PHÉNOMÈNES RELATIFS A LA FEMME
L'utérus, par le fait même de la fécondation et par la présence du fœtus, est le siège d'un mouvement nutritif particulier : son volume s'accroît avec sa cavité; son tissu propre change de nature, il devient tout à fait musculaire; ses parois s'épaississent ainsi que sa muqueuse ; sa forme devient sphérique, et sa position change.
Pendant les trois premiers mois, l'utérus est encore plongé dans la concavité du sacrum, où son ^ fond se renverse un peu, se portant à droite à cause du rectum. Il résulte de là que le col est dirigé un
peu en bas, en avant et à gauche. A quatre mois, l'utérus est élevé de deux à trois travers de doigt au-deasua du pubis ; à cinq mois, ii efet à un travers de doigt au-deasous de l'ombilic ; à six moia un au-
I organe*
Etat dea ..„
moment oà le col e
peu près entièrement dilata, la pocbe des eaux fait «ailtie daos le vagin et la tête s'engage.
A et B, vertèbres lom' baires et Eacrum . C, rectum doQt UQB portion de paroi est eoleviie, ce qai «Q laissa voir l'intârieur.
D, coccyx. E, intérieur du vagin, F, sjmphjsB du pubis. G, vessie. H, tête du fœtus en première position. I, poche des eaux, K, paroi de la matrice. L, cordon ombilical.
M, placenta. N, intestin grèTe. 0, gros intestin.
deasus; à sept mots, trois; à huit mois, quatre ou cinq. Dans le commencement du neuvième mois; l'ulérus s'élève encore, mais, dans )a dernière quinzaine, il s'abaisse un peu, la tôte du fœtus s'enga-
géant dans Texcavation. En s*éjevant, Tutérus suit la direction de Taxe du détroit supérieur et se porte en avant à cause de la saillie de la colonne lombaire. Son col s'épaissit et présente un ramollissement qui augmente par degrés ; il conserve ses longueurs jusqu'à la dernière quinzaine; mais, à ce moment, il s'efface de plus en plus et son extrême minceur indique que le commencement du travail de l'accouchement est proche.
Le ventre augmente de volume, cela va sans dire ; mais dans le premier mois, cette augmentation est due à la présence de gaz ; quelquefois, au contraire, le ventre est plus plat qu'auparavant, ce qui a donné lieu à ce dicton : « A ventre plat, enfant il y a. » C'est à partir de trois mois et demi que la saillie du ventre se fait régulièrement jusqu'au terme. Alors la peau abdominale est distendue et marquée de vergetures brunes, la dépression abdominale a disparu. La Femme éprouve de la difficulté à marcher à cause du relâchement des symphyses du bassin, et elle se tient un peu renversée en arrière pour maintenir l'équilibre rompu par le poids de l'utérus gravide porté en avant. Ses fonctions sont troublées par la pression qu'exerce cet organe distendu sur l'estomac, sur les poumons et le cœur, en refoulant le diaphragme en haut ; sur la vessie, le rectum, en ressant dessus, etc. : de là
inappétence, dégoût d*aliments, goûts bizarres, nausées, vomissements, palpitations, ^éne de la respiration, toux, congestion céphalique ; de là, rétention d'urine^ constipation, etc.
La circulation est activée, le pouls plus fréquent. Tantôt il se produit une pléthore sanguine et le sang tiré de la veine offre un caillot volumineux et recouvert d*une couenne ; tantôt au contraire le sang devient moins riche, plus séreux, le caillot en est plus petit, quoique couenneux encore. Ce dernier état constitue la pléthore séreuse.
La sécrétion urinaire présente certaines altérations ; les reins, congestionnés mécaniquement ou par une action vitale particulière, sécrètent souvent une urine qui contient de Talbumine en plus ou moins grande quantité; or cet état s'accompagne presque toujours d'hydropisie du tissu cellulaire et d'autres accidents tels que Téclampsie, Taccouchement prématuré, etc.
Ajoutons enfin que la Grossesse affecte les fonctionStSensoriales ; elle cause une certaine irritabilité générale, un changement d'humeur, de l'inquiétude, de la tristesse, une aversion pour le mouvement. Les troubles nerveux peuvent même se transfoi^mer • en monomanie et priver la patiente de son libre arbitre. Lés excentricités de caractère, les actes ré-
préhensibles, criminels même, ne sont pas trèsrares commis par les Femmes enceintes.
Quant au diagnostic de la Grossesse, il est loin d'être aussi sûr qu'on pourrait le croire, car on voit souvent des Femmes affirmer qu'elles sont enceintes, parce que leur ventre s'est développé, parce qu'elles sentent même, disent-elles, les mouvements de l'enfant, et qui ne le sont point. Ces fausses Grossesses sont dues à un développement de gaz excessif dans les intestins, dans la matrice, peut-être même dans le péritoine ; et quant aux prétendus mouvements du fœtus, il faut les rattacher à des contractions musculaires des parois du ventre.
Le palper du ventre et le toucher vaginal ne sont pas des moyens de diagnostic absolument certains ; ils peuvent induire en erreur, quoique la chose soit difficile pour un praticien instruit et exercé. Mais les signes indubitables consistent dans: 1** le mouvement de ballottement imprimé à l'œuf en frappant de bas en haut le corps de la matrice avec le doigt indicateur ; on sent ainsi quelque chose de mobile qui, cédant à l'impulsion qui lui est communiquée, retombe à la manière de tout corps mobile' nageant dans l'eau ; 2° le second signe consiste dans le bruit de souffle qu'on entend dès le quatrième mois de la Grossesse lorsqu'on applique l'oreille sur l'abdomen. Ce bruit parait avoir pour siège les gros
vaisseaux sanguins utéro-placentaires. Un autre bruit, mais très-faible, peut être perçu : c'est celui des battements du cœur du fœtus ; il est comparable au tic-tac d'une montre.
En somme, à partir du cinquième mois, la Grossesse peut être reconnue à des signes certains ; mais jusque-là la certitude ne peut être obtenue que difficilement. Ces signes, rcpétons-le, sont : le ballottement, qui peut être perçu à partir de quatre mois et demi, les mouvements du fœtus, sentis vers la même époque, surtout les battements de son cœur et le bruit de souffle placentaire.
SECTION III