‹ Lois et mystères des fonctions de reproductionChapitre 14 sur 51 · LA FEMME · texte numérisé non relu

LA FEMME

Quoique d'une organisation plus simple que celui de THomme, l'appareil génital de la Femme peut être considéré comme un appareil de sécrétion. Il présente, en effet, deux glandes (Ovaires), des canaux déférents (Trompes), un réservoir (Matrice) et un canal d'excrétion (Vagin).

En procédant de l'extérieur à l'intérieur, nous rencontrons les sujets d'études suivants : Vulve, Vagin, Utérus, Trompes de Fallope, Ovaires.

La Menstruation, fonction physiologique, terminera ce chapitre.

Vulve, — On désigne par ce mot les parties extérieures de l'appareil génital de lafemme. Parmi ces parties, celles qu'il nous importe de connaître, sont, 1° les Grandes Lèvres ^ deux replis membraneux qui s'unissent, en bas et en arrière, à 3 ou 4 centimètres de l'anus ; 2° les Petites Lèvres ou Nymphes^ deux replis plus profondément situés, beaucoup plus petits, formés par la muqueuse des grandes lèvres, à la face interne desquelles ils se tçi minent en sy con-

134 FONCTION^ DE REPRODUCTIOX.

fondant ; 3** le Clitoris^ tubercule allongé ayant un peu la forme de la verge, susceptible comme elle d'érection, mais petit, sans canal à l'intérieur, et situé entre les petites lèvres à leur naissance ; 4** immédiatement au-dessous du Clitoris est VOri- ~ fice de l'urètre ; 5° plus en-dessous, et en arrière, l'Entrée du vagin.

Vagin. — Canal membraneux, long de 11 à 1 2 centimètres, qui commence à la vulve et se termine à Tutérus, dont il embrasse le col. Il est situé entre la vessie et le rectum, obliquement dirigé de bas en . haut et d'fiiVant en arrière dans l'excavation du sacrum. Son ouverture externe est fermée, chez les vierges, par une membrane appelée Hymen, dans laquelle se trouve ménagé un pertuis pour donner issue au sang menstruel.

Le canal vaginal est très-dilatable, d'un diamètre plus grand en haut qu'en bas ; à son entrée, ses parois sont formées par une couche musculaire appelée Muscle constricteur du vagin. Une membrane muqueuse à rides transversales nombreuses et parsemée de glandules ou bulbes sécrétoires tapisse sa face interne.

Le Vagin donne issue au sang menstruel, reçoit le membre viril dans l'acte copulateur, et procure un large passage au produit de la conception, grâce à sa grande faculté de dilatation.

Utérus ou Matrice. — Organe m usculeux, creux, ayant la forme d*une poire renversée et un peu aplatie d'avant en arrière, situé à l'extrémité supérieure du vagin, entre la vessie et lé rectum. Sa grosse extrémité est dirigée en haut : c'est le Corps deVutérus^ arrondi, recouvert par l'intestin grêle et par le péritoine doht deux replis forment les Ligaments larges^ lesquels fixent l'organe sur les côtés du bassin.

La partie inférieure, appelée Col de l'utérus^ est embrassée par le vagin, dans la cavité duquel elle s'avance d'une longueur de 2 à 3 centimètres. Ce col fait donc saillie dans le vagin ; il présente une fente transversale, connue sous le nom de Museau de Tanche, qui est l'ouverture delà matrice.

Outre les ligaments larges précités, l'Utéi/us est maintenu en position par deux autres replis du péritoine, appelés Ligaments ronds, sortes de cordons blanchâtres qui, partant des côtés de l'organe, se dirigent vers le canal inguinal qu'ils traversent pour s'épanouir dans les tissus environnants.

La Matrice est composée de fibres musculaires très-serrées , les unes longitudinales , les autres obliques et circulaires. Sa cavité, dans le repos, est très-petite et tapissée par une membrane muqueuse très-fine. A la partie supérieure el sur les côtés de cette cavité sont les .Orifices des trompes, dont voici la description :

Ovaires et trompes de Fallope. — Bien que la marche que nous avons adoptée prescrive de placer les Trompes avant les Ovaifes, il est préférable, pour Tintelligence du sujet, de procéder à leur étude simultanée.

Les Ovaires sont deux organes glandulaires dans lesquels se forment les œufs ou ovules. IJs se présentent comme deux petits corps oblongs, allongés, ridés à leur surface, placés horizontalement à la partie supérieure du bassin, un de chaque côté de Tutérus, auquel ils sont fixés par un cordon fîbroséreux appelé Ligament de V ovaire ; par leur autre extrémité ou extrémité externe, ils répondent au Pavillon de la trompe, à la frange inférieure de laquelle cette extrémité est attachée.

La Trompe de Fallopeest Toviducte de Tovaire, séparée de lui par la partie supérieure du ligament large ;elleestd'une longueur d'environ 10 à 12 centimètres, droite dans sa moitié interne, fiexueuse dans Tautre moitié, qui va s'élargissant. Chaque Trompe va des angles de Tutérus vers les ovaires, se terminant là par une extrémité évasée et frangée, qui est le Pavillon de la trompe, déjà mentionné. Parmi les franges ou languettes flottantes du pavillon, il en est ordinairement une ou deux plus longues qui udhérent à l'Ovaire. Le canal de la Trompe est trcsctroit, caché dans la duplicature du ligament large.

Les Ovaires contiennent un grand nombre de petits sacs membraneux, de volumes divers, appelés Vésicules de Graaf ou Ovariques. Au centre de ces vésicules est un corps extrêmement petit, microscopique en quelque sorte, qu'on nomme Ovule. C'est ce petit corps, cet Ovule, qui donne naissance à l'embryon après la fécondation. Cet Ovule fécondé se dirige dans l'Utérus en parcourant la Trompe de Fallope.

Menstruation, — La Menstruation est aux ovaires ce qu'est la Sécrétion spermatique aux testicules.

Comme nous avons parlé du Sperme en nous occupant des organes génitaux de l'Homme, nous devrions examiner ici ce. qui a rapport au Flux menstruel, mais c'est là un sujet très-complexe, dont la place sera mieux marquée au chapitre des fonctions génitales de la Femme.

SECTION IIL

HERMAPHRODISMB.

Nous avons vu que l'Hermaphrodisme vrai se montre dans certaines espèces d'Animaux placés au bas de l'échelle. Dans l'espèce humaine, il n'a jamais existé, bien que « le mot n'ait pas cessé d'éveiller

dans Tesprit du vulgaire Tidée d'un être merveilleux, à la fois homme et femme, pouvant remplir le double rôle dans Pacte de la reproduction, acte dévolu à chacun des deux sexes. »

Le prétendu hermaphrodisme humain n'est autre chose qu'un vice de conformation des organes génitaux, qui fait que l'individu qui le présente offre, avec l'apparence d'un sexe, quelques-uns des caractères de l'autre, mais sans qu'aucun rôle lui soit dévolu* dans les fonctions génératrices, sauf ôertaines exceptions.

Pardos études d'embryogénie délicates, patientes, on est parvenu à se rendre compte du mode d'action dé la Nature dans ses écarts, de l'erreur de la force vitale à laquelle on doit les' monstruosités et tous l^s genres d'hermaphrodisme. Ces études ne nous importent point. Il nous sufïit d'en consigner les principaux résultats.

L'auteur de l'article Hermaphrodisme du Dictionnaire de médecine et de chirurgie divise ce sujet en hermaphrodisme apparent et en hermaphrodisme vrai. Nous suivrons cette division.

Hermaphrodisme apparent. — Les Hermaphrodites apparents du sexe masculin ne sont que des hypospades très-profonds. (V. Hypospadias.) « Lo «crotum, bien réuni sur la ligne médiane, forme do

chaque côté deux replis plus ou moins épais qui simulent des grandes lèvres, niai% entre lesquels on ne trouve le plus souvent qu'un cul-de-sac peu profond ou même une simple dépression. Dans quelques cas cependant on rencontre les apparences d'une vulve presciue normale, et entre les replis de la peau s'ouvre un semblant de vagin qui atteint quelquefois une longueur de à 8 centimètres, mais dont Téiroitesse et la brusque terminaison indiquent la nature réelle.

Sur ce point, il est une remarque importante à faire, c'est que les individus réputés femmes ont eu, soit dans le mariage, soit en se livrant à la débauche, à subir les approches d'un homme, et que les tentatives répétées du coït ont amené peu à peu l'élargissement et le refoulement de cet infundibuliforme. L'urètre, dans tous les cas, s'ouvre audessous du prolongement pénien, plus ou moins en arrière. » (Tardieu.)

Chez la plupart de ces individus, les testicules et leurs annexes sont restés retenus à l'intérieur de l'abdomen, et ils sont en même temps hypospades et cryptogames.

Ambroisc Paré parle d'un jeune garçon considéré comme femme et dont les testicules descendirent dans un effort violent pour sauter un fossé.

Marie GOttlich, dit Landouzy, baptisé comme

fille, livre à de fréquents rapports sexuels avec les hommes depuis l'âge de neuf ans, vit ses testicules descendre à Tâge de trente-trois ans.

Ricco rapporte l'observation de Maria Arsano, mort à quatre-vingts ans, lequel fut réputé femme pendant sa vie et marié comme telle. Ce n'est qu'à l'autopsie qu'on découvrit son véritable sexe.

Alexandrina B... a été élevé dans les couvents et dans les pensionnats de jeunes filles jusqu'à l'âge de vingt-deux ans ; rendu à son véritable sexe par un jugement du tribunal de la Rochelle, il termina par le suicide sa misérable existence.

Dans ces exemples, et dans tous les cas analogues, — caries variétés sont nombreuses, — les principaux attributs de la virilité, barbe, timbre de la voix, manquent, et sont remplacés au contraire par une apparence féminii^ qui favorise l'erreur sur le véritable sexe. Les facultés affectives et les dispositions morales en subissent aussi le contre-coup; mais une large part doit être faite aux habitudes et aux genres d'occupations qu'impose l'erreur commise.

Quant aux impressions sensuelles, la plupart des hermaphrodites n'en éprouvent d'aucun genre.

Ceux dont la malformation des organes sexuels est la moins complète ne sont pas éloignés du commerce (les femmes ; ils peuvent ressentir des désirs,

des jouissances, et Torgasme vénérien peut aller jusqu'à rémission du sperme.

Le penchant peut changer de direction. Marie Gôttlich, déjà cité, après avoir manifesté un goût très-vif pour le comrtierce des hommes, fut ramené, par la descente des testicules, à des instincts tout opposés et en rapport avec son véritable sexe.

L'Hermaphrodisme apparent Sans le sexe féminin donne moins facilement accès à Terreur en général. En effet, Timperforation, Tabsence du vagin,, la non-existence de Tutérus môme, n'empêchent pas que les parties externes soient bien conformées. Cependant, il est des cas où, d'une part, le clitoris est tellement développé qu'il peut être pris pour une verge, et, d'autre part, où les ovaires font saillie dans les grandes lèvres de manière à faire croire à la présence des testicules.

Ex. : Home cite l'exemple d'une négresse mandingo, âgée de vingt-quatre ans, à voix rauque, à physionomie mâle, chez laquelle le clitoris avait deux pouces de long, entrait facilement en érection et avait toute l'apparence d'une verge imperforée.

Montaigne rapporte l'histoire d'un moine d'Issoire qui accoucha dans sa cellule, fait analogue à celui de ce soldat hongrois qui mit au monde un enfant en plein champ

Ces individus n'avaient du sexe masculin que des

signes extérieurs trompeurs, résultant principalement d'un développement exagéré du clitoris.

« En résumé, la difformité des organes génitaux externes chez les hermaphrodites du sexe féminin varie depuis Pexistence d'une vulve presque nor- • maie jusqu à celle d'un scrotum. Quant au clitoris, il peut atteindre les dimensions d'une véritable verge.

a Pour les organes internes , utérus, trompes et ovaires, on les trouve, mais bien rarement, assez régulièrement conformés pour C[ue la menstruation existe et que la grossesse même puisse se produire. Ce n'est que dans ces cas que les goûts et les instincts sont absolument ceux de la Femme ; mais, le plus souvent, l'utérus et les ovaires n'existent que plus ou moins atrophiés et pour ainsi dire à l'état latent, et on se trouve en face, soit de passions manifestement viriles, ce qui est une véritable exception, soit d'une neutralité physiologique absolue, comme dans les cas correspondants d'Hermaphrodisme chez l'Homme. »

Herma'phrodisme vrai. — Dans ce type, qui présente trois variétés principales, on trouve les organes caractéristiques de l'un et de l'autre sexe chez \e même individu.

L'Hermaphrodisme est dit latéral qxidind^ le corps

supposé partagé en deux moitiés par un plan vertical antéro-postérieur, Tun des côtés contient des organes mâles et Tautre des organes femelles.

L'Hermaphrodisme est vertical ou double quand, du même côté de la ligne médiane, il s*est formé à 'la fois un organe mâle et un organe femelle, et qu'on rencontre en même temps, d'un même côté, trompe, utérus, épididyme et vésicules séminales, ou bien testicules, trompe et utérus. Il va sans dire que ce n'est qu'après la mort que ces particularités d'organisation peuvent être constatées.

Voici un exemple d'Hermaphrodisme bi-sexuel.

« Rokitansky a présenté, en 1^69, h la^ Société do médecine de Vienne, les résultats de l'autopsie d'un

nommé Hoffmann, chez lequel il trouva deux ovaires avec leur trompe, un utérus rudimentaire et, de plus, un testicule avec canal déférent contenant des Spermatozoïdes. Cet individu, qui était régulièrement menstrué, avait un pénis imperforé et un scrotum bifide. L'indifférence sexuelle était absolue. »

Terminons par l'observation d'un sujet plus extraordinaire encore :

a Dorothée Perrier, née en Russie le 17 août 1790, est un des Hermaphrodites qui ont Hxé l'attention d'un plus grand nombre de médecins. H fut inscrit sur le registre des naissances comme fille.

et eut, à répoque de sa puberté, un écoulement menstruel qui ne se renouvela que pendant six mois. Le docteur Hufeland, Payant scrupuleusement examiné, en 1801, se prononça pour le sexe féminip^ Après un examen non moins scrupuleux, J. Franck avoua qu'il penchait pour le sexe masculin. Dorothée Perrier parcourut successivement la Prusse, l'Autriche, l'Allemagne, l'Angleterre et la France, se montrant à tous les hommes de l'art qui désiraient la voir : les uns la déclarèrent Homme, les autres Femme, sans qu'il y eût de preuves plus convaincantes pour le sexe masculin que pour le sexe féminin.

a Entrée à T'hôpital pour une grave maladie, Dorothée fut placée dans la salle des hommes, où elle succomba quelques joui*s après. Le chirurgien de service, surpris de voir à ce cadavre des mamelles aussi grosses que celles d'une femme, eut la curiosité d'examiner les parties génitales. Au premier coup d'œil il aperçut les deux sexes situés l'un audessous de l'autre : le membre viril en haut, la vulve en l)as. Après s'être bien assuré que le membre n'était pas un clitoris "fortement développé et la

vulve un vain simulacre, le chirurgien procéda aussitôt à la dissection des organes génitaux intérieurs : il trouva un canal déférent qui, partant des testicules, allait s'ouvrir dans une vésicule séminale

FÉCONDATION DANS L'ESPECE HUMAINE. \hh

située à droite. Cette vésicule communiquait au ' canal de la verge par un conduit éjaculateur Entre la vessie et le gros intestin existait une matrice aplatie pourvue d'une trompe et d'un ligament : Tovaire situé à gauche était parfaitement sain et de la grosseur d'une aveline,

a En face de cette organisation androgyne si frappante, les médecins et chirurgiens de l'établissement avouèrent qu'ils ne voyaient aucune impossibilité à ce que Dorothée Perrier eût pu se féconder elle-même sans le secours d'un Homme. Ce cas d'Hermaphrodisme complet est vraiment extraordi- . naire, et nous en avons rapporté l'observation telle quelle, sans y ajouter aucun commentaire. »

SECTION IV

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