‹ LoïsaChapitre 36 sur 37 · TOUS · texte numérisé non relu

TOUS

Comment?

CHRISTOPHE

Eh! oui, je viens d'apprendre ça du petit drôle qui s'est moqué de moi hier soir. ERNEST, riant aux éclats.

Ah! ah! ah ! c'est ça que mon valet de chambre m'a conté... Dans un bal où la livrée n'était pas admise... (a Kerven.) Votre groom s'était déguisé avec un de vos habits.

KERVEN, vivement.*

Oh! c'est ainsi que le testament s'est trouvé dans ma poche, à mon insu, vous le voyez... tous les soupçons... Oh! ils étaient trop indignes de moi!., j'ose à peine les rappeler.

AGLAÉ

Vous n'aviez pas besoin de justification.

KERVEN , soulagé.

A présent qu'elle est complète.

CHRISTOPHE

Si les valets se déguisent en maîtres dans ces pays-ci, il n'y a pas de raison pour que les maîtres ne se déguisent pas en valets , et alors , c'est à ne plus s'y reconnaître.

KERVEN , à Christophe.

Ah ! vous m'avez fait bien du mal !..

CHRISTOPHE

Moi! faire du mal à quelqu'un?.. C'est donc ce maudit pays qui en est cause?..

(M"°* de Moranville s'asseoit sur le canapé ; Ernest est à sa droite, Hermann à sa gauche.)

KERVEN.

Oui, le bonheur et la raison s'y perdent en effet.

* Ernest, Loîsa, Christophe, Kerven, M"* de Horanville, Hermann.

CHRISTOPHE , lui prenant la main, et regardant Loïsa , puis, poussant un gros soupir.

Mais est-ce qu'ils ne peuvent pas s'y retrouver? Voyons, Mamzelle , qu'en pensez-vous... hein? parlez?., qu'est-ce que vous allez faire?

Ara d« Colaito.

J'ai bien long-temps vécu d'un souvenir Au doux pays où l'on m'avait aimée; Vers mes beaux jours j'ai voulu revenir, Et bientôt à l'espoir mon ame s'est fermée I L'espoir renaît ; le chagrin s'est enfui, Car Dieu me rend l'ami de mon jeune âge ! Pour le chercher, j'ai quitté le village, Je ne veux pas y retourner sans lui !

(Elle tend la main à Kerven, qui

elle.)

s'élance vers

KERVEN.

ERNEST

bien ! sa sœur?..

Je n'v suis

Ah! Loïsa !..

Eh bien ! eh plus du tout !

CHRISTOPHE

Sa sœur! il est bon là, le petit vieux!.. Allons, elle sera heureuse!., (il soupire.) C'est tout ce qu'il me faut à moi... puis, la voir quelquefois... de loin... car il faudra toujours passer l'été en Bretagne... La nature... de bonnes gens... et un ami, un pauvre être dévoué... à la vie et à la mort!., comme moi... ça vous changera des plaisirs de Paris.

KERVEN.

Auquel nous faisons aujourd'hui nos adieux!

Am

Sonnez.

LOISA, au public.

Messieurs , pour la Bretagne Nous allons fuir ces lieux.

KERVEN , de même.

Loïsa m'accompage Et vous fait nos adieux.

CHRISTOPHE, de même.

Dans ce Paris que je redoute.

Vous seuls pourriez nous arrêter.

Faut-il nous mettre en roule, Ou bien faut-il rester?

Allons, allons, dites-nous d'y rester,

i;,\SEMUl,E.

Messieurs, dites-nous d'v rester.

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