‹ Lombricose à forme typhöideChapitre 11 sur 16 · SYMPTOMES · texte numérisé non relu

SYMPTOMES

Apparition subite des accidents; rémissions plus ou moins longues, plus ou moins complètes ; cessa-tion rapide des symptômes suivant de près l’expulsion des ascarides : telle est la caractéristique de la lombricose à forme typhoïde.

Prodromes.— Le plus souvent, il y a unepériode prodromique de lombricose pure et dans notre observation nous avons noté des phénomènes sympathiques, réflexes, dus à la présence des lombrics dans l'intestin. Inappétence, diarrhée, troubles du côté des organes visuel et auditif, somnolence, convulsions, vertige, douleurs vagues, toux nerveu-. se, palpitations, amaigrissement : tels sont les symptômes qui marquent la période prodromique. Après une période plus ou moins longue, le facies du ma-. lade devient péritonitique, la physionomie est alors souffreteuse, les traits sont tirés, les yeux fortement: cernés, les paupières bleuâtres, l’abdomen ballonné- On entre dans dans la période d'état.

Tps

On voit alors apparaître la céphalalgie, la fièvre, Les narines, les lèvres sont fuligineuses, la langue est saburrhale, présentant sur les bords. des points rouges, saillants, dont l’existence serait, d’après Romans, un caractère pathognomonique de la présence: des ascarides dans l'intestin.

L'haleine estfétide ; elle présente une odeur forte de fermentation saburrhale. Les symptômes typhiques s’accentuent et consistent en nausées, vomissements, secrétion anormale de salive, diarrhée. Quelquefois sont apparues des épistaxis.

Les symptômes nerveux s’accroissent, à l’exception de la céphalalgie pourtant, Une hébétude profonde, analogue à la stupeur des typhiques faitplace, la nuit, à un délire plus ou moins agité. La diarrhée s'établit franchement. Pourtant elle a manqué.

dansl’observationde M. Chauffard, Quandelleexiste,

elle est constituée par des selles fréquentes, fétides, à réaction alcaline, de couleur jaunâtre et même verdâtre chez les enfants. Au microscope, on trouve des cellules épithéliales de l'intestin, des cellules graisseuses, des cristaux de. Charcot Leyden, des éléments conjonctifs nécrosés, des microbes et enfin des œufs d’ascarides en quantité variable souvent très grande. Nous en avons observé une telle quantité que dans la plus petite parcelle de matière fécale ou en découvrait facilement plusieurs.

En même temps, on perçoit le gargouillement intestinal, souvent généralisé dans tout l'abdomen, quelquefois localisé, ou seulement. plus accentué:

dans la fosse iliaque droite. Le ventre est complètement douloureux ; le météorisme a été noté dans toutes les observations.

La rate est à peine augmentée de volume, son ramollissement augmente d’ailieurs les difficultés de la palpation.

Les poumons, les reins sont indemnes: il y a parfois un peu d’éréthisme cardiaque.

La température du soir peut atteindre 39°, nous ne l’avons pas vue arriver à 40.

Souvent alors, l’expulsion d’un ou de plusieurs arcarides vient amener une période de rémission aussi subite qu'inattendue. La fièvre tombe, l’aspecttyphique cesse,le malade revient à la santé en 12 heures : Mais, il nous a été donné d'observer après quelques jours d'amélioration un redoublement de phénomènes locaux et généraux.

L’un des caractères saillants de la maladie, à cette phase de son évolution est bien l'irrégularité de la courbe thermique. Les accidents reparaissent, souvent au complet, Puis, après l’administration d'un anthelmintique, et l'expulsion des parasites, le malade entre en convalescence et la guérison arrive. Quelquefois des perturbations du système nerveux viennent encore retarder le retour à la santé ; le tube digestif, qui pourtant, semble l’appareil Le plus touché, est aussi le premier qui revient ad integrum.

Complications. — Des complications peuventsurvenir à cette période et entraver la guérison complète du malade. Sans parler deslombrics erratiques

qui pourraient s’introduire dans les voies pancré-

atiques, biliaires, respiratoires, dans le péritoine même, la lombricose à forme typhoïde nous paraît

avoir déterminé des affections organiques plus durables qu’elle-même, plus sérieuses même quela pseudodothiénentérie qu’elle a causée. L’éréthisme cardiaque subsiste pendant un temps assez long ; l'hysté-

rie, notée fréquemment, l’impressionabilité de l’appa-

reil digestif, parfois même un état typhoïde latent justifient la remarque de M. Chauffard qui ne dé-

clare le malade guéri que lorsqu'il ne trouve plus

d'œufs dans les selles. Peut-être devrait-on être

moins affirmatif encore ?

Tauchon 3

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