‹ LoïsaChapitre 35 sur 37 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

Les Mêmes, M-"' DE MORANVILLE.

KERVEN, à lui-même , sur le canapé.

Oui, si j'avais osé lui dire que je l'aime, j'aurais justiDé d'odieuses accusations!.. Sa fortune nous sépare à jamais!., mais je dois me séparer aussi de tout ce qui causa mon malheur et le sien. Ecrivons à ^l""' de Moranville.

(Il écrit.) CHRISTOPHE, à Loïsa, qui veut Temmency.

Non, je ne peux pas m'en aller comme ça... Ah ! quelqu'un!..

AGLAÉ, sortant de sa chambre. * Mon trouble et mon inquiétude ne me laissent

* lK>Isa, Christophe, M"* de Moranville, Kerveo.

pas de repos. (Elle s'avance rêveuse, ne voit pas Christophe et Loisa qui sont au fond, et, en arrivant au milieu du théâtre, elle v jit Kerven.) Ah ! M. Kerven !..

KERVEN, se levant.

I Qui vous écrivait un adieu 1

{ (Il lui remet la lettre; Ernest de Soisy paraît à la porte à gauche de l'acteur avec Hermann ; il I entend le mot adieu. )

I AGLAÉ, prenant la lettre.

Ah!

1 ERNEST, accourant vivement au mot adieu.

; M"' de Moranville me rappelle ?

AGLAÉ, étonnée, î Moi?

j ERNEST.

I Voilà M. Hermanii qui s'éloignait tout chagrin... Kerven qui vous dit adieu... Vous me rappelez donc ?

AGLAÉ

Pas le moins du monde.

(Elle lit bas la lettre remise par Kerven.) ERNEST, avec curiosité.

Mais dai^s cette iette de Kerven...

AGLAÉ

Dans cette lettre, il y a : (Elle lit haut. ) "Près de vous. Madame, est un jeune homme »que votre cœur préfère c.i socra. >>

ERNEST

Un jeune homme!,. E!i i)ien! est-ce que ce n'est pas moi ?

AGLAÉ, à Hermann, en souriant.

Est-ce que vous le lui auriez dijà dit? HERMANN, enchanté, e: lui prenant la main. Moi, qui ne le savais pas encore !

ERNEST

Ah! ah!., mais alors... Kerven, vous ne savez pas?., une i;iée sublime, mon cher!.. La marquise de Plénoc, ma tante, qui m'avait promis solennellement de ne me rien laisser , elle a tenu parole!,. Rieii pour moi! tout à votre sœur!., les teircs, le château, etc. Eh hien! moi, je lui ollre encore le neveu par-dessus le marché !

CHRISTOPHE, savançant.

Un mari comme ça... à elle?.. Merci, ce n'est pas la peine !

KERVEN, a;)erce\ant Loïsa.

ERNEST

Ce paysaii...

■ Loïsa est restée dans le fond.)

ClIlilSTDPHE,

Oui, ce paysan!., accoutumé à dire toujours la vérité, et qui ne peut pas venir à bout d;* la deviner dans ce diable de pays où tout le monde semble se donner le mot pour vous attraper ! I.OISA, s'approchani, et voulant lui imposer silence,

Christophe!

CIlRlSrOPUE.

Jusqu'à vous, Mamzclle , qui êtes si vraie: voilà que vos paroles ne vont pas avec voire air.

* Ernest, M"' de Moran\iile, Hermann, Kerven, derrière ; Loïsa, Christophe,

Vous dites que vous voulez partir, et il semble que ce départ va vous fendre le cœur !.. (Mouvement de tous.) Je le vols bien !.. Et lui, donc ? (Il indique Kerven.) Il désire ne plus VOUS revoir... il dit ça... Eh bien! regardez-le, on croirait qu'il va mourir de chagrin '

(Mouvement de tous.) KERVEN.

Moi?

CHRISTOPHE. I

Je VOUS dis qu'ici c'est des tromperies de toutes sortes!.. Voilà-t-il pas qu'hier soir c'était le valet qui avait les habits du maître, et que j'ai pris pour lui!..

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