L'activité des fonctions génitales
(i) Tous les physiologistes s'accordent à nier la génération spontanée. Un très-grand nombre d'observations et d'expériences démontrent évidemment que la vie naît de la vie, puisque même dans les générations par boutnre, gemmes ou bourgeons, il est nécessaire que les animaux ou les plantes dans lesquelles ces espèces de générations ont lieu , jouissent de la vie. Il arrive de là que le mouvement où l'impulsion vitale dans les corps organisés, tire toujours son origine de ses prédécesseurs vivans. Le Trad.
chez les mammifères ne dure jamais toute leur vie ; ordinairement elle n'occupe guère que l'espace moyen entre la naissance et la vieillesse. Cette activité éprouve encore des intermittences qui varient dans la durée selon les différens animaux. Chez les hommes la vie sexuelle a une durée de quatorze à seize années de plus que chez les femmes.
6. La génération n'a lieu que par la fécondation d'un ou de plusieurs œufs parvenus à leur maturité. Quelques animaux cependant d'une organisation la plus simple , n'ayant pas de sexe visible , tels que les gemmipares et les fissipares, peuvent se reproduire par bourgeons ou par boutures»
y. La génération porte toujours dans les individus qui sortent de la même sou« che une ressemblance de forme, de struc-
ture et de propriétés qui en déterminent constamment l'espèce.
8. Quoique le type de chaque espèce d'animal soit susceptible de quelque légère variété^ il est pourtant constamment inaltérable. On voit aussi des rapports notables dans la physionomie, dans le caractère et les manières des individus d'une même famille.
9. Le plus ou moins de vigueur comparative des individus qui s'accouplent, détermine ordinairement la nature du sexe du nouveau-né. Ainsi, on a plus de mâles si l'on accouple des individus vigoureux, bien nourris, et dans Fâge de la force, avec des femelles faibles, fort jeunes, ou trop âgées , et l'on a plus de femelles lorsque le contraire a lieu.
1 o. Si une femelle est fécondée par un mâle d'une espèce différente , il en naîtra
des métis ou hybrides dont la conformation tiendra de celle du père et de la mère.
1 1 . Les enfans mulâtres naissent de l'accouplement d'un blanc avec une négresse et "vice versa. On peut pourtant, par des combinaisons particulières, ramener à l'une des deux sources les métis provenant de ce croisement.
12., Les animaux qui n'ont qu'un seul sexe, unisexuels , tels que les vertébrés et les insectes, ne peuvent se multiplier que par l'accouplement du mâle avec la femelle. Les poissons , les grenouilles , plusieurs mollusques et quelques insectes font exception à cette règle générale ; car la fécondation de leurs germes n'a lieu qu'après la ponte.
i3. Quoique les mollusques du genre hélices réunissent en eux les organes gé-
nitaux de deux sexes, ils ne peuvent se suffire à eux-mêmes , et ils ont besoin du concours de deux individus qui se fécondent réciproquement et en même temps. Les bulimes, quoique hermaphrodites, ne peuvent se féconder en même temps à cause de Téloignement de leurs parties génitales qui ne permet pas un coït double.
ï 4. Les animaux qui ont les deux sexes réunis , mais qui sont pour la plupart privés des moyens de locomotion, peuvent se féconder d'eux-mêmes. Aussi le vrai hermaphrodisme n'a lieu que dans les zoophytes, et notamment dans les asei-^ die s y les oursins , les mollusques bival-
ves , etc.
i5. La plus grande partie des insectes ne s'accouple qu'une seule fois dans le cours de leur vie. La mort est la suite si
inévitable de leur premier plaisir qu'on peut prolonger leur existence vitale ? en retardant leur accouplement.
i6. L'accouplement n'a lieu qu'à de longs intervalles dans les animaux dont le corps maigrit beaucoup, quand ils entrent en amour. Leur amaigrissement est d'autant plus marqué que le temps entre un accouplement et l'autre est éloigné.
17. Lorsqu'un animal tend ardemment à l'acte de la reproduction^ il devient inquiet, il s'agite, perd son repos et maigrit ; une chaleur , une titillation insolite le tourmentent ; il éprouve un surcroit de puissance vitale , il voudrait la transmettre, il sent enfin qu'il ne se suffit pas.
1 8. Toutes les femelles préfèrent , pour le coït , les mâles forts et courageux aux faibles et timides; on dirait presque que
la faiblesse des unes aspire à la force des autres.
19. Pour la nature, la conservation de l'espèce est d'une telle importance qu elle invite tous les êtres vivans à l'acte de la reproduction par l'attrait du plus vif plaisir., précédé d'un besoin impérieux et même très-pénible (i).
2.0. L'orgasme particulier , voluptueux et comme électrique , qui s'empare de tout notre être , au moment de l'éjaculation du sperme, est toujours suivi de las-
( I ) L'importance de la propagation et conservation des êtres vivans est telle qu'il n'y a pas de plaisir plus vif et pins entraînant que celui qui accompagne l'accouplement. La nature base toujours la proportion de la douleur qui précède , et du plaisir qui suit arte fonction quelconque, d'après son importance: nous voyons en effet cette règle se suivre pendant le cours de toute notre carrière vitale, pour satisfaire et accomplir tons nos besoins ; aussi la douleur de la faim précède le plaisir de l'alimentation , la douleur de la fatigue précède le plaisir du repos , etc. Enfin , nous nous sentons entraînés par la voie de la peine comme par l'attrait du plaisir à l'accomplissement des fonctions dont dépendent notre existence et notre conservation. Le Trad.
situde et d'abattement général plus ou moins prononcés.
2.1. Dans les différentes classes d'animaux, la fécondité est presque toujours en raison directe de la fragilité de leur organisation, de la rapidité de leur croissance, et de la courte durée de leur carrière vitale. On pourrait presque affirmer que la faculté régénérative des espèces va toujours en diminuant d'intensité par gradation, en suivant l'échelle zoologique depuis les zoophytes jusqu'aux mammifères.
2.2, Presque tous les animaux ont une ou plusieurs époques fixes dans l'année pour être en rût et pour engendrer.
L'homme seul éprouve la douceur ou la violence de l'amour sans qu'une saison de Tannée plutôt que l'autre le pousse vers Tacte de la copulation (i).
(i) Quoiqu'il paraisse que i'homme soit en tout temps disposé an
23. Tous les mammifères sont vivipares et nourrissent leurs enfans avec le lait de leurs mamelles. Chez tous la copulation se fait moyennant l'introduction du pénis en érection dans le vagin.
2./^. Les animaux vivipares sont généralement plus grands que les ovipares; mais ils sont moins féconds que ces derniers : aussi l'éléphant, le rhinocéros, le bœuf , le cheval , la baleine , le dauphin , le narval , etc., n'engendrent ordinairement qu'un seul petit et rarement deux à la fois.
coït, et que la femme paisse être également fécondée en toute saison, néanmoins il faudrait savoir si dans l'état de nature ou primitif, l'espèce humaine n'avait point comme les autres animaux, une époque dans l'année plus favorable qu'une autre pour sa propagation. Il est certain que tous les animaux ont un temps marqué pour se reproduire. Les oiseaux ont le printemps; plusieurs espèces de/?o/5sons, et notamment les carpes, les plus grandes chaleurs de l'été; d'autres poissons entrent en ardeur en avril et en mai ; les chats en janvier, mai et septembre; les chevreuils dans le mois de décembre; les chevaux dans l'été; les renards et les loups en janvier, les cerfs en septembre et octobre ; presque tous les insectes en automne, etc»
Le Trad,
!23. Chez les ovipares lorsque l'œuf est détaché de l'ovaire, il traverse Foviducte, où il se couvre d'albumen de quelque membrane et de l'ëcale, pour sortir ensuite par l'ouverture commune aux excrémens.
26. Tout œuf doit être fécondé pour donner naissance à un être vivant (i).
oq. Chaque partie d'un embryon, considérée isolément ou dans son ensemble, parcourt, en se développant, une série d'états successifs qui présentent des changemens très-remarquables dans son organisation: et c'est par degré que se prononcent les caractères propres à chaque animal.
a8. Chez quelques insectes, chez beaucoup de mollusques, chez les grenouilles
(i) Voj, clas. II, gen. 11, delà gestation, loi 1.
et chez plusieurs espèces de poissons l'accouplement n a pas lieu ; les œufs déjà pondus sont arroses par l'humeur prolifique du mâle et se trouvent ainsi fécondés à l'extérieur. Il y a pourtant des poissons qui sont ovipares , tels que Tascite , l'anguille , le cobite et quelques autres.
GENRE DEUXIEME