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CHAPITRE DOUZIÈME

Les Seins, un des plus beaux ornements de la Femme, que nous nous dispenserons de décrire, présentent, selon les personnes, une grande diversité de forme et de volume ; ces qualités tiennent simplement à la plus ou moins grande quantité de tissu cellulaire et graisseux qui forme leur massé, recouverte par une peau remarquable par sa finesse et sa blancheur, et qui laisse apercevoir, comme par transparence, les veines superficielles.

Les seins ne sont pas seulement un ornement, ils ont une mission plus élevée et plus noble : ils contiennent la glande (glande mammaire) qui doit élaborer la première nourriture de Tenfant, le lait. Cette glande, considéréosous le rapport anatomiqiip,

donne naissance à des canaux, au nombre de 12 à 16, nommés conduits galactophores^ qui se rendent au mamelon y à la surface desquels ils s'ouvrent chacun par un petit orifice distinct.

Les mamelles, déjà augmentées de volume pendant les derniers mois de la Grossesse, deviennent le siège, après FAccouchemeut, d'une sorte d'irritation sécrétoire dont le but est la sécrétion du lait, irritation qui détermine souvent dans l'organisme une réaction générale appelée fièvre de lait.

Le lait qui est sécrété dans les premiers jours qui suivent l'Accouchement est jaunâtre, épais et sucré: on lui donne le nom de çolostrum: sa propriété principale est relâchante, et a pour effet d'amener l'évacuation du méconium, sorte de matière verdâtre, visqueuse, qui remplissait le tube intestinal du fœtus pendant la durée de la vie intra-utérine.

L'élaboration du lait devient bientôt parfaite, et alors ce liquide se compose de 8 à 9 parties d'eau, ' pour 1 à 2 parties de substances tenues en solution, telles que phosphates, carbonates, chlorures ; vient ensuite le sucre de lait et la caséine.

Le lait de vache contient moins de sucre mais plus de graisse (beurre) ; en l'étendant d'un peu d'eau et de sucre, on rapproche sa composition de celle du lait de Femme.

Même observation pour le lait de chèvre, qui

passe pour n'être pas en harmonie avec la puissance digestive du nouveau-né.

Le lait d*ânesseet celui de jument se rapprochent beaucoup du lait de Femme.

Le lait de brebis se distingue par une forte proportion de beurre.

De nombreuses influences agissent sur la quantité et la q^ualité du lait de Femme. L*âge de 20 à 30 ans est celui où le meilleur lait est fourni. Le lait de la femme brune est plus riche en principes nutritifs que celui de la blonde. Les impressions morales vives ou tristes influent défavorable ment sur la qualité du lait. Il est superflu d'ajouter qu'une bonne hygiène et une nourriture abondante sont des conditions qui exercent une heureuse influence sur la sécrétion mammaire.

Toutefois, ils se trompent ceux qui, prenant une nourrice arrivant de la campagne où elle se nourrissait mal, mangeait rarement de la viande, était privée de vin la plupart du temps, n'ont rien de plus pressé que de la gorger d'aliments substantiels et de haut goût, de vin généreux, etc. Non, il faut une mesure : d'abord, la nourrice de cette catégorie ne doit pas passer brusquement d'un régime à l'autre quand il y a une telle différence entre les deux ; ensuite, ce n'est pas ce qu'elle mange qui lui profite, mais

ce qu*eHe digère. Avant tout, ne fatiguons pas Testomac, et que la nourriture soit simple, saine, mêlée de maigre et de gras.

Les rapports conjugaux n'ont pas sur la sécrétion du lait Tinfluence fâcheuse qu'on lui a attribuée. Ils peuvent avoir lieu sans dommage à ce point de vue, pourvu qu'il n'y ait pas d'excès de commis et que la femme ne soit pas trop nerveuse ni trop excitable. "

La Lactation est très-favorable à la Femme au point de vue de sa propre santé. Quand elle se dispense de l'allaitement, l'utérus reçoit un excès de stimulation par suite du repos auquel les mamelles sont condamnées : de là peut-être une des causes les plus puissantes des affections de matrice si communes, dans les grandes villes surtout. Pendant l'allaitement, la menstruation se suspend, la fonction ovarique demeure dans l'inaction, et c'est là une condition favorable pour la mère et pour l'enfant. Mais il ne faut pas croire que la sécrétion du lait soit altérée parce que la nourrice voit revenir ses règles avant la fin de l'allaitement : cela prouve, au contraire, qu'il y a chez elle une dose de vitalité fonctionnelle suffisante pour l'exercice de la double fonction.

La durée de l'allaitement est très-variable selon les circonstances et selon les pays. En général, c'est

du douzième au treizième mois que le sevrage a lieu.

.Ce mot Sevrage doit être pour nous le signal qui nous avertit de quitter la plume et d'abandonner TEnfant et sa Mère à leur destinée respective.

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