‹ Lombricose à forme typhöideChapitre 7 sur 16 · DIVISION DU SUJET · texte numérisé non relu

DIVISION DU SUJET

Nous avons bâti notre travail sur les quatre cas de lombricose à forme typhoïde que nous avons trouvés et que nous citons intégralement. L’étiologie, la contagion, les modes de transmission de la lombricose sont les mêmes, quelles que soient les formes qu'elle revêt. Tout cela est connu, nous n’y reviendrons pas.

Mais tout identique que soit l’agent pathogène, dans la lombricose spéciale que nous étudions, il manifeste sa présence dans l’organisme par des troubles si différents que ces effets nouveaux nous ont semblé impliquer une cause nouvelle. Nous la discuterons.

Aussi après avoir étudié la maladie dans ses symptômes, nous consacrerons un long chapitre à la pathogénie si intéressante. Nous terminerons par quelques considéïations sur le traitement et la prophylaxie.

OBSERVATIONS

OBSERVATION

De Lombricose à forme typhoïde.

(Glinique médicale de M. le docteur Chauffard).

Jeune homme, 18 ans, entre à l'hôpital Cochin, le 25 avril, offrant un aspect des plus misérables ; saleté du corps, maigreur et faiblesse générale, physionomie atroce, souffreteuse, traits tirés, aspect fortement cerné des yeux : tout semblait indiquer un état sérieux, une affection abdominale en évolution.

La sécheresse presque fuligineuse des narines et des lèvres, l'hébétude, une céphalée légère et diffuse, de l’insomnie, du gargouillement dans la région iléo-cœcale, un endolorissement gé-

néralisé du ventre, un peu de tuméfaction splénique ; tout cela éveillait l’idée d’une fièvre typhoïde, d'autant plus que le malade était déjà soufirant depuis une huitaiae de jours et avait eu deux épistaxis.

Mais la langue large, fortement saburrale, rouge sur les bords, non tremblante, n’était pas celle d’un typhique, l’haleine était fétide, il y avait de la constipation ; on ne constatait aucun signe

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anormal du côté du cœur, des poumons, du rein. Enfin, il n’y avait, et pendant tout le cours de la maladie il n’y a eu aucune trace de taches lenticulaires, bien qu’on les ait chaque jour recherchées avec le plus grand soin.

Les 26, 27, 28 avril. — La température oscille éntre 39° le soir et 38° le matin, le gargouillement iléo-cœcal disparaît, la sensibilité douloureuse de l’abdomen se localise dans la région pylorique, la constipation persiste et l’on prescrit le 29 : 0,50 centigrammes de calomel. Ce jour-là, épistaxis, évacuation dans les fèces d’un lombric. La température tombe à 3706.

Le 1°* et le 2 mai. — On trouve deux lombrics dans les fèces ; température normale, sauf le 2 au soir, où elle remonte à 3892.

Le lendemain, un lombric est venu, et dès lors le diagnostic de lombricose est nettement établi.

À noter, pendant toute cette période de la maladie, la fréquence des épistaxis qui se répètent le 2, le 3, le 4 et le 6 mai, et une dernière fois le 10 juin.

On commence l'indication anthelmintique, et je fais donner le 3 mai un gramme de semen-contra ; même dose le lendemain avec 0,60 centigrammes de calomel.

Résultat : 11 lombrics sont rendus les 4, $ et 6 mai.

Le 7. — Nouvelle prise de 0,50 centigrammes de calomel et 9 lombrics sont expulsés.

Le 7,le 8 et le 9. — La température, qui était redevenue normale, oscille entre 38° et 38° ; puis la fièvre tombe d’une façon définitive. k

En même temps, l’état général devient meilleur, la langue se nettoie, l’appétit reparaît et le facies perd l'aspect grippé abdominal qu’il avait conservé jusqu’alors.

L'administration intermittente de 1 gramme de semen-contra

êst continuée, et chaque fois denouveaux lombrics sont expulsés. Le 11.et le 12 : semen-contra ; 2 lombrics sont évacués ; puis du 24 au 30 mai 2 lombrics ; le 1°" juin, 1 ; les 7 et 8 juin, après l’administration de deux grammes de semen-contra, 2 lombrics ; enfin, dernière expulsion de 2 lombrics le 17 et le 20 juin.

Le malade avait ainsi évacué, du 30 avril au 20 juin, 39 lombrics, dont le plus long mesurait 32 centimètres.

À partir du 18 mai, la convalescence était franchement établie, le faciès était redevenu normal, l'appétit et les forces faisaient chaque jour de nouveaux progrès.

Le-poids du malade qui, le 14 mai, était de 46 kilogrammes,

atteignait près de $2 kilogrammes le 24 juin.

OBSERVATION

De Lombricose à forme typhoïde.

(D: Layral, Loire médicale, 15 février 1896).

Nous avons eu l’occasion d’observer, en décembre dernier, un cas de lombricose que nous avions prise au début pour une dothiénentérie, avec d’autant plus de vraisemblance qu'il existait à ce moment même, dans le village de Fraisses où résidait notre petit malade une épidémie assez grave de fièvre typhoïde.

Marie B..., 7 ans et 2 mois.

Jamais de vers intestinaux jusqu’à ce jour.

Je vis l’enfant pour la première fois le 24 décembre 1895 ; elle était malade depuis 9 jours. Débuts par céphalalgie, inappétence ; pas d’épistaxis. Leitroisième jour de sa maladie, elle rendit trois vers vivants ; depuis ce moment elle en rendit à peu près journel-

lement et toujours vivants. Jamais de vomissements.

À notre première visite, l'enfant avait déjà rendu 14 lombrics. Au premier abord, il présentait les signes d’une fièvre typhoïde anormale ; température 39°9, céphalalgie, diarrhée ; ventre ballonné, sensible à la pression ; gargouillement un peu partout et non pas seulement dans la fosse iliaque droite ; langue saburrhale, mais peu effilée et rouge sur les bords.

Légère tuméfaction de la rate.

Pas de taches lenticulaires.

Existait-il un simple rapport de coïncidence entre ces lombrics et la dothiénentérie comme on en a cité des exemples (J. Simon) ou bien une relation de cause à effet ? C’est à cette dernière solution que nous nous sommes arrêtés, et le succès rapide obtenu à l'aide d’un traitement spécifique vint nous montrer que nous avions eu raison de modifier notre premier diagnostic.

Nous administrons donc :

Calomer mer Eee 0,15 Cgr.

SAUTONINES NME ENS 0,05

Puis 2 cuillerées à bouche d’huile de ricin.

Du 25 au 30 décembre. — 4 lombrics.

Le 30. — Etat général moins amélioré : langue moins saburrale, haleine moins fétide, ventre moins douloureux à la pression, mais le soir même, brusquement l'enfant fut atteint d’aphasie absolue, et ne pouvait plus se faire comprendre que par gestes.

Le 31 décembre. — La température est de 380,3 : les pupilles

sont moyennement dilatées, l'administration de vermifuge est re-

commencée :

Galomek. mere 6 so cgr.

Santonine. "11 Noir

a Ve

Puis purgatif huileux.

Le 2 janvier. — 3 lombrics d’un seul coup.

Le 4 janvier. — Un lombric, le dernier.

En tout : 22.

Nouvelle administration de calomel o,1$ et santonine 0,0$ pendant quelques jours encore sans résultat. |

L’aphasie cesse le 11 janvier.

Le 20 janvier. — Température normale, pouls à 110, -ventre normal, appétit, plus de diarrhée, les forces reviennent tous les

jours.

OBSERVATION

(Dr Tonnel de Lille).

Lombricose dont les manifestations ont été : Fièvre typhoïde anormale suivie

d’éréthisme cardiaque ; attaques épileptiformes, hystérie.

Anlécédenls hérédilaires. — Père et mère inconnus.

Aniécédenis personnels. — Le malade de faible constitution, n’a jamais présenté d’accident bien net jusqu’en 1884 où il fut soigné à l'hôpital Saint-Sauveur pendant deux mois pour une pleurésie siégeant à gauche.

Habitudes morbifiques. — Pas d'éthylisme. Le malade boit de l'eau en se couchant et en se levant.

Histoire de la maladie. — Depuis quelques jours le malade ressentait une lassitude générale, de l’inappétence, des nausées, mais il n’avait jamais eu d’insomnie, ni d’épistaxis. Cet état général, accompagné de vertiges, de bourdonnements d’oreilles, de palpitations cardiaques a duré huit jours environ. On a dès lors ramené le malade à l’'Hospice général, et le soir de son entrée voici ce

que nous constatons :

Elat actuel. — Faciés pâle, anémique. Les yeux sont cerclés d’une ligne bleue-grisâtre, les traits sont tirés.

Appareil respiraloire. — Rien d'anormal sinon une augmentation des vibrations thoraciques, avec une diminution de la respiration correspondant à une augmentation du son à la percussion, au niveau du sommet gauche.

Appareil circulatoire. — Le premier bruit est un peu frappé, mais rien d’anormal de ce côté. Pas de souffle à la base, rien à la pointe. Le tracé sphygmographique du pouls est normal.

La température est de 36°1.

Rien de nouveau dans les urines.

Nous hésitons entre grippe à forme gastro-intestinale et fièvre typhoïde. a

Traitement. — Sulfate de quinine. Antipyrine. Benzo-naphtol. Régime lacté.

Le 26 novembre. — Cœur bat fortement. Le nombre de pulsations est de 110 environ.

Toutefois le dicrotisme du pouls est à peine marqué.

Sueurs abondantes.

La diarrhée persiste. Gargouillement dans les deux fosses iliaques également douloureuses. — Météorisme abdominal.

Pas de tâche rosée lenticulaire.

Le délire trouble toujours le sommeil du malade.

Le 27-28-29-30. -- Etat général reste mauvais. Aucun signe nouveau.

Même traitement.

Le 1e" décembre. — Dans les selles du malade on a trouvé un

lombric.

L'examen des selles y révèle d'autre part la présence de nombreux œufs d’ascaride lombricoïde.

(ABYA

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