V appréhension est l'effet de l'at
tente d'un événement capable à produire des sensations de douleur ou d'aversion. 6g. La compassion naît de la douleur que nous fait éprouver la vue de la misère et du dësir de la soulager.
70. La comparaison ne peut être séparée du jugement , et tout jugement est toujours l'effet de Fexpërience.
71. La sensation des fonctions individuelles constitue la conscience.^ c'est-àdire la sensation des sensations.
72. La Qjolonté e^X. toujours déterminée par une sensation , ou par le concours de plusieurs causes ou impulsions pour une sensation plus vive.
73. L'action de la ^volonté sur les muscles est toujours médiate, car ils ne peuvent se contracter à notre gré que par le moyen de l'influence nerveuse (i).
^ (i) Voy. lois 1,2 et 12, de l'ordre 11 , genre ni.
74- Le pouvoir uoUtif n'a aucun empire direct sur les organes de la circulation des sécrétions et de la digestion (ï).
75. La prédominance relative des sens sur le cerveau est accompagnée de ^volonté sensuelle, de même que celle du cerveau sur les sens est accompagnée d'action volitive intellectuelle.
76. L'homme ne sait réellement créer aucune chose; toutes ses opérations se réduisent à l'imitation ou à la combinaison.
77. Nous ne pouvons rien aimer que par rapport à nous ; et nous ne faisons que suivre notre goût et notre plaisir dans toutes nos actions. L'envie, la colère, la haine, la peur, là vengeance , la compassion , enfin toutes les passions humai-
(ï) Voy. loi i3, gen. 11, facultés intell.
nés , ne sont que des différentes nuances de l'amour de soi.
78. La durée de nos affections est en raison de l'aliment qu'elles trouvent chez les individus , et dans les causes qui en sont l'objet.
79. Notre haine ou notre amour est toujours un effet du mal ou du bien qu'on nous fait.
80. Tous les animaux ont deux conditions d'existence qui s'alternent avec régularité : ce sont l'état de ^veille et l'état de sommeil.
81. Pendant le sommeil^ la contractilité volontaire, les désirs et la sensibilité percevante sont en repos; tandis que les fonctions internes de la vie organique sont en plein exercice.
82. Tout ce qui est susceptible d'affaiblir les fonctions de la vie animale, ou
d'activer celles de la vie organique dispose au sommeil, e^ ^vice ojersa. C'est ainsi que la tendance au sommeil est toujours en raison de l'activité de la vie interne , et de l'affaiblissement de la vie externe (i).
83. Lorsque le sommeil s'empare de nous, notre vue et notre intelligence se troublent, nos paupières s'appesantissent, se ferment, l'ouie s'affaiblit, la sensibilité tactile diminue, et nos membres s'engourdissent ; enfin , tous nos sens s'assoupissent successivement, et chacun d'eux à des degrés différens.
84. Dans l'espèce humaine, la durée du sommeil est ordinairement de six à huit heures sur vingt-quatre. Les enfans dorment plus long-temps, et leur sommeil est plus tranquille et plus profond que chez les adultes. Le sommeil du vieillard n'est
(i) VoY> loi I r, gen. ir, facultés intellectaelles.
ni régie ni profond ; ce n'est qu'une sorte d'affaissement interrompu, qu'un assoupissement , avant-coureur du repos éternel qui le menace.
85. Les habitudes , le tempérament, le sexe, la saison, l'état de l'esprit, influent beaucoup sur la durée du sonvnieiL
86. En général, la durée du sommeil dans l'homme est en raison de l'épuisement des facultés de* la vie externe. •
87. Les occupations de la journée se représentent le plus souvent dans le sommeil ; et il arrive assez généralement que les rêves roulent sur ce qui intéresse davantage celui qui dort. Les rêves sont aussi ordinairement le résultat d'une irritation interne, apte à reveiller les mêmes idées que des impressions externes excitèrent sur notre sensibilité pendant la veille.