, les Hyènes, il y a un os dans la verge. Mais, particularité plus remarquable, pendant l'acte copulateur le gland de la verge se gonfle beaucoup, en môme temps que le vagin se resserre : de là un arrêt de coït durant lequel le sperme est distillé goutte à goutte en quelque sorte, au lieu d'être dardé, cir*
constance qui tient à ce que ces animaux manquent de vésicules séminales tenant en réserve du sperme.
Certains animaux sexués, ovipares, opèrent la fécondation sans le concours direct ou indirect d'individus mâles. C'est ce mode singulier et exceptionnel de reproduction auquel on donne le nom de Parthénogenèse (de parihenos, vierge).
On savait depuis longtemps que les femelles des Pucerons (V. ce mot.) peuvent se reproduire de cette manière. Mais les exceptions à la règle commune ayant augmenté dans ces derniers temps, on s'est mis à rechercher la cause de ce phénomène.
M. Balbiani, qui poursuit avec habileté cette investigation depuis plusieurs années, a constaté que la vésicule germinative de Purkinjen'estpas, bomme on le supposait, la seule partie qui joiie le rôle essentiel dans la constitution do Toeuf non encore fécondé par le sperme ; que chez les animaux dont il s'est occupé, il existe toujours, dans l'intérieur de l'ovule en voie de développement, une autre cellule, ou groupe de cellules, qui semble être aussi un foyer d'activité physiologique et avoir même des fonctions plus importantes que celles remplies par la vésicule germinative. M. Balbianî appela d'abord cette partie de l'ovule la cellule antipode, et aujourd'hui qu'il en connaît mieux les usages, il la désigne sous le nom de cellule embryogène. En effet, c'est
autour d*eUe, et probablement sous son influence, que s'organise le germe'iiestiné à devenir ultérieurement un embryon, tandis que la vésicule de Purkinjc, appelée improprement vésicule germinative, est le foyer primitif du travail génésique dont résulte la formation de la portion nutritive de la sphère vitelline (V. Œuf. )
a Observant ensuite avec beaucoup d'attention les changements qui se manifestent dans l'intérieur de ces jeunes œufs, soit chez les animaux parthénogénésiques, soit chez les femelles qui ne peuvent se reproduire qu'avec le concours du mâle, mais qui n'ont pas encore subi l'influence de celui-ci, M. Balbiani a trouvé qu'il y a toujours entre certains éléments primordiaux de l'ovule, d'origine différente, des phénomènes de conjugaison fort remarquables et offrant une ressemblance frappante avec les phénomènes de fécondation spermatique. Il a constaté aussi que cette sorte de fécondation primordiale des cellules génésiqueâ est même une condition de développement de tout agent reproducteur, du développement de la matière spermatique chez le mâle, aussi bien que du développement de l'ovule produit par la femelle, et que, durant la première période du travail ayant pour objet la formation de nouveaux individus, les choses se passent à peu près de la même manière que chez les animaux de l'un et l'autre sexe.
« Dans le testicule ainsi que dans Tovaire, il existe, indépendamment du stroma, ou trame générale constituant la charpente de Torgane, deux sortes de cellules : les unes, libres et reconnaissables à leur volume, sont des ovules renfermant une vésicule de Purkinje ou son homotype ; les autres, plus petites, groupées autour de la précédente, et formant par leur réunion une espèce de capsule (ou loge), dont les parois offrent les caractères propres aux tissus épithéliques
« Les choses restent dans cet état pendant le jeune âge; mais, à Tëpoque où Tactivité fonctionnelle de Tappareil génital se manifeste, il n'en est plus de même. M. Balbiani a vu qu'alors des rapprochements, des soudures, des conjugaisons s'opèrent entre les ovules ou cellules centrales et les cellules périphériques ou pariétales, mais que le mode de groupement de ces parties élémentaires varie suivant la nature du produit à obtenir, et que ce produit est un ovule proprement dit, un ovule femelle renfermant un germe apte à devenir embryon, ou bien une vésicule spermogène, un œuf mâle destiné à fournir des spermatozoïdes, suivant que le travail physiologique a principalement son siège dans les cellules pariétales ou immédiatement autour de la cellule centrale.
tt Dans le testicule ou dans la glande hermaphro-
dites, la où les spermatozoïdes doivent naître? les cellules pariétales, qui entourent la cellule ovulaire en voie de développement, se multiplient très-rapidement et constituent, autour de chacune de ces cellules centrales, une couche capsulaire qui s'accroît en môme temps que la partie incluse^ Celle-ci, c'est-à-dire Tovule primordial, bourgeonne en grandissant, et émet par ce moyen une nouvelle génération de cellules secondaires qui sont disposées radiairement et s'avancent vers la couche périphérique; puis chacune de ces cellules secondaires se soude à la cellule pariétale qui lui fait face, et il se forme ainsi un grand nombre de couples de cellules conjuguées, composées chacune de deux éléments génésiques distincts par leur origine. Or, chacun de ces couples devient alors le foyer d'un travail plus actif : la cellule pariétale ou épithélique, en bourgeonnant, donne naissance à un nombre variable de cellules pédonculées, qui se multiplient à leur tour par scissiparité (ou division spontanée) et donnent ainsi naissance à une seconde génération de cellules dont chacune, en se développant, devient un animalcule spermatique. Les petits êtres filiformes ainsi produits adhèrent d'abord à la cellule mère par leur extrémité céphaMque ; mais, pendant que leur développement s'achève, cette cellule centrale, com- ]|SM?able à une vésicule purkinjienne, disparaît com-
I r> FONCTIONS DE REPRODUCTION.
plétement, et les spermatozoïdes devenus libres se mettent à nager dans le liquide ambiant.
« Dans Tintérieur de Povaire, on observe des phénomènes analogues, mais moins complexes. La cellule centrale (ou ovule) reste en général simple, c'est-àdire ne s'entoure pas de bourgeons ou cellules secondaires ; et dans l'état normal le phénomène de conjugaison dont il a été question ci-dessus, au lieu de se manifester sur un grand nombre de points, est complètement localisé : une seule des cellules épithéliales dont se compose la paroi de la capsule du follicule ovarien se soude à la cellule centrale ; souvent elle reste visible pendant.fort longtemps, et elle constitue la vésicule embryogène dont il a déjà été question au commencement de ce rapport. En effet, c'est autour d'elle que la substance constitutrice du germe s'organise, et ce germe en se développant devient l'embryon.
a M. Balbiani a constaté que, chez les Pucerons, toute cette portion du travail organisateur de l'embryon s'effectue de la même manière chez les individus fécondés et chez les individus parthénogénésiques; toujours il y a, dans le principe, conjugaison de cellules hétérogènes, phénomène fort analogue à la fécondation qui s'opère chez les Plantes par suite du contact de la matière pollinique avec le tissu utriculaire né dans l'ovaire ; et chez les Animaux à
LA FECONDATION. lia
reproduction solitaire, de même que chez les Végétaux, cette sorte de fécondation suffît pour déterminer la totalité du mouvement génésique nécessaire à la production d'un nouvel individu réalisant le type des êtres dont il descend ; mais, chez les animaux ordinaires, le travail provoqué de la sorte s'arrête bientôt, si une nouvelle impulsion du même ordre n'y est imprimée par la conjugaison du germe et de la matière spermatique. Enfin, il résulte des expériences de Newport que la fécondité spermatique est à son tour insuffisante pour déterminer la totalité du travail complémentaire nécessaire à la production d'un individu viable, si cette fécondation n'est pas effectuée par l'action d'un certain nombre de spermatozoïdes. Lorsque ce nombre est insuffisant, l'embryon commence à se développer, mais avorte.
« M. Balbiani pense donc que la différence entre la parthénogenèse et la génération ordinaire ne dépend aussi que d'une inégalité dans le degré do puissance de l'agent fécondant primordial ; que la cellule pariétale, lors de sa conjugaison avec l'ovule primitif, exerce sur celui-ci une action analogue k celle du spermatozoïde sur le germe et que, suivant le degré d'intensité de cette influence, le mouvement organisateur persiste ou s'arrête avant l'apparition de l'embryon, de même que chez les Animaux à repro-
ductioji dioïque le développement de rerabryon s'achève ou s'arrête en route, après la fécondation spermalique, suivant la quantité de matière fécondante employée. »
§ 6. — Génération aiiemanfe.
11 est des animaux qui, au lieu de mettre au mondeune progéniture réalisant tous les caractères des individus d'où ils proviennent, donnent naissance à une série de générations dont chacune diffère de la précédente, pour revenir au type primitif après plusieurs évolutions.
a Dans le cas des Méduses propres, dit Agassiz, le parent pond des œufs d'où sortent des individus qui ressemblent à des Polypes. Ceux-ci ne tardent pas à se diviser, par une série d'étranglements en travers, en un certain nombre de disques qui, après plusieurs changements successifs, finissent par former autant d'individus nouveaux, identiques avec les parents sexués, mâleo ou femelles, et capables à leur tour de donner des œufs. Toutefois, les individus polypiformes nés d'un œuf peuvent encore se multiplier par des bourgeons chez lesquels s'opèrent les transformations qu'on vient de décrire. La souche elle-même ne meurt point, et peut elle aussi se
développer et passer par la répétition ides mômes phases. »
Il ne faut pas confondre la Génération alternante avec la Métamorphose.
Dans la Métamorphose^ en efïet, l'être sorti de Tœuf subit, Tune après Tautre, directement, toutes les transformations par lesquelles il doit passer avant d'arriver à sa forme définitive. Quel que soit l'individu, dans une espèce, il passera toujours par la même succession d'états. — Dans la Génération alternante, au contraire, l'animal né de l'œuf, au lieu de revêtir, après des changements successifs, les caractères de son auteur, produit par bourli-eonnement soit interne, soit externe, ou par scission, un certain nombre d'individus complètement différents de lui-même.
§ 7. Fécondation artificielle.
Vers la fin du siècle dernier, Spallanzani, reprenant l'idée conçue par Swammerdam et Rosel, de tenter la fécondation artificielle, et plus heureux que lui, réussit le premier et parvint à féconder artificiellement des amphibies, des ovipares et même des vivipares.
Spallanzani déroba au Crapaud terrestre une pe-
tite portion de liqueur séminale et s'en servit pour féconder avec un pinceau humecté de cette liqueur plusieurs germes ou œufs entièrement nus qu'il avait préalablement arrachés du corps d'un Crapaud femelle de la même espèce. Cette imprégnation artificielle fut suivie de fécondation.
Le môme expérimentateur obtint pareil résultat dans différentes circonstances, hors de l'animal, dans l'oviducte, avec le sperme récent et gardé pendant quelques jours mélangé avec le sang, l'urine, la bile, ou dissous dans une grande quantité d'eau. Trois grains de semence ont suffi pour spermatiser une livre d'eau avec laquelle Spallanzani parvint alors à féconder presque toute la nombreuse postérité contenue dans les cordons qu'il avait arrachés du corps de la femelle. » (Dict. de méd. en 60 vol.)
Mais ce qui fit le plus de bruit et causa le plus grand étonnement, ce fut la fécondation artificielle d'une Chienne. Le plus difficile peut-être était d'obtenir du sperme du mâle. Spallanzani y parvint; il en injecta dix-neuf grains dans l'utérus de la femelle en rut au moyen d'une petite seringue. La Chienne fut fécondée et mit bas trois petits chiens au terme ordinaire de la gestation.
Cette expérience remplit d'étonncmont Rossi, qui écrivit aussitôt à son ami : « Je ne sais même si ce que vous venez de découvrir n'aura pas quelque
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jour dans l'espèce humaine des applications auxquelles nous ne songions point et dont les suites ne sont pas légères. »
Cette prévision s'est réalisée : des tentatives ont été faites par Dehaut, Sims, Girault, qui seraient parvenus à féconder la Femme artificiellement.
Nous reviendrons sur ce sujet.
Nous ne rappellerons pas qu'on peut produire artificiellement la fécondation dans les Végétaux, en
répandant la poussière poUinique sur les ovaii'es ; chez les Poissons, en répandant la laite du mâle sur leurs œufs, etc.
§ 8. — Génération spontanée.
Existe-t-il une génération d'êtres animés, si infîmes qu'ils soient, sans le concours de parents; une génération qui soit due à la seule force de la matière placée dans certaines conditions d'humidité, de fermentation, de chaleur ? Si elle existe, elle peut être appelée spontanée.
Les anciens admettaient la Génération sponianéè. Suivant eux, des grenouilles, des crapauds, des sauterelles, etc., sortaient de terre tout formés et sans concours de germes préalables ; les insectes se formaient de toutes pièces dans la viande en putré-
faction, etc. Ces croyances erronées se sont propagées de siècle en siècle jusqu'en 1600.
Si deti êtres vivants ont pu naître de la matière sans germes ni œufs préexistants, ce ne sont que ces infiniment petits, monades, vibrions, bactéries, (jui ne sont visibles qu'au microscope grossissant cinq à six cents fois. Mais ceci n'est encore qu'une supposition, et les expériences de M. Pasteur s'inscrivent en faux contre elle.
Déjà en 1638, Redi avait annoncé que les vers qui naissent dans les chairs y sont produits par des mouches. Bufîon admit les idées de Needham, qui professait que si la putréfaction n engendre point d'insectes, elle donne naissance à des myriades d'animaux microscopiques.
Spallanzani soutint, au contraire, que les animalcules microscopiques qui fourmillent dans les matières organiques putréfiées proviennent de l'éclosion de germes qui flottent dans l'air en quantité innombrable.
C'est l'opinion que soutient M. Pasteur. Il lui a donné une sorte de consécration par ses expériences nombreuses, variées à l'infini, conduites avec un soin extrême pour éviter toute cause d'erreur.
Son premier mémoire, lu Je 6 février 1861 à TAcadcmie des sciences, produisit une grande impression. En voici le résume :
IJ^ FFX!ONDATION. 119
« Au moyen d'un aspirateur à eau marchant d'une manière continue, on fait passer de l'air dans un tube, où se trouve placée une petite bourre de cotonpoudre ; le coton arrête une partie des corpuscules solides tenus en suspension dans l'air. En dissolvant ensuite ce coton dans un mélange d'alcool et d'éther, et laissant reposer le liquide pendant vinglquatre heures, toutes les poussières se rassemblent au fond du tube, où il est facile de les laver par décantation. On fait alors tomber les poussières dans un verre de montre, où le reste du liquide s'évapore promptement. Les poussières ainsi recueillies peuvent être facilement examinées au microscope et soumises aux divers réactifs.
« En opérant de celte manière, M. Papteur a reconnu qu'il y a constamment dans l'air, en quantités variables, des corpuscules dont la forme et la structure annoncent qu'ils sont organisés.
« A ces corpuscules aériens arrêtés au passage et bientôt rendus libres par l'ingénieux procédé imaginé par M. Pasteur, faut-il attribuer l'origine des infusoires et des productions végétales que M. Pouchet rapporte à une génération spontanée? La méthode suivie par M. Pasteur pour résoudre cette question consiste à mettre les poussières aériennes ainsi isolées en présence d'une liqueur appropriée, o'est-à-dire dans l'eau contenant de l'albumine et
du sucre, et ;'t main tenir le toutdana une atmosphère inaotive. On voit ainsi apparaître, au bout de vingtquatre ou trente-six lieures, des productions organiques diverses, le liacterium termo et plusieurs mucédinées, celles-là même que fournirait la liqueur après le môme temps, ai elle était librement exposée à l'air libre.
il Une autre méthode d'expérience suivie par M. Pasteur confirme et agrandit ce premier résultat. On prend un certain nombre de ballons dans lesquels on introduit le môme liquide fermentesciblo en môme quantité. On étire leurs cols à la lampe en les recourbant de diverses manières, mais on les laisse tous ouverts, avec une ouverture de 1 à ? millimètres carrés de surface ou davantage. On fait bouillir le liquide pendant quelques minutes dans le plus grand nombre de ces ballons. On n'en laisse que trois ou quatre que l'on ne porte pas à
■J'ébullilion. Puis on abandonne tous ces ballons ■-jdsns un lieu où l'air soit calme.
a Après vingt-quatre ou quarante-huitheures, sui-
pvant la température, le liquide des ballons, qui n'a
■ subi aucune ébullition, se trouble et se couvre peu à peu do moisissures diverses. Le liquide des autres ballons reste limpide, non pas seulement quelques jours, mais durant des mois entiers. Cependant tous les ballons sont ouverts ; sans nul doute ce sont les
sinuosités et les inclinaisons de leurs cols qui garantissent leur liquide delà chute des germes. L'air, il est vrai, est entré brusquement à l'origine, mais pendant toute la durée de sa rentrée brusque le liquide, très-chaud et lent à se refroidir, faisait périr les germes apportés par l'air, puis quand le liquide est revenu à une température assez basse pour rendre possible le développement de ces germes, l'air rentrant très-lentement laissait tomber ces poussières à l'ouverture du col, ou les déposait en route sur les parois intérieures diversement infléchies.- Aussi, quand on vient à détacher le col de l'un des ballons par un trait de lime et à placer verticalement la portion restante, on voit après un jour ou deux le liquide donner des moisissures ou se remplir de bacterium. »
La question ne paraît cependant pas définitive • ment jugée pour tout le monde. Pouchet, Musset, Joly, Frémy, Trecul, Onimus ont essayé de battre en brèche la doctrine panspermiste de M. Pasteur, d'après laquelle non-seulement les animaux les plus infimes mais encore les végétations les plus simples, comme les moisissures, la levure, etc., ne se développent pas dans Tair absolument pur, c'est-àdire privé de ses poussières. Ainsi, suivant Pasteur, les poussières de l'air contiennent tous les germes des proto-organismes ; bicMi plus, ces germes sont
! >2 FONCTIOXS DR REPRODUCTION.
autonomes, ils ne se transforment pas et conservent leurs caractères propres.
Les partisans de la Génération spontanée (les Hétérogénistes] opposent à leurs adversaires (les Panspermistes ) une conclusion finale qui est comme une sorte de compromis : « La genèse primaire dite spontanée, disent-ils, suit les mêmes procédés que la génération normale. Différente à tous égards des opinions erronées des anciens et des modernes, leurs imitateurs, elle ne produit en aucune façon des organismes de toute pièce, mais seulement des ovules spontanés qui, sous l'empire (le forces analogues à celles qui président aux phénomènes de l'ovulation dans la matrice, se développent dans la meml)rane proligère, laquelle est analogue à la pellicule qui se forme à la surface des infusions. r>
FÉœNDATION DANS L'ESPÈCE HUMAINE. 12:^