I.OIS.V, faible, mais essayant de se soutenir
Oublier de dîner? et même de déjeuner, voulez-vous dire?.. C'est vrai... mais ce n'est pas ce!a qui m'a fait mal.
KERVEN.
Loisa, venez là... dans la salle à manger... pendant que moi j'irai vous cluTcher un logement.
LOISA, hésitant.
Dans cette maison... la moindre petite chambre... (L'examinant.) pour le peu de jours... KERVEN , étonné.
Peu de jours?., mais vous disiez...
LOISA, avec emharras.
Otii... je comptais rester à Paris... mais non pas seule... Je cioyais y passer tous les iiistans de ma vie près de celui que je venais chercher.
KERVKN.
Quelle folie !.. Vous ici , chez moi ?.. chez un jeune homme? une fille de votre âge?.. Mais seulement d'y être venue est un tort qu'on pourrait vous reprocher... qui vous nuirait... qui me...
, LOISA, étonnée.
Qui VOUS nuirait aussi?.. Vous ne voudriez pas qu'on me vît chez vous?
KERVEN.
C'est tout au plus si une sœur !..
LOISA, vivement.
Une sœur ?.. Si j'étais votre sœur, je pourrais rester?., et ne vous jamais quitter?.. (Détournanties yeux.) Estrfe qu'il n'est pas d'autres moyens, d'autres liens?
. KERVEN , étonné, effaré , à part.
C'est cela... le mariage!
(Il rit avec moquerie.)
Ah! vous ne répondez pas?
KERVEN , embarrassé.
Qu'avez-vous dit ?
LOISA, très naïvement, mais l'examinant.
Je VOUS demandais... si vous n'auriez pas un moyen... de rester ensemble, de ne jamais nous séparer ?
KERVEN, indifférent, et cherchant son chapeau. Je n'en sais pas.
LOISA , à part , sanglottant avec désespoir. Ah ! tout est perdu !
KERVEN , se retournant , à part.
Quel ennui!., (il s'approche, et prend un ton de consolation.) C'est de l'enfantillage... pleurer! Ah! vous sentez bien qu'à présent les choses sont différentes... A Paris, les habitudes, les idées, la position, tout change ?..
LOISA, pleurant.
Surtout le cœur !
KEBVEN , avec un geste d'ennui.
Ah! croyez que je vous garde de l'intérêt, de l'amitié... mais, pas de larmes!., c'est... (A part.) c'est insupportable !
LOISA, à elle-même.
Oh! mon Dieu ! du courage !
KERVEN, avec un ton amical.
Vous partirez, Loïsa... vous quitterez Paris le plus prompiement possible... vous retournerez en Bretagne, près de vos parens.
Je n'en ai plus.
KERVEN , impatient et embarrassé.
De VOS amis... de ceux qui vous connaissent et qui vous verront revenir avec plaisir... Mais, l'iuiérèl que je vous porte... me force à vous éloigner... Je vais vous chercher un logis convenable... je vous reverrai... Allons, soyez raisonnable.
(Il sort.)