DE LA GESTA.TION
Conditions qn'exige la gestation, son commencement : analogie entre l'œuf des mammifères et celai des ovipares. — Phénomènes relatifs à l'état de l'utérus pendant la grossesse. — Tissu primordial de l'œuf. — Rapports du fœtus avec la mère. — Particnlarités de la vie embryonaire. — Durée de la gestation chez les différens animaux. — Accouchement. — Différences organiques entre le fœtus et l'adulte.
I. La gestation na lieu que dans la génération vivipare. Elle est toujours le résultat de la fécondation du germe ; elle commence du moment que Fovule se
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greffe sur un point de la surface interne de F utérus.
2. Le germe des animaux dont la structure est plus compliquée, passe dans son développement successif paj: les différens degrés de l'organisation, depuis l'animal le plus simple dans l'échelle zoologique jusqu'à celui qui caractérise l'espèce à laquelle il appartient (î).
3. L'œuf de tout mammifère présente une analogie complète , quant à son plan fondamental, avec celui des ovipares.
Cette analogie se continue de même sous beaucoup de rapports pendant toute la durée de son développement (ii).
(i) Ce théorème est encore en question parmi les physiologistes. Il est à désirer que le docteur Coste , qui s'occupe si avantageusement de l'embryogénie , et le professeur Laurent , dont les vues philosophiques sur l'anatomie générale sont si utiles à la physiologie , puissent résoudre par leurs savantes recherches, appuyées à des faits sûrs et constans , une question si importante. Le Tro^
(2) Cette loi est entièrement fondée sur les importans travaux de M. Coste, relatifs à la génératioii des mammifères. D'après les der-
4- Les vivipares sont les seuls animaux qui ont une matrice , dont l'office est de contenir un ou plusieurs fœtus, ainsi que de leur fournir pendant tout le temps de la
nières recherches de ce physiologiste , il est démontré d'nne manière évidente que les vésicules de Graaf ne sont antre chose que des cellules du tissu de l'ovaire, distendues par un liquide particulier tenant en suspension un petit corps sphérique, et dont la composition est en tout seœhlable à celle de l'œuf des oiseaux. Ce petit corps présente en effet: i° une enveloppe extérieure transparente et analogue à la membrane du jaune; 2*^ cette enveloppe renferme une masse grisâtre, à l'instar du jaune ou vitellns ; 3** enfin à la surface de cette masse grisâtre, ou voit une petite vésicule transparente semblable à ce qu'on désigne chez les oiseaux sous le nom de vésicule de Purkinje , et qui disparaît lorsque l'œuf est arrivé dans l'oviducte. Alors le vitellus se transforme en une lame vésieuleuse, dans un point de laquelle on voit d'abord naître l'embryon, et plus tard ses vaisseaux. Cette vésicule de formation nouvelle est l'analogue du blastoderme des oiseaux ; et comme ce dernier, elle se convertit en ce qu'on connaît sous le nom de vésicule ombilicale. Enfin , lorsque , par suite des développemens successifs , qu'il ne nous est pas possible d'indiquer dans une simple note , l'embryon a acquis un certain degré d'accroissement , M. Coste a vu la vessie ovo-urinaire se prolonger hors de l'abdomen , se diriger vers un point déterminé de la matrice, pour s'y implanter en perforant la membrane vitellus , et donner naissance an placenta qui se trouve ainsi pourvu des vaisseaux qu'il suprorle, et qui ne commencent à croître que lorsque l'adhérence s'établit. Le placenta est donc le résultat de l'application de la vessie ovo-urinaire sur nu point de la matrice. Cette vessie ovo-urinaire se développe tout-àfait comme celle des oiseaux. Le Trad.
grossesse les matériaux propres à leur nourriture et à leur développement.
5. Pendant la gestation, l'ute'rus augmente graduellement de volume; son tissu devient plus épais et plus prononcé dans son organisation; il s'y porte plus de sang que dans l'état de vacuité; il change de forme , finit par devenir presque rond et son orifice vaginal se resserre.
6. Lorsque l'utérus renferme le produit de la fécondation, îl devient un centre d'activité vitale qui étend son influence sur toute l'économie , et notamment sur les mamelles et sur l'estomac.
n. Tout être vivant est presque fluide avant d'acquérir une forme organique quelconque. Son tissu primordial est globulo-gélatineux , incolore ; ses appareils et ses organes ne se développent que par degrés.
8. Le fœtus , pendant toute sa vie embryonaire, se trouvant enveloppé dans ses propres membranes, n'a aucune communication avec l'air extérieur.
g. Tant que dure la gestation, le fœtus communique avec la mère , et lui est uni par le moyen du placenta et du cordon ombilical. Il en reçoit le sang nécessaire à sa nutrition et à son développement ; et le sang qui lui est superflu retourne à la mère(i). /
I o. Après le quatrième mois de la grossesse, la quantité de l'humeur de l'amnios est en raison inverse du développement de l'embryon humain.
I ï . Plus le fœtus s'approche du terme de sa naissance , plus son développement organique est rapide.
(i) Tqy. clas. i, orçl. i, gen. ii , de la circnlation du sang , loi 3o.
12.. L'organisation de l'embryon varie notablement depuis la fécondation du germe jusqu'au moment de sa naissance : cette variété est plus remarquable dans les premières époques de la gestation que dans les dernières.
ï3. Quand le fœtus humain est arrivé à son septième ou huitième mois , il est viable, et peut recevoir le jour : cependant le terme ordinaire de la grossesse , chez la femme, est le dixième mois lunaire, c'est-à-dire, deux cent quatre-vingts jours après la fécondation du germe.
14. La durée de la gestation varie selon les différentes espèces des animaux vivipares (t).
i5. La vie fœtale cesse lorsque la vie
(c) La jument et l'ânesse portent onze mois et demi environ 5 la vache et plusieurs espèces de singes, neuf mois ; l'élépliant et les cétacées, dix mois ; la chienne, soixante-six jours 5 la truie, quatre mois; le lièvre et le lapin, trente jours, etc. Le Trad.
extra-utërine , due au complément de l'organisation , peut entrer en activité : alors le fœtus , qui jusque-là vivait en parasite sur l'utérus, s'en détache et en est expulsé. Dés cet instant il respire, et il vit par luimême.
i6. L'expulsion du fœtus, à l'époque de l'accouchement, est produite spécialement par les contractions de l'utérus, ainsi que par celles du diaphragme, des muscles abdominaux et pelviens. Toutes ces contractions se réveillent graduellement , par intervalles , et avec plus ou moins de force selon les circonstances particulières.
17. Dans les dernières souffrances de l'enfantement aucun autre besoin ne se fait sentir plus impérieusement que celui d'expulser le fœtus.
18. A l'approche de l'enfantement, les mamelles , qui avaient augmenté de vo-
I urne pendant la grossesse, élaborent le lait avec bien plus d'activité que vers les premiers mois de la gestation.
19. Plus on approche du terme de la gestation, plus la sérosité du lait est chargée de phosphate calcaire ; et vice versa,
20. Les différentes parties nutritives du lait augmentent dans une proportion progressive du moment de l'accouchement jusqu'à l'époque du sevrage (i).
21. Après l'accouchement , l'utérus , chez la femme, revient graduellement sur lui-même ; au bout de deux ou trois semaines , il a repris toutes ses premières dimensions ; et un écoulement d'abord sanguin , puis rougsâtre et enfin blanchâtre , lochies , se fait par le vagin pendant quelque temps.