SUR LA VIE ET SUB SES PHÉNOMJËJMES
Coup-d'œil général sur l'aptitude à vivre, et sar les fonctions qui constituent la vie. — Tendance de chaque fonction. — Instinct. — Action des excitans sur l'organisme vivant. — Des désirs et des besoins. — Action et réaction réciproques des fluides et des solides. — Énergie vitale. •— Durée de la vie. — r Sympathie.
I. L'aptitude, ou disposition à vivre, exige une organisation spéciale des dif-
(i) Les lois comprises dans ces considération s générales ne sauraient être bien casées dans aucune division de la classification adoptée par l'auteur; ces lois étant pour ainsi dire d'une nature mixte, il a cru devoir les grouper dans ces prolégomènes.
Le Traducteur.
7. Dans tout organe vivant Tinnervation , la circulation , la nutrition et la sécrétion s'exercent sans cesse.
8. La cause de la manière d'être de chaque partie d'un corps vivant réside dans l'ensemble, tandis que dans les corps
ties vivantes excitées. Cette expression est applicable â tonsîes êtres vivans, puisqu'ils sont tons doués d'excitabilité. Ce mot exprime enfin la faculté qu'ont tous les tissus du corps animal , de sentir et de se mouvoir par le contact d'un corps étranger. L'^anîmal ne peut vivre que par l'excitation qu'exercent sur ses organes les milieux dans lesquels il est plongé. Ces milieux ne se bornent pas à stimuler la périphérie de son corps; mais ils pénètrent dans son intérieur, et y causent une excitation particulière. Le germe fécondé ne pourrait pas conserver la vie sans l'excitation que produisent sur lui les matériaux propres à sa nutrition. L'embryon les trouve d'abord dans les humeurs de l'œuf ou de l'utérus, qui ont été elles-mêmes soumise» à l'action des modificateurs externes. Ce sont donc ces fluides déjà animalisés qui sont ses premiers excitans, comme ses premiers maîeriaux nutritifs. Lorsque par leur moyen ses organes, ont été convenablement développés, c'est du sein même de la nature que le nouveau-né doit retirer les uns et les autres. Les excitans, dont il est pourvu au moment où il voit le jour, seraient bientôt épuisés, ou perdraient leur propriété excitante et nutritive , s'ils n'étaient incessamment renouvelés. Or, c'est la stimulation des surfaces de rapport»c'est celle qu elle détermine dans l'appareil sensitif , c'est l'impres. fcion faite par les atomes extérieurs qui viennent d'être absorbés, ce «ont ces excitations réunies, qui, ajoutant à l'excitation occasionnée par le sang ou parles fluides déjà assimilés, entretiennent l'action de tout ie .système vasculaûe, et par conséquent la vie. Le Trad-,
inorganiques chaque partie la possède en elle-même; ou bien la raison d'individualité d'un être vivant ne peut se trouver que dans Tunité de son organisation (i).
9. Chaque organe a une espèce de vie propre , mais non isolée, une action particulière et des propriétés spéciales ; de sorte que la vie générale n'est pour ainsi dire que le résultat ou la somme des vies particulières aux différentes parties ou or-
ganes.
10. L'intégrité de toutes les fonctions d'un corps vivant exige celle de tous les organes ; car il n'y a pas de fonction qui
(i) La matière inorganique est toujours la même dans chacun de ses points: ainsi, la molécule d'une pierre ou d'un métal quelconque existe comme telle, quoique séparée des autres, et isolée parfaitement. Les corps organisés, au contraire, exigent l'ensemble de toutes leurs parties constituantes pour exister comme tels. Cette loi du professeur Mojon est basée sur l'aphorisme de i^Tan^, reproduit par Cuvicr^ par Tommassini , par Lamark ^ par Morgan et autres physiologistes. Le Trad,
n'ait besoin de l'aide et du concours des autres.
11. Toute fonction de la machine animale tend à la conservation de l'individu ou à la propagation de l'espèce.
12. Quand les fonctions organiques ou de la vie interne cessent , celles de relation ou de la vie animale s'arrêtent de même immédiatement ; tandis que les fonctions de la vie animale peuvent cesser, sans que celles de la vie organique soient anéanties.
i3. Les animaux sont doués d'uïi instinct particulier qu'ils manifestent des leur naissance, et qui n'est dû qu'à leur organisation (i).
(i) L'instinct, cette puissance innée , intérieare, qui entraîne impérieusement la volonté, n'agit point sans mesure, sans règle , sans légitimer la nécessité de ses manifestations, ainsi que le pensent plusieurs physiologistes. Elle est au contraire tme puissance éminemment conservatrice; elle nous prévient, par des appétits^ plus on moins prononcés, des besoins organiques qui nous sont les plus nécessaires. C'est Tinstinct qui porte les .'inimaux à faire des actes et
14. Toutes les actions qui ont lieu chez les animaux sans la connaissance d'une cause perçue, sont dues à une impulsion qui leur est donnée par quelque sensation interne ; et pour cela même elles doivent être regardées comme des actions instinctives.
i5. L'instinct est d'autant plus direct et plus fixe, que l'organisation est plus simple; et il est d'autant plus vif, que les organes internes exercent plus d'influence sur l'encéphale. Ainsi , toutes les actions instinctives, c'est-à-dire dues à une impulsion intérieure, sont beaucoup * plus prononcées et mieux exécutées dans les
des opérations qai ne sout nullement l'effet de rexpérience oa da raisonnement , qui les fait construire d'avance et d'une manière admirable le logemeut destiné à contenir leur progéniture, sans qu'ils aient jamais vu travailler de pareilles demeures. C'est cette force instinctive enfin qui décide beaucoup d'animaux à émigrer à des immenses distances pour trouver des climats plus convenabKs a lenrindividu. Le Trad.
animaux que chez rhomme; mieux chez Fenfant que chez l'adulte.
1 6. L'instinct borne ses actions à la conservation de l'individu, et à la propagation et conservation de l'espèce.
1 7. Chez tout animal le développement de chaque faculté a une limite assignée qu'il ne peut dépasser.
1 8. L'action propre à tous les organes ou appareils symétriques, ou pairs, delà machine vivante, alterne toujours avec le repos.
19. Les diverses parties qui constituent le corps d'un animal jouissent , en raison de leur propre structure, d'une manière particulière d'être excitées ; et conséquemment elles exigent, pour être mises en action, l'application de divers stimulans.
2.0. Les effets du pouvoir vital, sont toujours égaux entre eux, et pour les rendre différens ils exigent une autre organi-
sation des parties. Ainsi un excitant produira toujours et uniquement sur un organe quelconque, des phénomènes proportionnés à la nature et à Fétat de l'organe, comme à celle de Fexcitant.
21. L action d'un excitant quelconque sur un corps vivant s'affaiblit dans ses effets en raison de sa durée, de sa répétition et de son intensité; c'est-à-dire, que l'application réitérée d'un stimulus tend toujours à diminuer l'intensité des effets qu'il produit.
122. Une violente et longue excitation est toujours suivie d'un état proportionné d'abattement et de langueur.
^3. Les différens désirs des animaux tirent leur origine de la privation des excitans nécessaires et habituels.
^4. Le but de l'apétit, ou du sentiment de désir physique , est de prévenir
l'oubli des actions physiologiques, et d'en solliciter l'exercice. Le but de la satiété en règle le développement, et borne leur action.
2.5. Les besoins physiques de tous les animaux dépendent directement de leur organisation, et ils sont toujours proportionnés à la faculté qu'a chaque individu de les satisfaire.
fi6. Les animaux reçoivent avec l'existence tout ce qui leur est nécessaire pour la conserver, c'est-à-dire, le besoin, le sentiment de ce besoin, la connaissance de l'objet propre à le satisfaire, le penchant pour ce même objet, et les moyens pour l'obtenir.
2.J. Les animaux sont toujours en rapport, tant par leur organisation que par leurs propriétés, avec les corps qui les entourent.
LOIS PHYSIOLOGIQUES. fl
a8. La nature particulière et individuelle d'un animal dépend, en grande partie, de l'énergie propre de chacune de ses fonctions.
rag. C'est uniquement à la perfectibilité de notre organisation que nous devons la progression continuelle vers la plus haute civilisation (i).
3o. La vie élude l'influence de quelque loi chimique , et soustrait les substances animales à la putréfaction : ainsi , il n'y a jamais putréfaction là où il y a vitalité.
3i. L^animal sorti de la matrice, ou
(i) Cette loi n'est précise et juste , à mon avis, qu'à l'égard des animaux ; car , en admettant la perfectibilité dans l'organisation de l'homme, elle établirait d'une manière évidente une grande ligne de démarcation qui le distingue des animaux, puisque ces derniers ne dérogent jamais à leurs mœurs et habitudes conservatrices, dépendantes de leur organisation; tandis que l'homme à force d'innover et de chercher la perfection, défait par degrés l'édifice qu'il a construit, et finit souvent par être la victime de sou désir d'améliorer, te Trad
éclos de Tœuf , après avoir reçu par la fécondation du germe le mouvement vital , croît par l'addition de plusieurs substances qui pénètrent son propre tissu; stationne quelque temps , réproduit des êtres semblables à lui , décline ensuite ; plusieurs de ses formes s'effacent, et enfin il meurt.
3^. Les formes qui caractérisent les animaux se prononcent à mesure qu elles se développent, et elles deviennent d'autant plus marquées, que les actes de la vie se répètent dans les organes qu'elle anime.
33. Dans les êtres organisés, il n'y a jamais identicé parfaite , soit dans leur manière d'existence, soit dans la forme de leurs parties.
34. Il s'opère continuellement dans la machine animale, tant que la vie subsiste.
deux mouvemens opposés , l'un d'attraction et de composition , l'autre de répulsion et de décomposition ; de sorte que si on considère un animal à deux époques diverses de son existence , il ne contient plus les mêmes molécules.
35. Dans l'enfance et dans la jeunesse l'énergie vitale de tous les systèmes organiques est beaucoup plus active , et agit avec plus de régularité que dans l'âge avancé.
36. L'agilité, la hardiesse, et même la férocité d'un animal, sont en raison de sa propre irritabilité, de son agilité et de sa force musculaire.
37. Quand la contraction de la fibre animale est mise en jeu sympathiquement, elle suppose toujours l'influence du pouvoir nerveux.