‹ Lois et mystères des fonctions de reproductionChapitre 35 sur 51 · EMBRYOLOGIE · texte numérisé non relu

EMBRYOLOGIE

On donne le nom d'Embryologie à l'étude des phénomènes d'évolution successive par lesquels l'ovule, c'est-à-dire une simj^le cellule, se transforme en définitive en un être complet, semblable à ceux qui l'ont procréé."

Cette définition, que nous empruntons au Traité de la génération de David Richard, s'applique à la reproduction des ovipares comme à celle des vivipares.

Or, nous avons décrit précédemment l'œuf considéré en général, principalement Tœuf de poule pris comme type (V. P. 83.) ; plus loin, nous avons étudié V œuf humain (P. 160.) : si bien que nous ne devons ici considérer ce dernier qu'à partir du moment où il se l'^gc dans la matrice.

L'ovule, (]ni, ; cndant son trajet dans la trompe de Fallopc, s'est nourri par simple imbibition, aux <l''pcns des liquides albuininoux (pii baignent ce canal, rencontre dans l'utérus, au moment Jiiil y ai rive, une muqueuse trcs-hypertr(»phice, dans l'un

35 fi FONCTIONS DE REPRODUCTION.

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des plis de laquelle il se loge, comme dans un nid, mais les bords de ce nid vont bientôt Tentourer complètement et former plus tard la membrane caduque^ laquelle est l'enveloppe la plus externe de l'embryon.

Ensuite l'ovule forme lui-même les membranes appelées chorion et amnios^ lesquelles vont lui fournir un appareil régulier d'absorption.

a Par un phénomène particulier d'involution , l'amas cellulaire qui va devenir corps de Tembryon s'enfonce vers le centre de la cavité vitelline, en entraînant avec lui la portion de membrane vitelline correspondante. Il en résulte, à ce niveau, une dépression analogue à celle que l'on produirait sur une sphère de pâte en y appuyant la pulpe du doigt : le fond de cette dépression est occupé, cela résulte des faits précédents, par le corps de Tembryon ; mais les bords de cette dépression s'élèvent de plus en plus et tendent à se joindre, pour se confondre en un orifice de plus en plus petit, comme l'ouverture d'une blague à labac ou d'une bourse, ouverture qui se fronce à mesure c^ue l'on tire sur les cordons destinés à la fermer.

« Bientôt cet orifice s'elïace lui-même tout à fait, et la dépression primitive se trouve transformée en une cavité close, en une poche, au fond de laquelle

se développe Tembryon. Cette poche se remplit de liquide exsudé par ses parois. »

Telle est Torigine de la poche amniotique ou membrane amnios et du liquide amniotique dans lequel est baigné et comme suspendu le fœtus, mis ainsi à Tabri des chocs violents.

Entre la caduque et Vamnios se forme une autre membrane, le chorion^ déjà nommé.

La vésicule om^bilicale est un organe de la plus haute importance pour les embryons d*Oiseaux, auxquels il fournit, pendant toute la durçe du développement, une provision de nourriture qu'absorbe un appareil circulatoire particulier ; mais cette vésicule ombilicale joue un très - faible rôle dans l'œuf humain; elle disparaît de bonne heure, comme Tappareil circulatoire dont il vient d'être parlé, attendu que Tembryon établit bientôt des rapports directs de circulation avec la mère au moyen du placenta.

Le Placenta se forme comme il suit : au point où Tœuf est en contact avec les parois de l'utérus, le chorion devient épais, vasculaire, et acquiert un développement extraordinaire : c'est une masse charnue parsemée de saillies (appelées cotylédons), en communication avec pareilles inégalités de l'utérus hypertrophié ; c'est enfin une espèce de gâteau circu-

laire qui reçoit en abondance des vaisseaux sanguins appartenant à la mère.

La face du placenta qui regarde le fœtus renferme les ramifications des vaisseaux allantoïdiens, lesquels plongent dans la portion de ce même placenta qui est en rapport avec Putérus : de telle sorte que cette niasse charnue est le lieu des échanges nutritifs entre Torganisme fœtal et l'organisme maternel. Le sang du fœtus vient s'enrichir, par endosmose, de matériaux puisés dans le sang de la mère, matériaux qui vont au produit de la conception par la veine ombilicale qui fait partie du cordon, pour retourner à la mère par les artères de ce même cordon, lequel pénètre dans le corps du Fœtus par une ouverture qui formera plus tard la cicatrice ombilicale. (Voir la planche II, et la légende en regard expliquant la Circulation fœtale.)

Nous n'indiquerons pas ici par quelles métamorphoses successives se constituent les organes du fœtus : cotte étude exige des connaissances spéciales en anatomie et en physiologie, et d'ailleurs elle n'offre aucun intérêt pratique ; mais nous suivrons l'embryon dans ses progrès de dca^eloppement, de poids et de perfection les plus importants.^

L'Embryon humain n'a que 2 millimètres de lonîrueur douze jours après la fécondation.

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quarante jouis après latocondalion. A cette période, on peut distinguer une grosse extrémité qui forme la moitié du corps quant à la masse : c'est la tcte, où Ton voit deux points noirs qui sont les rudiments des yeux, et une fente transversale qui indique la bouche. Les quatre membres ne se dessinent encore qu0 comme quatre papilles h peine saillantes et informes. Le cordon ombilical s'insère tout près de l'extrémité inférieure du corps.

Vers la fin du deuxième mois, Tembryon a environ 45 millimètres. La tète se dessine mieux; un sillon, qui sera le cou, la sépare du tronc. On voit la main apparaître, mais très longue et formant la presque moitié du membre supérieur. Les organes génitaux se dessinent par une fente qui ne donne pas encore le caractère du sexe.

A trois mois, Tembryon, — qui prend alors le nom de Fœtus, — est parfaitement formé. Il mesure 13 à 15 centimètres et pèse environ 80 grammes. La tête est nettement dessinée ; les membres sont detacliés du corps, mais fléchis sur le tronc ; le pavillon de Toreille apparaît.

A six mois, le fœtus est long de 33 centimètres; il pèse 1 kilogramme; la tête présente des cheveux: Textrémité des doigts, des ongles.

A sept mois, le petit être est de 2 kilogrammes ei sa longueur de 40 centimètres. La peau est couverte

de matière sébacée; les organes intérieurs, squelette, viscères, sont assez développés pour que TEnfant naisse viable.

Mais ce n*est qu'à neuf mois qu'il est à terme, c*est-à dire arrivé au degré de développement qui lui permet de respirer librement dans Pair et d'apsimi- 1er une nourriture appropriée à ses organes délicats, le lait. Alors sa longueur est de 46 à 50 centimètres, et son poids de 3 kil. 500 (soit 7 li\Tes). Les membres inférieurs, bien développés, forment le tiers de la longueur du corps.

SECTION II

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