‹ Lois et mystères des fonctions de reproductionChapitre 13 sur 51 · DE X*HOMME · texte numérisé non relu

DE X*HOMME

Envisagés d^ns leur ensemble, au double point de vue anatomîque et physiologique, les organes sexuels de THomme constituent un véritable appareil de sécrétion. Ils offrent en effet deux glandes qui sécrètent un liquide particulier, deux réservoirs et des canaux d'excrétion.

^ S'il ne s'agissait, dans ce travail, que de la Fécondation, une étude rapide, superficielle, des divers instruments de la fonction nous suffirait; mais comme nous devons chercher à connaître les causes de l'Impuissance et de la Stérilité, nous sommes par cela même obligés d*étudier assez complètement l'appareil en question.

Donc nous allons décrire char{ue partie qui entre dans la composition dudit appareil ; ces parties sont : le Scrotum, les Testicules, le Cordon sperma-

tique, les Vésicules séminales, les Conduits éjaculateurs, la Prostate et la Verge, dont la description sera suivie de Texamen du Sperme, produit sécrète par les glandes testiculaires (1).

Scrotum, — Ce mot, qui .veut dire bourse^ désigne cette espèce de poche dans laquelle sont contenus les deux testicules. Ses parois sont formées de plusieurs membranes superposées, dont la description anatomique nous Intéresse peu d'ailleurs ; une cloison interne sépare les deux glandes.

Testicules, — Ce sont les organes essentiels, caractéristique, du sexe masculin ; ils se présentent sous la forme de deux corps glanduleux, ovoïdes, Ipgés dans le scrotum et suspendus par le cordon spermatique dont nous allons parler tout à l'heure. Ils ont pour fonction de sécréter la liqueur fécondante, connue sous le nom de sperme.

Les anatomistes distinguent dans le Testicule : 1*^ le corps de Torgane, qui est constitué par- un tissu mou, formé d'une masse de filaments très-ténus, flexueux, considérés comme des conduits sémi-

(1) Le lecteur étranger aux connaissances anatomiques doit être averti que notre étude ne peut être ici que superficielle; toutefois, si elle lui suffit pour l'intelligeuce des actes physiologiques, il ne doit pas exiger davantage.

nifères; — 2° Vépididyme^ petit corps allongé, oblong, vermiforme, couché le long du bord supérieur du testicule, et auquel aboutissent les conduits séminifères^ qui se résument en un seul conduit, le Canal déférent, dont suit plus bas la description.

Cordon spermatique. — Nous avons déjà parlé de ce cordon, qui part de la petite extrémité ou queue de l'épididyme, pour remonter vers le canal inguinal et pénétrer dans Tabdomen. Il est composé de plusieurs éléments : artères, veines, vaisseaux lymphatiques, tissu cellulaire, etc.

Mais la plus importante de ses parties composantes est sans contredit le Canal déférent ; c'est le conduit par lequel le fluide spermatique se dirige vers son réservoir, la vésicule séminale.

Au moment où le cordon spermatique entre dans l'abdomen, toutes ses parties composantes s'éparpillent suivant leur source ou leur destination particulière, tandis que le Canal déférent se dirige en arrière, en bas et en dedans sur les côtes de la vessie, où il reçoit le conduit de la vésicule séminale qui lui correspond.

Vésicules séminales. — Ce sont deux petites poches membraneuses, .de forme conoïde aplatie, bosselées à leui* surface, et situées o])Jiquement,

une de chaque côté, à la partie inférieure et postérieure de la vessie, en deiiors du canal déférent correspondant. Ces espèces de poches sont les réservoirs destinés à tenir provision de sperme.

Conduits éjaculateurs, — De l'exlrémité antérieure de chaque vésicule séminale part un trèspetit et court conduit qui s'ouvre dans le canal déférent; de cet abouchement résulte le Conduit éjsLCulatèur, de 2 à 3 centimètres de longueur. Au nombre de deux et de la longueur de 2 centimètres environ, les Conduits éjaculateurs marchent parrallèlement en avant dans l'épaisseur de la prostate, s'accolent Tun à l'autre et s'ouvrent dans l'urètre par un orifice oblong sur les côtés du verumontanum. (V. Urètre,)

Prostate. — Corps chainu, glanduleux, du volume d'une noixenviron, unique et symétrique, qui embrasse le col de la vessie et l'origine du canal de l'urètre. Sa forme est celle d'un prisme losangique, dont la grosse extrémité regarde en arrière et le sommet en avant. Son tissu, dur, friable, est formé d'un assemblage de granulations réunies en lobules d'où naissent de tout petits conduits qui s'ouvrent dans la partie postérieure et inférieure du canal urétral, lequel traverse la glande sur sa fave supérieure.

La Prostate livre passage, dans Tépaisseur de son tissu, aux canaux ou conduits éjaculateurs ci dessus mentionnés, lesquels sont chargés de diriger le sperme dans l'urètre au moment de l'éjaculation.

Verge et urètre, — Ce sont deux organes dont on ne peut guère séparer la description, puisque Tun est contenu dans Tautre.

La Verge^ encore appelée Pénis^ Membre viril^ est cette partie cylindroide qui, molle et pendante dans rétat de repos, se redresse, grossit et durcit sous certaines influences morales et physiques. Cette propriété de changer de consistance et de forme est due à ce qu'elle est formée ^n grande partie par du tissu spongieux, érectile; ce tissu forme deux parties, appelées Corps caverneux, qui prennent naissance à la face interne des tubérosités de l'ischion, s'unissent sous la symphise pubienne pour se confondre dans le gland, qui est cette espèce de cône, également érectile, placé à l'extrémité de la verge, et la terminant en embrassant par sa base l'extrémité antérieure des corps caverneux.

Urètre — Les corps caverneux sont séparés l'un de l'autre par une membrane médiane, qui règne dans toute la longueur de la verge, sauf le gland. Au bord inférieur de cette membrane règne le canal

FECONDATION DANS L'ESPECE HUMAINE. 12y

de VurètrOy qui, prenant son point de départ à la vessie, s'étend jusqu'à Textrémité du gland.

Le canal urétral présente deux portions qu'il faut distinguer : Tune est en avant, mobile, et suit les mouvements de la verge; l'autre est en arrière, plus fixe, à coïicavité regardant en haut pour se mouler sur la convexité de la symphyse du pubis.

La première est appelée portion spongieuse; elle est logée, comme il vient d'être dit déjà, dans la gouttière des corps caverneux, à la face inférieure de la verge, où elle se montre presque sous-cutanée ; son extrémité antérieure est nommée ?n^ai urinaire : c'est le point le moins dilatable de l'urètre ; immédiatement derrière le méat est la fosse naviculaire^ courte portion du canal susceptible de dilatation.

Quant à la portion sous-pubicnne de l'urètre, elle se compose de la portion membraneuse^ point Irès-étroit et peu dilatable ; .plus en arrière est la portion prostatique^ celle qui traverse la. prostate. Celle-ci offre sur sa paroi inférieure une sorte de crête muqueuse, appelée verumontanum, sur les côtés de laquelle s'ouvrent les conduits éjacuîatoires, précédemment décrits, ansi que les conduits des glandules prostatiques, et plus en avant ceux des glandes de Cowper. '

La Verge est. recouverte d'une peau fine. Collée aux corps caverneux, cette peau devient libre en

\:\o FONCTIONS DE REPRODUCTION.

avant pour former le prépuce^ lequel est trèsmobile, couvre et découvre le gland selon les circonstances. Le prépuce est tapissé sur sa face interne par une membrane muqueuse qui se réfléchit en arrière sur le gland, présentant là, derrière la couronne^ des follicules qui fournissent une humeur très-odorante ; il est fixé à son extrémité antérieure et inférieure par un court repli de la muqueuse qu'on nomme frein.

Certains muscles appartiennent à la verge et jouent un rôle très-important dans Tacte de Téjaculation spermatique. Nous aurons à les faire connaître bientôt.

Sperme, encoreappelése?n^nce, /ïuide séminal^ fluide prolifique^ etc. — C'est un liquide épais, filant, d'une couleur blanchâtre, plus pesant que l'eau, d'une odeur sui generis, sécrété par les testicules, y

Le Sperme est composé, d'après Vauquelin, de : eau, 900; mucilage animal, 60; soude, 10; phosphate de chaux, 30; il est légèrement alcalin. Examiné au microscope, il présente une partie fluide, des globules analogues aux globules muqueux, des granules élémentaires, et par-dessus tout des corpuscules filiformes, doués de mouvement, auxquels on a donné les noms de Sperma"

F KCOX DATION DANS L'ESPÈCE HUMAINE. 15 1

tozoïdes^ iV Animalcules spermatiquos et de Zoospermes.

Les Spermatozoïdes ont été découverts en 1677 par un étudiant allemand. Leuwenhoeck en fit le sujet d'études suivies. Ces êtres microscopiques présentent une partie renflée, appelée tête, terminée par un filament désigné sous le nom de queue. Il existe des Zoospermes dans le fluide séminal de tous les animaux; mais ils diffèrent dans chaque espèce, étant toutefois toujours identiques chez les individus de la même espèce. Ils manquent ou sont mal formés chez les métis et les mulets.

. L'ani mal ité des Spermatozoïdes es t très-con testée ; on croit généralement que ces êtres singuliers no sont que de simples cellules embryonnaires, douées de mouvement, sans vie proprement dite. — S'ils sont de véritables animaux, ils doivent fournir un argument puissant en faveur.de la Génération spontanée. (V. ce mot.)

Les- Animalcules spermaUques sont plus ou moins nombreux, doués de plus ou moins d'énergie et de densité; ils peuvent manquer complètement chez certains malades. D'après Duplay, la sécrétion spermatiquo s'effectue encore chez les vieillards de 86 ans, et on y trouve des Spermatozoïdes. D'après Gosselin, le nombre de ces êtres va en augmentant depuis le testicule et l'épididyme, où ils sont rares,

jusqu'aux vésicules séminales, où ils sont nombreux. Ils se formeraient donc, non dans les testicules, mais après la sécrétion du sperme, ce qui ne se conçoit guère. Mais la chose est possible, puisque chez les Animaux, le Chien, par exemple, les Zoospermes ne se montrent qu'au moment du rut.

Le D^ Girault prétend, d'après ses recherches, que dans la jeunesse de l'Homme les Spermatozoïdes ont la partie antérieure ou tête mince et allongée, et que la partie postérieure ou queue est longue et se distinguo très-bien. Mais, chez l'Homme après 55 ans, la tête grossit et la queue se raccourcit, puis vient une époque où ces espèces de têtards n'ont plus de queue : la tête a alors tout envahi. Il leur reste bien encore des mouvements, comme les battements du cœur ; mais la progression est devenue impossible. On peut expliquer par là,, ajoute M. Girault, pourquoi l'Homme âgé, quoique pouvant encore opérer l'acte de la copulation, procrée rarement des enfants, l'être animé qui doit féconder l'ovule n'ayant plus la faculté de se diriger jusqu'à l'ovaire.

SECTION IL

Page 1